RÉSERVOIRS
La construction des réservoirs a été une des premières applications du ciment armé, d'ailleurs très rationnelle parce que les ouvrages ainsi exécutés sont légers, tout en résistant bien aux efforts extérieurs et aux intempéries.
Ces réservoirs sont souterrains ou placés au niveau du sol, parfois même élevés sur piliers; ils sont circulaires ou polygonaux, fermés ou découverts. On en a construit contenant jusqu'à 4.000 mètres cubes de liquide. On fait en béton armé des chambres de turbines, des cuves de gazomètres, des récipients à vin, à pétrole, des lavoirs, des bassins de natation, des silos à grains.
Tous ces ouvrages doivent être é tanches : il faut donc prendre des précautions minutieuses pour assurer l'intime liaison des parois avec le fond, et même, s'il y a lieu, le couvercle. Pour le surplus des mesures à prendre dans ce but, nous renvoyons le lecteur à ce que nous disons pour les tuyaux.
Système Monier.
Les réservoirs sont ordinairement cylindriques, à tiges de résistance circulaires ou hélicoïdales. Le radier et le couvercle, lorsque ces réservoirs sont enterrés, sont renforcés par des nervures rayonnantes ou s'entrecroisant suivant les côtés de triangles équilatéraux juxtaposés. Parfois ils sont coniques, notamment pour les silos; parfois ils sont prismatiques, à base rectangulaire, et alors leurs faces verticales sont renforcées par des nervures. M. Wayss assigne à leurs parois une épaisseur de 12 à 13 centimètres dans
le bas, de 5 à 7 dans le haut, pour une charge d'eau de 5 mètres.
Système Cottancin.
Ce sont le plus souvent des prismes à section rectangulaire, dont les parois sont renforcées par une épine horizontale dans le haut et une épine verticale dans le milieu, quand leur hauteur est faible; par un plus grand nombre d'épines, quand leur hauteur est considérable. Lorsque les points de support du réservoir se trouvent sur une même circonférence, les épines qui arment le radier et le couvercle sont ordinairement réparties en trois séries, parallèles aux côtés d'un triangle équilatéral inscrit dans le cercle.
Système Henné bique.
Les réservoirs de ce système sont le plus souvent à section rectangulaire.
Réservoirs souterrains. — Si le radier n'est soumis à aucune fatigue importante, on le fait en béton ordinaire. Dans le cas contraire, quand, par exemple, il doit supporter les piliers du couvercle, on le fait en béton armé, et on le constitue comme une plate-forme de fondation.
Les parois sont calculées de manière que leur épaisseur et la résistance de l'armature augmentent avec la profondeur; dans les grands réservoirs elles sont renforcées par des nervures verticales.
Le couvercle se fait comme un plancher dont les poutres sont supportées par des piliers verticaux.
Pour un réservoir de 400 mètres cubes, construit à Seraing par M. Hennebique, les parois ontO m ,il d'épaisseur au sommet, m , 16 à partir du plan d'eau ; une cloison verticale, constituée comme les parois, le divise en deux compartiments. Le couvercle, surmonté de \ mètre de terre est calculé pour une surcharge de 2000 kilogrammes par mètre carré ; il est supporté par des poutres rectangulaires appuyées sur des piliers espacés de 4 mètres. Le fond du réservoir est en béton non armé; mais, à la base des piliers, la pression est reçue par une armature composée de feuillards croisés et superposés. Les barres d'armature des parois sont retournées de m ,60 à m ,70 dans le béton du radier.
Réservoirs surélevés. — Le fond se construit comme un plancher porté sur piliers, auquel on donne une résistance proportionnelle à la quantité d'eau qu'il doit contenir. Les parois latérales sont bombées vers l'extérieur.
Systèmes Bordenave, Coignet, Ghassin.
Ces contructeurs donnent en général la préférence à la section circulaire et font leurs réservoirs comme des tuyaux, avec seulement 8 à 1 2 centimètres d'épaisseur pour des hauteurs d'eau allant jusqu'à 5 mètres : d'ailleurs le dosage du ciment est assez élevé.
Les réservoirs du port de Toulon de M. Coignet, avec leurs 12 mètres de diamètre, leurs 5 mètres de hauteur d'eau, leurs 500 mètres cubes de capacité, reposent sur une tour ronde de 11 mètres de hauteur. Le fond est une calotte sphérique de l m ,50 de flèche, qui se raccorde tronconiquement avec la partie cylindrique; le couvercle est également bombé.