OBSERVATIONS
Observation 1 (Service du PT Leriche à la Clinique Chirurgicale À, Strasbourg.)
Brûlures très étendues. Tannage immédiat. Mort en sept jours par anurie avec azotémie progressive. (Revue de Chirurgie, 1937, p.143).
Nous résumons l'observation du professeur Leriche.
M. S. A., 26 ans, est amené à la Clinique le 26 mai 1936.
Une demi-heure auparavant, il travaillait avec du goudron sur une route, lorsque le feu prit à ses vêtements.
Les brûlures sont du 2€ degré.
Régions brülées. —- Les régions lombaires et la région sacrée. Les deux flancs jusqu'aux bords du droit. Les deux membres supérieurs de l’épaule au bout des doigts, sans qu’il y ait la moindre zone saine sur le bras et l’avant-bras. Sous anesthésie générale, on pratique le nettoyage soigneux des zones brülées avec de l’eau savonneuse. On réalise le tannage de la plaie avec une solution d’acide tannique ADO
L'état général est excellent. On donne un litre de sérum physiologique. L’azotémie est de 0 gr. 40 une heure après la brûlure.
Le 27 mai, on injecte 30 cm° de sérum hypertonique dans les veines; 1.500 em° de sérum physiologique, dont 500 cm5 de sérum glucosé.
Le malade émet 1.500 em d’urines. L’état général reste bon. La température est à 3705 et le pouls bat à 100.
L’azotémie est de 0 gr. 93.
Le 28 mai, on fait des pansements séparés pour chaque doigt, ain d’éviter les «ynéchies digitales.
Goes
On administre 700 cm? de sérum physiologique salé.
Urines : 1.500 cm£. Azotémie : 1 gr. 20.
L'état général est bon.
Le 29 mai, on donne 500 cm? de sérum salé. Température de 370. Pouls à 90.
Ürines : 1.500 cm, mais on note une forte urobilinurie.
Le 30 mai, l’état général est toujours satisfaisant.
Les urines toujours abondantes, sont foncées. L'azotémie est à 1 gr. 40.
Le 31 mai, la température s'élève brusquement à 400. Il existe un subictère conjonctival. Les urines sont rares malgré les fortes doses de sérum salé physiologique. Le pouls est rapide et faible. L'azotémie s'élève à 1 gr. 80.
On fait une transfusion sanguine de 150 cm®. On injecte 300 cm* de sérum hypertonique et 509 cm de solution physiologique par voie intraveineuse. On prescrit de ia digitaline.
Le 1er juin, la température est à 389. Le malade meurt dans un
demi-coma.
Observation 2.
(Service chirurgical du Professeur Guyot)
M. R. A., 26 ans, peintre, fait le plein d’essence pour le moteur de son auto; par suite d’une imprudente manœuvre, une étincelle jaillit et l'essence s’enflamme. Le feu atteint le blessé penché sur son moteur et lui brûle la main droite, l’avant-bras droit et la moitié inférieure de la face antérieure de la cuisse droite.
Les brûlures sont du 2° degré.
Les urines sont troubles et renferment des traces d’acétone.
La plaie est badigeonnée avec la solution de mercurochrome à 20. On fait une injection de sérum antitétanique.
Au bout de huit jours, la cicatrisation est parfaite.
Observation 3.
(Service chirurgical du Professeur Guyot.)
M. B. J., électricien, 25 ans, est tombé dans une bassine d’eau bouillante. 11 entre à l'hôpital le 2 février 1939.
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Les brûlures du 22 degré recouvrent la jambe droite, la fesse gauche et la moitié inférieure de la jambe gauche, la face dorsale du pied gauche. On fait une injection de sérum antitétanique.
Les brülures sont traitées au mercurochrome.
Pendant les cinq premiers jours, la température s'élève à 389 et même 390, La jambe droite suppure un peu. Grâce aux applications répétées de mercurochrome, tout s'arrange. Les urines sont normales.
Le 2 avril 1939, la cicatrisation est terminée.
Observation 4. (Service chirurgical du Professeur Guyot.)
Mlle S. A., 25 ans, tournait le dos au foyer de la cheminée; sa robe s’enflamme. La malade est immédiatement transportée à l'hôpital le 25 janvier 1938. Les brûlures sont du 2€ degré. Elles recouvrent les fesses, les faces postérieures des deux cuisses et la paume des deux mains.
