‹ Etude des Brulures Etendues: Leurs Traitement Actuel Par Les Methodes NouvellesChapitre 20 sur 26 · SEINS · texte numérisé non relu

SEINS

La surface brûlée mise à l'abri de l'air par la couche tannée redevient rapidement indolore.

La suppression de tout pansement enlève au blessé lappréhension de l’ablation des compresses et évite les anesthésies générales répétées et nuisibles.

Le tannage coagule en bloc les substances albumineuses toxiques et empêche leur absorption en supprimant les connections vasculaires et lymphatiques de la zone brûlée.

La croûte imperméable s'oppose à l’exsudation de plasma à la surface des plaies malgré la vaso-dilatation capillaire sousjacente. La saignée séreuse qui affaiblit le blessé est évitée.

Sous son revêtement protecteur, barrière infranchissable pour les microbes, la cicatrisation sous-crustacée se poursuit sans risques d'infection secondaire,

La chute des escarres est rapide et la cicatrice de qualité excellente. Ce traitement ne nécessite pas de pansements répétés et coûteux; l'accélération de la guérison écourte le séjour à l'hôpital. Il en résulte pour le malade une économie d'argent appréciable.

Les statistiques publiées aux Etats-Unis et en Grande- Bretagne montrent l’abaissement considérable de la mortalité générale des brûlures par suite de l’emploi du tannage.

Il en ressort que la mortalité dans les premières 24 heures due au shock initial et la mortalité tardive après le 10° jour sont sensiblement les mêmes, quel que soit le traitement choisi. Pendant la phase de la toxémie, l'amélioration des statistiques par le tannage est très sensible par rapport aux autres procédés.

Voici le tableau resumant quelques statistiques

Mortalité en % Mortalité en % Auteurs per par traitements divers le tannage Beckmann (New-York) .....| 27,8 (320 cas) 14,9 (114 cas) (434 enfants âgés de moir:| 17,8 (2° à 10€ jour) 5,3 (2e à 10€ jour) de 12 ans) Tee Ajour) 0,8 (2e jour) COMTE ON ee ot 14 (121 cas) 9,6 (310 cas) FARMTOLONtO) PERRET EC 26,6 12 Mitchimers 2er RMC 25,8 (acide picrique) 2,4 Wilson (Edimbourg) ....... 38,7 (300 cas) its (105 enfants)

OU

Ces chiffres nous prouvent le progrès considérable réalisé par la méthode du tannage dans le traitement des brûlures étendues.

Cependant cette thérapeutique a connu des échecs dans certaines conjonctures que nous voulons mentionner.

Si la croûte de coagulum est trop épaisse, elle détruit des nids épidermiques sains qui représentent des centres actifs d’épithélialisation à partir desquels s’amorce la citatrisation. Toute épidermisation sous-jacente est entravée ou supprimée; la croûte très adhérente favorise l'infection sous-crustacée.

Si l’on tanne superticiellement, les tissus mortifiés qui échappent au tannage, continuent à élaborer des produits toxiques.

Il faut donc rejeter le traitement coagulant dans les brûlures profondes et le réserver aux brûlures superficielles.

En outre, les brûlures largement lubrifiées de corps gras nécessitent un décapage et un dégraissage long et 5énible qui interdisent en général un tannage correct.

Le badigeonnage de la face est une opération délicate à laquelle on a renoncé, car la croûte se fendille facilement. Dans les lésions circulaires des membres, spécialement chez les enfants, la carapace trop rigide a provoqué des accidents d’œdème et de gangrène.

Cette méthode offre donc quelques inconvénients auxquels on a Cherché à remédier. À l’heure actuelle, il existe certains traitements qui paraissent donner des résultats concluants : les pansements rares à l'huile de foie de morue (Lühr, von Drigalski, Unger et Zacher), les applications de vitamines À (Chevallier, Carcassonne et Luccioni) et les compresses au tulle gras.

Ces procédés à action bactéricide très énergique luttent efficacement contre l'infection, La cicatrisation est accélérée grâce à la stimulation des surfaces de granulation par la résorption des vitamines À et D et d'acides gras contenus dans l'huile de foie de morue.

Les brûlures antérieurement enduites de corps gras et les plaies infectées ou suppurantes peuvent bénéficier de cette méthode. Elle peut être administrée pour toutes localisations des lésions (face, membres, organes génitaux). Lühr utilise une pommade « Unguentolan », constituée d’huile de foie de morue

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et de vaseline. Certains médecins conseillent d’alterner les applications de vitamine A diluée dans l'huile de foie de morue avec des attouchements de bleu de méthylène à 0,25 °/,.

