mètres de bandeaux (rez-de-chaussée et 1 er étage
350 mètres linéaires de linteaux et filets;
450 mètres linéaires d'appuis de bois;
110 mètres linéaires de chéneaux.
Ces travaux, commencés le 1 er juin 1897, ont été menés avec une très grande rapidité : le 14 juillet, tous les sous-sols et planchers du rez-de-chaussée étaient exécutés; le 15 août, le premier étage était élevé; le 15 septembre, le deuxième était achevé; à la fin du mois, la construction était finie, trente jours avant le délai fixé (1).
C'est sur un rez-de-chaussée analogue à celui de ce bâtiment que M. Boileau, l'architecte du Bon Marché, a fait la comparaison, que nous avons donnée, du prix du ciment armé avec celui de la maçonnerie ordinaire. Et c'est sur un plancher et des poutres de cette construction qu'ont porté les essais que nous avons relatés.
Pavillon de la République de Saint-Marin, à l'Exposition
de 1900.
Il était construit sur une plate-forme en ciment armé, qui consti-
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Fig. C5 bis. — Épines de la plate-forme, brique armée de m ,06, carreau de plâtre arme.
tuait le dessus d'une caisse alvéolaire renversée à parois verticales en briques armées (fîg. 65 bis à 67).
(1) Une description détaillée, avec dessins très complets, en a été donnée parles Nouvelles Annales de la Construction (n° de janvier 1899).
Aux angles de la plate-forme quatre groupes d'écoinçons en bri-
ques armées, ayant chacun une section de 1.200 centimètres carrés,
formaient l'ossature principale de l'édifice. Les écoinçons étaient reliés par des chaînes en briques armées, de 20 à 30 centimètres de hauteur, formant avec eux cadres rectangulaires. A 3 mètres de la plate-forme partaient des points H, B, R, D quatre arcs en ciment armé de 20 centimètres de hauteur et de 5 centimètres d'épaisseur, supportant à 12 mètres de hauteur un lanterneau en briques armées, qui, 1 mètre plus haut, recevait les épais contreforts de la terrasse de ciment armé qui couvrait le pavillon. Cette terrasse, la plate-forme de base et les écoinçons de briques armées formaient un grand cube indéformable. Chaque groupe d'écoinçons avait comme armature 48 brins verticaux de fils de 4,4 millimètres (n°20 de la jauge de Paris), pesant k ,112 par mètre courant; cela faisait 5 kg ,5 par groupe, au total 22 kilogr. pour une construction dont le poids total était d'environ 120,000 kilogr.
Le remplissage entre les pans de briques armées était effectué par des carreaux de plâtre armé, ayant comme les briques m ,06 d'épaisseur. Malgré cette épaisseur minime la tourelle du Pavillon a atteint la hauteur de 25 mètres. Le coût du Pavillon n'a pas dépassé 15,500 francs, ce qui est assurément minime.
M. Cottancin a, par les mêmes procédés, construit l'église de Saint Jean de Montmartre, sur 35 mètres de hauteur, avec des piles de briques armées de m ,44 X ra ,44sans contreforts, et des murs de 11 centimètres d'épaisseur en briques armées.
Le Pavillon de la République de Saint-Marin, avant d'être démoli a été, au mois de mars 1901, soumis à d'intéressantes expériences, destinées à en démontrer la solidité et la résistance au feu.
Avec un bélier de 700 kilogrammes manœuvré par 8 hommes, on a sapé progressivement la base de la tourelle, et on a constaté qu'une pile en brique armée de m ,06 X m ,05 de section a supporté le porte à faux de 60,000 kilogrammes constitué par la moitié de la construction. Cette pile en brique armée était, comme nous l'avons dit, frettée par un fil de 4,4 millimètres : trente millimètres carrés de métal supportaient donc un poids de 60,000 kilogrammes.
Pour l'essai au feu, cinq foyers comprenant ensemble 22 mètres cubes de bois, arrosés de 25 litres d'essence, avaient été disposés sous la galerie, contre les deux parties portantes de la façade postérieure, dans la cage d'escalier, et dans la tourelle (ce dernier foyer partie en dessus, partie en dessous du plancher); la tourelle faisait che-
minée. Le feu a été tellement violent que les briques formant le noyau de l'escalier ont été absolument calcinées, et que des morceaux de verre restés dans l'édifice ont été fondus. Les parties en ciment armé enduites au ciment de Vassy n'ont souffert que dans leur enduit ; les parties en ciment de Portland ont pris la teinte du ciment vitrifié, mais n'ont pas été endommagées. Le lendemain, malgré l'extinction par de grands jets d'eau, le Major technique des Sapeurs Pompiers de Paris a constaté qu'il ne s'était produit aucune désorganisation sérieuse de l'édifice : des fissures existaient seulement aux lignes de jonction des parties de briques armées et des remplissages de plâtre.
