‹ Etude des Brulures Etendues: Leurs Traitement Actuel Par Les Methodes NouvellesChapitre 17 sur 26 · DAME · texte numérisé non relu

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Pour remonter l’état général, on emploie des injections de caféine et de strychnine,

Grâce à ce traitement, le patient anxieux de son sort pourra se calmer et se reposer. Si les signes généraux s’améliorent, on procédera au déshabillage prudent, en coupant au besoin ses vêtements. Pendant cette période, on ne touchera pas à la brûlure qu'on se contentera de protéger avec des champs stériles.

Dès que le shock a disparu, le traitement local prend une importance capitale, comme nous le montrerons par la suite.

Dès ce moment il faut instituer un traitement général extrèmement énergique pour combattre la toxémie qui menace la vie du malade.

2) La Toxémie

La lutte contre les phénomènes d'intoxication comporte trois phases essentielles dans la conduite du traitement : hydratation, rechloruration et transfusion sanguine.

L'hydratation du blessé a pour but de diminuer la concentration sanguine et de rétablir la diurèse. On peut lui donner 4 à 5 litres de liquide par jour. S’il ne vomit pas, on lui fera boire à peu près 1,5 I. de boissons chaudes alcoolisées ou bicarbonatées, qui apportent dans le sang des substances alcaïines aptes à diminuer l’acidose, L'administration par voie buccale est insuffisante; il faut avoir recours aux injections de sérum physiologique par voie rectale et intra-veineuse. Le goutte à goutte rectal permet de donner environ un litre de sérum. Un progrès considérable fut réalisé par lemploi du goutte à goutte intraveineux préconisé par Matas, Thalimer aux Etats-Unis, et facilité avec lappareil d'Henry Jouvelet. Cette méthode constitue aujourd’hui la meilleure formule. ‘On introduit un petit trocart dans une veine du pli du cou; on ly fixe à demeure par une bandage chez l'adulte, par un petit plâtre chez l’enfant. Des quantités importantes de sérum (3 à 5 litres) peuvent être ainsi introduites sans danger. Les injections par voie sous-cutanée sont douloureuses et mal supportées. Si elles sont trop rapides, elles peuvent provoquer des accidents en surchargeant brutale-

ment le régime circulatoire chez des malades dont le myocarde et les reins sont lésés.

Les Américains pratiquent la surhydratation en donnant au brûlé 100 cm° de liquide par kilogramme de poids; ce qui fait 7 litres de liquide pour un adulte de 70 kg. Ces quantités massives sont exagérées. Elles ont produit dans certains cas de l'œdème sous-cutané généralisé, de l’œdème pulmonaire et cérébral.

La désintoxication de l'organisme est réalisée par la rechloruration., Certains auteurs (Bigger, Fabre, Rescanières) avaient déjà remarqué le succès de ce traitement contre les phénomènes toxiques de l’occlusion intestinale; de même, dans les brûlures étendues il fait merveille et améliore nettement l’état général des blessés. On fait cinq injections de 20 cm° de sérum salé hypertonique à 10 % par jour. On donne donc 10 gr. de sel en 24 heures. Les Anglais utilisent fréquemment le sérum gommeux de Bayliss qui présente une isoviscosité par rapport au milieu sanguin. Cette thérapeutique chlorurée a le pouvoir de développer un contre-courant qui s'oppose énergiquement à lissue du plasma hors des vaisseaux; en supprimant l’hypochlorémie, elle agit efficacement sur les phénomènes d’acidose. Le contrôle régulier des dosages de la chlorurémie règle la quantité de sérum à donner au blessé.

La transfusion sanguine paraît être le procédé de choix dans le traitement antitoxique. D'après les statistiques de Riehl jun. elle est capable de sauver des sujets apparemment condamnés; dans les cas les plus graves, elle prolonge la vie. Il est préférable de faire la transfusion de veine à veine que d'employer le sang citraté. Aujourd'hui, on semble avoir entièrement renoncé à «/lexsanguination-transfusion » préconisée par Robertson et Boyd. Ces auteurs font une saignée abondante, suivie d’une transfusion copieuse. Cette spoliation sanguine est dangereuse chez un malade déjà shocké; d'autre part, le rôle antitoxique de la saignée n'est pas prouvé.

On recommande surtout les petites transfusicnis sanguines de 150 à 300 cm répétées quotidiennement sans soustraction préalable de sang. Cette méthode a donné les résultats les plus remarquables dans les cas désespérés chez l'adulte et l'enfant

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On peut combiner ce traitement avec linjection de sérum physiologique.

La transfusion a une action reconstituante et antitoxique. Elle amène à l'organisme de nouvelles masses sanguines intactes et stimule le système hématopoïétique,

La maladie de brûlure immunise-t-elle les sujets qui en ont été atteints ? Peut-on réaliser une immuno-transfusion avec le sérum de convalescent ? Existe-t-il un sérum anti-brûlure ? Toutes ces questions sont à l’étude et n’ont pas encore dépassé le stade expérimental.

Les brûlures importantes commandent l'injection de sérum anti-tétanique suivant la technique de Besredka, aussi précoce que possible et renouvelée au bout de 3 semaines en raison de la brève immunité qu’elle confère. Il est utile de la compléter par une injection de sérum anti-streptococcique sous forme de sérum de Vincent à raison de 10 cm deux à trois jours de suite. On peut également administrer du rubiazol durant les premiers jours.

Pendant toute la période de toxémie, il faut instituer systématiquement un traitement tonicardiaque. La digitale qui est aussi diurétique, la coramine et le cardiazol sont une excellente médication. Il faut surveiiler la diurèse et soutenir la tension artérielle avec de l’éphédrine. Les troubles de la sécrétion des surrénales sont importants chez les brûlés, Wilson a montré que l'administration de Cortine à doses très élevées améliore très nettement l’état général du malade. Ce produit trop coûteux est rarement employé en France.

Certains médecins recommandent la combinaison d'extrait surrénalien total avec de la vitamine € ou acide ascorbique en spécialité «<Laroscorbine ».

Pour stimuler les fonctions hépatiques mises à lépreuve dans la lutte contre l’intoxication, Lambret conseille d'utiliser une association glucose-insuline. IT injecte dans les veines 150 à 200 cm* de sérum glucosé hypertonique à 30 % et par voie sous-cutanée de linsuline à raison de 60 à 80 unités par jour. Cette thérapeutique modifie la protéolyse tissulaire et peut diminuer le taux de l’hyperpolypeptidémie.

En cas de syndrome pâleur-hyperthermie, le traitement de

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l'œdème cérébral traumatique donne des résultats efficaces on se sert d’un solution de sulfate de magnésie à 15 % par voie intra-veineuse et de sulfate de strychnine à haute dose.

Kabelik recommande lhyposulfite de soude qui rétablirait le métabolisme perturbé du soufre, Schreiner reconnait avoir obtenu de bons effets contre le déséquilibre vago-sympathique avec un produit appelé « Vasano », qui est composé d’un mélange d’hyosciamine camphrée et de scopolamine.

Le chlorure de calcium est employé comme anti-anaphylactique et calmant du système nerveux végétatit; en outre, il provoque une diminution de la perméabilité de lPendothélium des capillaires sanguins.

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