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VOUTES

Nous en avons presque fini avec les bâtiments et nous arrivons aux voûtes, qui, à vrai dire, sont parfois employées dans ces derniers, comme voûtins de planchers ou pour supporter des planchers à forte surcharge ou à grande portée, mais dont l'utilisation la plus ration-

nelle se trouve assurément dans les réservoirs, tuyaux, galeries, ponts, autant d'ouvrages pour lesquels le béton armé est de plus en plus employé.

Une voûte n'est qu'une dalle plate dans laquelle les tiges de résistance sont convenablement courbées, les tiges de répartition restant rectilignes et étant dirigées suivant les génératrices du cylindre.

Parfois l'armature de la voûte est unique et disposée près de l'intrados. Comme le fait remarquer M. Christophe, ce dispositif est admissible si la section de la voûte est circulaire et si les pressions, d'ailleurs normales à la circonférence, sont égales surtout son pourtour, ou même si le tracé de la voûte est parabolique et la charge uniformément répartie sur l'horizontale; car, dans ces cas, aucune portion du béton n'est soumise à une flexion.

Mais ces cas sont l'exception, et, le plus souvent, l'extrados est le siège d'un effort de traction qui demande à être contrebalancé par une armature convenable. Cette armature devra être disposée de préférence près des naissances de la voûte et s'étendre au moins jusqu'au joint de rupture. Mais, comme la position exacte de ce dernier n'est pas connue , on la fait parfois régner sur toute la longueur de l'extrados.

Système Monier.

Nous y retrouvons les trois genres d'armatures que nous venons de définir.

Pour les petites portées, comme celles des voûtius de planchers, une armature, d'ailleurs croisée comme celle de la figure 1, est disposée près de l'intrados.

Pour les portées ordinaires, indépendamment de l'armature d'intrados, une armature d'extrados, constituée comme la première, part des naissances et s'arrête à une distance variable de ces dernières, soit en devenant tangente à la première, soit en lui restant parallèle.

Pour les voûtes de plus de 5 mètres de portée et de i.200 kilogrammes de charge par mètre carré, la seconde armature règne tout le long de l'extrados. M. Wayss recommande de relier les deux ossatures par des tiges verticales.

Système Hennebique.

On retrouve dans la voûte les pièces ordinaires de la poutre du même constructeur (fig. 43) :les barres droites sont seulement courbées suivant la ligne d'intrados, les barres pliées suivant la partie centrale de cette ligne. Il y a en plus des barres d'extrados, qui sont droites sur la figure, mais qui épouseraient la courbure de l'extrados, si celui-ci cessait d'être plat : ces barres sont situées dans les mêmes plans que celles d'intrados. Quant aux barres pliées, elles sont comme d'habitude alternées avec les précédentes.

On peut voir, sur la figure 43, au-dessus des barres d'intrados, les sections des tiges de répartition : ces tiges n'existent pas toujours.

Fig. 43. — Voûte système Hennebique.

Les voûtes Hennebique sont le plus souvent munies de nervures, armées d'ailleurs, comme les voûtes elles-mêmes, avec pourtant cette différence que les barres pliées sont situées dans les mêmes plans verticaux que les barres d'intrados et d'extrados.

Au-dessus des voûtes, le hourdis reste plat, si le genre de l'ouvrage s'y prête; il est armé comme les planchers.

Système Melan.

Les tiges de résistance sont renforcées et deviennent de véritables poutrelles; les tiges de répartition n'existent presque jamais. La voûte se compose d'arcs métalliques parallèles, noyés dans le béton, simplement reliés entre eux au niveau des naissances.

Dans les voûtins ou dans les voûtes à faible portée, les arcs sont constituées par des fers à T, des rails ou des poutrelles à âme pleine.

Quand la portée est plus considérable, ils sont constitués par des poutres en treillis, dont les semelles inférieure et supérieure forment barres d'intrados et d'extrados.

Quand l'ouvrage est très important, des entre toises assez espacées, aussi en treillis, relient les poutres.

Dans le pont de la Steyr (42 m ,20 d'ouverture), la voûte à été divisée en deux tronçons, articulés aux naissances et à la clef, comme on le fait depuis quelque temps pour les ponts en métal et même en maçonnerie. Il semble que les avantages de ce système, au point de vue de l'influence de la température et des tassements des appuis, doivent exister avec le béton armé comme avec le métal et la maçonnerie.

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