Château d'Eau de l'Exposition de 1900.
Cet ouvrage, d'un genre complètement inédit, avait été créé de toutes pièces et achevé dans un délai fort court par M. Goignet. Il comprenait trois parties : les vasques, la grande niche, le déversoir.
Les vasques étaient supportées par une série de piliers en maçonnerie, reliés par des arcs en béton armé , ayant tous des hauteurs et des courbures différentes pour les divers étages de vasques disposés en gradins. Ces arcs étaient reliés entre eux par des planchers supportant les radiers des vasques.
La grande niche était composée d'une partie cylindrique et dune partie sphérique. La première reposait sur les arcs et se terminait par un plancher formé d'énormes poutres d'un mètre de haut supportées par des appuis partant du sol. Le plancher soutenait la calotte de la grande niche. Cette calotte était formée d'un arc de tête se prolongeant par des piédroits en béton armé, reposant en porte-à-faux sur des plates-formes encastrées dans deux pylônes en maçonnerie. Les parties inférieures des piédroits étaient reliées par un tirant horizontal destiné à équilibrer la poussée horizontale. Quatre autres arcs, parallèles au premier et formant autant de sections de la coupole venaient reposer sur le plancher de béton armé situé au sommet de la partie cylindrique. Ces quatre arcs formaient avec l'arc doubleau l'ossature de la coupole : ils étaient reliés et entretoisés entre eux par d'autres arcs concentriques qui, accusés extérieurement par la décoration, formaient autant de nervures.
Quant au déversoir, dont le plancher était situé à un mètre de celui de la coupole, il était en porte-à-faux au-dessus de la galerie placée derrière le Château d'Eau, soutenu par un plancher dont les appuis avaient dû être rejetés à 10 mètres en arrière. Ces appuis en ciment armé avaient une hauteur de 20 mètres. Les poutres composant le plancher avaient l m ,30 de hauteur.
Globe Céleste.
L'objet de cette attraction est la représentation scientifique du firmament à une échelle considérable : le diamètre du globe n'a effectivement pas moins de trente mètres. Nous ne parlerons que du socle de 18 mètres de haut qui porte toute la construction. Ce socle comprend trois planchers successifs, chacun de 1200 à 1500 mètres de superficie, avec des poutres atteignant jusqu'à 14 mètres de portée et calculées pour des charges totales de 900 kilogrammes par mètre carré. Il comprend aussi des poteaux et des escaliers, établis comme les planchers d'après les procédés de M. Matrai. Nous allons donner sur eux quelques renseignements (1).
Le système Matrai ou du fer béton est caractérisé par l'emploi de câbles en acier, disposés comme des chaînettes entre les poutres de l'armature. Ces câbles travaillent à l'extension, et le béton qui les enrobe ne joue qu'un rôle de remplissage, tout en résistant pourtant à la compression, qui résulte de la tendance qu'ont à se rapprocher les poutres sous l'effet de la traction des chaînettes. Comme on l'a fort bien remarqué, un plancher en fer béton est l'inverse d'une voûte surbaissée en maçonnerie, qui travaille exclusivement à la compression et exerce une poussée au vide.
Les câbles sont faits à pied d'œuvre avec du fil d'acier de 5 millimètres, le même qui sert à fabriquer le grillage placé au-dessus des câbles. Ils traversent généralement lasurface à couvrir en diagonales croisées, au lieu d'être normaux aux poutres.
Ces dernières sont généralement constituées par des fers à planchers du commerce, ou des poutres assemblées ne différant de celles qu'on emploie en charpente métallique que par le moins grand
(l) Bulletin delà Société des Ingénieurs civils, communication de M. de Tédesco, juin 1900.
nombre de rivets et la faiblesse relative des montants travaillant à la compression. Cela n'a pas d'inconvénients, parce que, grâce au mode d'attache des câbles de grillage, qui portent les charges, celles-ci se trouvant réparties sur les extrémités des poutres, le moment fléchissant de ces dernières est moitié moindre que lorsque les mêmes charges sont réparties uniformément sur toute la longueur des poutres. De plus, les poutres sont doublées de part et d'autre de leurs treillis en fer plat d'un câble en chaînette amarré sur les poutres perpendiculaires aux premières.