On fait une injection de sérum antitétanique, qui s'accompagne pendant trois jours d’une réaction thermique avec une pointe à 390. Après nettoyage minutieux des parties brûlées, on fait un tannage avec une solution d’acide tannique à 3%. Il se forme une légère suppuration sous la croûte. La température s'élève à 400,
On enlève la croûte de tannage et on fait un badigeonnage au mercurochrome. La suppuration diminue et cesse le 26 février.
La cicatrisation est alors rapide. Les urines renferment des traces d’albumine et d’acétone. On observe des cellules épithéliales, de nombreuses hématies, des polynucléaires et des colibacilles.
Grâce à un traitement bicarbonaté et diurétique, tous ces phénomènes s’amendent, et le 7 mars la malade quitte l'hôpital entiè-
rement guérie.
Observation 5.
Service chirurgical du Professeur Guyot.)
Le 26 décembre 1938, Mme B. À. s'approchant trop près du feu de la cuisinière, ses habits s’enflamment. Des voisins avertis par ses cris accourent et étouffent le feu avec des draps. La malade est transportée immédiatement à l’hôpital.
AA EEE
Examen. — Il existe une brûlure du ?€ degré, très étendue et divisée en deux parties :
a) L’une s’étend de la partie supérieure de la fesse droite jusqu’à la cheville. La plaie a une largeur de 12 cm. à la fesse, de 6 em. environ à la cuisse et à la jambe;
b) L'autre brûlure est localisée sur la face postérieure de la cuisse gauche sur une largeur de 6 cm.
La malade est constamment couchéesur le ventre;les lésions sont protégées par un cerceau métallique.
On badigeonne les plaies avec du mercurochrome.
La cicatrisation se poursuit normalement; elle est presque ter minée le 26 mars. Les urines abondantes montrent l'existence d’albumine, de cylindres granuleux et de leucocytes.
Il subsiste seulement une zone non cicatrisée de la taille d’une paume de main à la partie interne de la cuisse gauche.
La malade se plaint de douleurs lancinantes dans ce membre. Après deux jours, on note un gonflement du membre inférieur gauche et un œdème blanc et peu dépressible. La température locale est augmentée. La douleur vive est exacerbée par la pression du mollet. La malade est fatiguée, sans appétit et présente un faciès d'infection. La température est de 3895 et le pouls rapide bat à 120. Il s’agit d’une phlébite du membre inférieur gauche. Grâce à un traitement approprié, la guérison survient vers la miavril; la jambe gauche qui était rigoureusement immobilisée est libérée.
Le 10 juin, la cicatrisation est complète du côté droit.
Pour hâter la réparation épidermique, on pratique des greffes en pastilles sur la plaie du côté gauche, le 27 juin.
Le 3 juillet, on constate le développement des greffes qui ont les dimensions d’une pièce de 50 centimes.
Le 7 août, la cicatrisation est terminée et la malade rentre chez elle.
Observation 6.
(Service chirurgiral du Professeur Guyot.)
Mme A. A., 53 ans, femme de ménage, est occupée près de son fourneau. Elle renverse sur ses vêtements une bouteille d’alcool
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qui s’enflamme. Une voisine réussit à éteindre le feu. La malade est aussitôt transportée à l'hôpital, le 15 juin 1938.
Les brûlures sont du 2 et 32 degré.
Zones brülées. — Le thorax, l’abdomen, le cou, les joues, les deux bras et la jambe droite, enfin la région fessière.
Les plaies sont badigeonnées au mercurochrome.
Dès le premier jour, la malade n’urine pas. On lui donne de la digitale et de la scille, des boissons abondantes et diurétiques. On hydrate la blessée avec du sérum physiologique salé et glucosé. On administre une injection intraveineuse de sérum salé hypertonique. On fait une piqüre de sérum antitétanique.
Le 17 juin, l’azotémie est de 0 gr. 90. La polypeptidémie est de SIM Ce
Le 18 juin, la nuit a été agitée: la température s'élève à 390. Les urines sont abondantes, mais elles renferment de l’albumine et des cellules épithéliales. On y dose 1 gr. 50 de glucose par litre.
Le 6 juillet, le chlore sanguin a une valeur de ? gr. 66 %0.
CI globulaire 1°83 Le rapport érythroplasmatique = —0,56:
CI plasmatique 3,27
Une nappe de pus se forme sous la plaque de mercurochrome dans la région fessière.
Les Jours suivants, l’insomnie persiste; l’état général est profondément touché. Le faciès est altéré, les traits sont tirés, le regard est vague. La constipation est opiniâtre
Le 27 juillet, la température très oscillante s'élève à 409 et même à 410, Le pouls est rapide et mou, il bat à 140.
Le ?9 juillet, la malade meurt dans le coma.
Observation 7.
(Service chirurgical du Professeur Guyot.)
