IPÉCACUANHA DE CARTHAGÈNE
L ’Ipécacuanha de Carthagèae (Ipécacuanha annelé majeur) Guib.j, (Ipécacuanha gris-blanc Mérat), ( Ipécacuanha de la Nouvelle-Grenade) est une variété d’Ipécacuanha produite par un Cep h ce lis très-voisin du Cephœlis Ipécacuanha , mais encore indéterminé.
Cet Ipécacuanha se présente sous forme de petits cylindres longs de 12 à i 5 centimètres et épais de 5 à 6 millimètres-, il est généralement moins tortueux et plus cylindrique que l 'Ipécacuanha officinal ou. annelé mineur ; sa couleur est plus pâle ; comme lui, il présente des anneaux, mais moins accusés, moins saillants, quelquefois nuis sur une certaine portion de sa longueur.
Il se compose d’une écorce plus ou moins épaisse, transparente et d’un corps ligneux blanc-jaunâtre ; sa saveur est âcre et amère, son odeur forte et irritante.
A l’examen microscopique, on retrouve à peu près les mêmes caractères que dans l’ Ipécacuanha officinal :
Une partie extérieure formée de cellules remplies d’un pigment brunâtre;
Une couche subéreuse avec des cellules moins régulières,
plus déformées, plus longues un peu que dans l’espèce précédente -,
Des cellules amylacées, polygonales, irrégulières ;
Des cellules à raphides plus nombreuses un peu -,
Les cellules voisines du bois, plus petites et se rapprochant de la forme cylindrique;
Le méditullium ligneux avec ses cellules ligneuses très-épaisses et ses vaisseaux rangés assez régulièrement suivant la direction radiale;
Une couche de cambium assez apparente sépare la partie corticale de la partie ligneuse.
Vogl 'Journal delà Société autrichienne de pharmacie) décrit sous ce nom d’ Ipécacuanha de Carthagène , un Ipécacuanha qu’il appelle aussi Ipécacuanha Glycyphlœa 'Ipécacuanha à écorce douce) en raison de la saveur douce qu’il prétend être propre à son écorce. Il est très-probable que la variété qu’il désigne ainsi n’est pas celle que nous appelons Ipécacuanha de Carthagène ; en effet, sans parler de la saveur douce que nous n’avons pas retrouvée dans cet Ipécacuanha, il prétend qu’on ne rencontre d’amidon dans aucune partie de la racine. Or, dans tous les échantillons qu’il nous a été donné d'examiner, nous avons toujours trouvé de l’amidon, et en quantité même assez considérable.
L’ Ipécacuanha de Carthagène diffère bien peu, on le voit, de Y Ipécacuanha officinal; ils sont évidemment tous les deux produits par deux Cephœlis, comme le pense M. Triana.
L’ Ipécacuanha de Carthagène croît dans certaines parties de l’Amérique Méridionale, autres que celles où croît l’espèce brésilienne; on l’appelle aussi Ipécacuanha de la Nouvelle- Grenade.
M. J. Lel’ort a dernièrement analysé comparativement Y Ipécacuanha du ‘Brésil ou Officinal et Y Ipécacuanha de la Nouvelle-
Grenade ou de Carthagène; il a dosé l'émétine au moyen du tannate et du nitrate de cet alcaloïde. Voici les résultats auxarrivé :
Ipécacuanha d
i rc expérience..
tannate d’émétine pour ioo gr.
de poudre.
[pécacuanhadu Brésil. i, 35 o
— de la Nouvelle Grenade... 1,082
nitrate d'émétine pour 100 gr. de poudre.
De ces recherches il résulte que 1 'Ipécacuanha du Brésil est toujours un peu plus riche en émétine que l’ Ipécacuanha de la Nouvelle-Grenade . On ne doit donc pas remplacer l’un par l’autre -, seulement si l’espèce brésilienne venait à manquer, on pourrait avoir recours à Y Ipécacuanha de Carthagène, et cela de préférence aux Ipécacuanhas strié et ondulé, dans lesquels la proportion d’émétine est beaucoup moindre.