Les poteaux du système Matrai sont calculés à la compression, comme sïls étaient en béton non armé : si donc on admet, comme d'ordinaire, 25 kilogrammes pour le travail normal du béton à la compression par centimètre carré, la section d'un poteau en centimètres carrés est égale au quotient par 25 de la charge exprimée en kilogrammes. Pour s'opposer au flambage, c'est-à-dire aux efforts fléchissants résultant de forces horizontales, des chaînettes sont établies dans des plans verticaux appropriés. Au Globe céleste, des poteaux de m ,30 de côté et de 18 mètres de hauteur sont restés longtemps sans aucun entretoisement, et se sont bien tenus par leurs propres moyens.
La construction des escaliers est à remarquer. Il n'y a pas dans tout l'édifice le moindre mur : les volées sont portées, marche à marche, par les garde-corps des escaliers, poutres en fer béton constituées uniquement par un câble métallique s'amarrant sur les poteaux. Chaque marche, ou plutôt chaque chaînette de marche est donc suspendue à un câble suspendu lui-même.
L'ouvrage complet a 60 mètres de haut, plus de 1.600 mètres carrés de base; il a employé 100 tonnes de fils d'acier et 1.000 tonnes de ciment; son achèvement, fondations exceptées, n'a pas demandé beaucoup plus de six mois.
Réservoirs et silos.
M. Chassin, qui a construit le plus grand réservoir couvert en ciment armé existant à notre connaissance (celui de Châfillon-sous- Bagneux, de 4.000 mètres cubes ), vient d'exécuter pour la Société des travaux d'eaux de la ville d'Anvers un réservoir de 3.000 mètres en béton armé de métal déployé, à plusieurs points de vue intéressant :
sa section rectangulaire ne mesure pas moins de 50 mètres de longsur 20 de large ; il est enterré dans un sol submersible pouvant le soumettre à des sous-pressions variant entre 1 et 3 mètres d'eau; il est fermé par une couverture plane devant supporter des charges constantes de m ,80 à 1 mètre de remblai; enfin il a été exécuté en moins de trois mois, y compris le délai exigé par l'approvisionne-
Fij?. (J8. — Réservoir d'eau de la ville d'Anvers construit par M. Cliassin. (Les arcs devant supporter le couvert ne sont qu'en partie confectionnés.)
nient des fers (1). Il est représenté, à deux moments de sa construction, parles figures 68 et 69.
Le radier de m ,30 d'épaisseur, établi sur un lit de briquaillons, est armé par des fers à double T de 220 X 98 X 8, 1 millimètres, se succédant tous les 2 m ,30 (l m ,95 aux extrémités), et deux feuilles de métal déployé n° 15, voisines Tune de la partie supérieure, l'autre
(1) Revue technique du 10 septembre 1900.
de la partie inférieure du béton. Les fers du radier supportent des montants à double T verticaux, en acier, de 140 X 66 x 5, 7 millimètres, qui forment les âmes d'autant de poteaux verticaux (120 au total). Ces poteaux sont reliés dans le sens longitudinal au moyen d'arcs en U de 100 millimètres, ayant 3?, 10 de portée et m ,30 de flèche; ces arcs sont recouverts de ciment jusqu'à un plan horizon-
Fig. 60. — Réservoir d'eau de la ville d'Anvers construit par M. Chassin. (Le couvert est en partie posé.)
tal, situé à m ,40 des naissances, et une feuille de métal déployé n° 10, recouverte d'un hourdis de m ,14, est posée sur ce plan. Une seule feuille est ici nécessaire, parce que la pression s'exerce toujours sur le couvercle de haut en bas : il en faut deux au radier, parce qu'il peut être alternativement soumis à une pression de haut en bas et à une pression de bas en haut.
Aux extrémités du réservoir, les arcs ont été remplacés par des pièces rectilignes d'acier de 240 X 106 X 8. 7 millimètres, recou-
vertes d un hourdis de m ,30 d'épaisseur, dans lequel sont noyées deux feuilles de métal déployé n° 15 séparées par toute la hauteur des pièces métalliques. Cette disposition spéciale des travées extrêmes est appropriée au rôle de culées qu'elles doivent remplir pour s'opposer à la poussée des arcs.
Entre le radier et le couvercle, ainsi solidement reliés, se trouvent les parois de m ,18 d'épaisseur, armées par des fers à double T de 140 X 66 X 6,7 millimètres et de deux feuilles de métal déployé
Un enduit général de 25 millimètres sur le fond et les parois intérieures et une chape de même épaisseur sur la couverture assurent Tétanchéité.
Les quantités de matériaux employées dans ce réservoir sont résumées dans le tableau suivant :