M. B. À., 55 ans, fait une chute dans un foyer de charbon de bois. Il entre à l'hôpital le 27 septembre 1934.
A l’examen, il présente des brûlures du 2e et 32 degré.
Régions brälées. — Bras droit, épaule droite, hémithorax droit ; il n’y a pas d’interposition de pont cutané entre le bras et le tronc.
On applique sur les plaies des pansements rares à l’huile gomé-
nolée. On installe un appareil plâtré thoraco-brachial destiné à maintenir le bras droit en abduction pour permettre une cicatrisation correcte.
Le 4 décembre, la glycémie est de 1 gr. 33. Les urines renferment 0 gr. 03 de glucose et 0 gr. 04 d’acétone. On administre du bicarbonate de soude pour lutter contre l’acidose.
Vers le 10 décembre, la plaie commence à suppurer au niveau du poignet. La température oscille entre 380 et 390, Un prélèvement de pus montre des polynucléaires en voie de cytolyse et du streptocoque. On fait des injections de sérum de Vincent et des pansements au Dakin. L'état général s'améliore rapidement.
Le 2 janvier le malade quitte l'hôpital sur sa demande; la cicatrisation est incomplète sur la face postérieure du bras et sur la face latérale du thorax.
Observation 8.
(Service chirurgical du Professeur Guyot.)
M. K. L., 24 ans, chauffeur, présente des brûlures du membre supérieur gauche et de la face. Un retour de flamme provenant du foyer d’une chaudière et la rupture d’une tuyauterie de vapeur auraient provoqué les lésions. Le blessé est amené à l’hôpital, le 23 mars 1938. Les brûlures sont du 2 degré.
Zones brûlées. — Hémiface gauche, face antérieure du cou, la face antéro-externe du membre supérieur gauche jusqu'aux doigts, l’avant-bras droit et la partie postérieure de l’hémithorax gauche.
On badigeonne les plaies au mercurochrome. On fait une imJection de sérum antitétanique.
L'état général est bon. On hydrate le malade en lui faisant boire des boissons abondantes. On fait le 25 mars, une injection intraveineuse de sérum salé hypertonique.
Le 8 avril 198, la cicatrisation est terminée et le blessé quitte
l'hôpital.
Observation 9.
(Service chirurgical du Professeur Guyot.)
Mme L. M., 63 ans, veut faire fonctionner une couveuse qui est alimentée par du pétrole. Elle se trompe de bidon et ajoute de l’es-
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sence pour allumer la lampe qui chauffe la couveuse. La malade heurte la couveuse d’un mouvement brusque, le liquide s’enflamme et jaillit sur la femme. Elle s'enfuit en criant et se roule dans l’herbe où elle arrive à étouffer le feu. L'accident est arrivé le 5 mars 1939.
Elle se fait soigner chez elle par son médecin, qui lui fait des applications de compresses humides à l’alun (?).
Elle souffre beaucoup et sur les conseils du médecin, elle se fait admettre à l'hôpital le 9 mars.
Les brülures sont du 2° degré.
Zones brûlées. — Moitié inférieure du bras gauche jusqu'aux doigts ; la face et le cuir chevelu.
On badigeonne les plaies au mercurochrome après décapage soigneux de la surface des brûlures. On fait une piqûre de sérum antitétanique. Les urines renferment des traces d’acétone.
Le 12 avril, la plaie du cuir chevelu suppure un peu; un prélèvement de pus montre la présence de staphylocoque doré. On injecte du sérum antistaphylococcique.
Pour hâter la cicatrisation, on fait des greffes en pastilles de Corachan sur l’avant-bras. On observe après quelques jours qu’elles n’ont pas pris; la cicatrisation se poursuit rapidement au cuir chevelu et à la face où toute suppuration a disparu.
Sur l’avant-bras, on fait des pansements au tulle gras et la cicatrisation semble s’accomplir normalement.
Observation 10.
(Service chirurgi-al du Professeur Papin.)
Mme G. M., 40 ans, renverse une lessiveuse remplie d’eau bouillante. Elle est amenée à l'hôpital le 26 octobre 1938.
Les brûlures sont du 1er et ?€ degré. Elles recouvrent les membres inférieurs, surtout du côté gauche et la main gauche. On donne du sérum physiologique et du sérum salé hypertonique par voie intraveineuse.
Les plaies, après nettoyage minutieux, sont badigeonnées avec du mercurochrome à 2%.
Le 27 octobre, les urines sont troubles, peu abondantes et ren-
ferment de l’acétone. On combat l’acidose avec du bicarbonate de soude.