Cette façon d’agir aurait une influence favorable sur l’état général et la courbe thermique.

Entin Kissmeyer cite des statistiques élogieuses du Kommune Hospitalet à Copenhague, où il emploie une pommade au nitrate d'argent de formule suivante

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Il étend cet onguent sur la plaie et change le pansement une fois par jour en le recouvrant avec une étoffe imperméable (baptiste de Mosetig).

4) Soins consécutifs

Leriche enlève chirurgicalement la croûte de tannage au bout de huit jours et pratique aussitôt des greffes en pastilles sur la surface de brûlure bien désinfectée au liquide de Dakin. Dans les lésions profondes du derme du 3° et 4° degré, la réparation spontanée est longue et difficile, L’épidermisation se fait mal et avec une lenteur désesnérante, Les cicatrices sont vicieuses, rétractiles et chéloïdiennes. La suppuration est presque constante. Aussi certains chirurgiens retardent l'application des oreffes de quelques jours pour permettre de voir s’il existe des plages d’épidermisation saines et actives et pour préparer le tissu de granulation. On se sert de divers procédés qui favorisent la cicatrisation.

La méthode de choix est lirradiation de la surface de brûlure par les rayons ultra-violets. Grâce à leur action hyperémiante et bactéricide ils augmentent la nutrition des tissus et stimulent la poussée des bourgeons charnus.

Certaines substances sont emplovées grâce à leurs effets biologiques qui facilitent la prolifération épidermiaue. Les pansements rares à l’huile de foie de morue et les applications de vitamine À donnent des résultats remarquables.

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Enfin de nombreux produits chimiques à propriété antiseptique hâtent la régénéraion épithéliale. Nous citons quelques uns qui sont très recommandés : la pommade à la chloramine T à 1,5 ®,, le rouge écarlate en solution de 5 %, la solution de nitrate d'argent à 4 °,,, la solution de sulfate de magnésium à 20/2010

La méthode de Lexer utilise des feuilles d'argent qui ont une action bactéricide marquée.

Monteith et Clock préconisent les pansements au sérum de cheval mélangés à un peu de crésol. On fait deux pulvérisations par jour et on entoure la plaie avec un tissu imperméable qui assure l’action prolongée du sérum.

Lorsque la surface de granulation est nette, lisse, d'aspect rouge vif et bien désinfectée, on la recouvre avec les greffes en pastilles (Davis, Alglave, Corachan). Il faut pratiquer cette opération au plus tard deux mois après l’accident, car les greffes prennent beaucoup mieux sur les granulations jeunes que sur un tissu en voie de fbrose.

5) Traitement des brûlures par gaz de combat

Les brûlures provoquées par les gaz de combat (ypérite, Iéwisite) sont justiciables d’une thérapeutique spéciale en raison du caractère particulier de l'agent causal.

Chez un gazé, il faut éviter toute manœuvre mécanique, La peau vésiquée ne doit pas être frictionnée, mais épongée avec douceur pour assécher les parties imbibées par le gaz.

Certains traitements sont formellement proscrits : il faut rejeter l’acide picrique qui augmente la toxicité du gaz et les pommades composées de Reclus qui irritent la peau. La méthode du tannage n’est pas indiquée chez les gazés. L’application de poudre sur les phlyctènes forme des croûtes qui retardent la cicatrisation.

La désinfection a pour but essentiel d’oxyder les arsines, composés arsénicaux trivalents, pour les transformer en produits pentavalents beaucoup moins dangereux. A cet effet, on ordonne de nombreuses solutions antiseptiques dont les plus courantes sont

la solution chlorée de type Carrel ou Dakin; l’eau d’Alibour, l’eau oxygénée dédoublée et la solution étendue de permanganate à 2 %. On utilise également le pansement rare à l'huile de foie ce morue, le tulle gras, la pommade percaïnée, l’ambrine et es pansements à l’huile goménolée. Ces opérations doivent être réalisées sous anesthésie au protoxyde d'azote, au cyclopropane ou à l’évipan, Pour calmer le prurit on prescrit une pommade à base d'oxyde de titane.

En dépit des magnifiques succès obtenus par les méthodes modernes et en particulier le tannage, les brülures qui recouvrent une superficie supérieure à 30 %, du revêtement cutané sont presque toujours mortellles. Cependant les traitements actuels sont un vrai triomphe dans les cas limites de 15 à 25 %; ils ont notablement amélioré le pronostic des brûlures étendues et ont sauvé de nombreuses vies humaines qui autrefois étaient irrémédiablement perdues.

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