FOURNITURE
Totale
par mètre cube emmagasine
par mètre cube de surface
Béton et mortier de ciment.. . .
Ciment
Métal déployé n° 15
Grosse ossature
Nous avons, en fixant les grandes lignes des divers systèmes employés pour la construction des réservoirs, donné plusieurs exemples de ces ouvrages. Nous mentionnerons encore :
1° Le lavoir public établi à Juilly (Seine-et-Marne), d'après le procédé Cottancin, sur un terrain formé par une couche de tourbe, de 18 mètres de puissance, dont la faible résistance à la compression aurait nécessité des fondations très coûteuses, si Ton avait employé les procédés de construction ordinaire. Le ciment armé a permis d'exécuter une sorte de caisson dont les parois forment le radier, les murs et la couverture, qui ont été payés à raison de 18 fr. 85, 27 fr. 90 et 18 fr. 70 le mètre carré, terrassements et épuisements non compris;
2° Le revêtement étanche dun abri de marqueurs au stand de la caserne Boyard, à Grenoble. — Le fond de cet abri est à m ,80 au-dessous des eaux du Drac, lors de leurs plus grandes crues. Pendant toute
Fitf. 70. — Silos h charbon des mines d'Atiirue.
la durée de la construction de l'abri, on n'a pas cessé de faire manœuvrer une pompe d'épuisement, installée dans la fouille en dehors de l'abri, et, après l'achèvement du revêtement, il a fallu pomper encore pendant quarante-huit heures. Depuis ce moment on n'a constaté aucune infiltration dans cette espèce de cuve en mortier de ciment à ossature métallique, qui constitue l'abri. Cet ouvrage a été payé à raison de 13 francs le mètre carré de revêtement, toutes fournitures et main-d'œuvre comprises, à l'exception des frais d'épuisement. Le prix de revient calculé aux prix bruts de la série de la place eût été de 10 fr. 34(1).
Les réservoirs de ciment armé surélevés au-dessus du sol sont employés comme silos à grains, à charbon... La figure 70 représente des silos à charbon établis aux mines d'Aniche; le dessous est à 8 m ,20 du sol.
Aux lavoirs de Montjean, des Mines de Lens, est établi un réservoir Hennebique de 280 mètres cubes de capacité : il a la forme de deux troncs de pyramide soudés par leur grande base, ayant 8 mètres de largeur maximum et 10 mètres de hauteur. Il est élevé de 3 m ,50 audessus du sol. Les parois , de m , 1 5 à m , 1 d'épaisseur , sont armées d'un réseau de barres croisées voisin de la paroi extérieure, de façon à résister à la pression intérieure. Les bords de la ceinture sont renforcés par de fortes barres horizontales. Le réservoir est garni d'une nervure horizontale de section triangulaire qui en fait le tour, et repose au niveau de celle-ci sur des piliers de section carrée, reliés encore avec les parois par des contreforts verticaux. Les piliers sont établis sur une plaque générale de fondation qui réduit le taux de compression du terrain à kg ,7 par centimètre carré. Cette plaque, de m ,30 d'épaisseur, est garnie de poutres dans les deux sens et rattachée aux piliers par des contreforts.
Assainissement de la Seine.
Le ciment armé a été employé dans ces travaux sur une échelle et et avec une hardiesse jusque-là inédites :
1° A la galerie elliptique de 2.500 mètres de longueur et de 5"%16
(1) Pour les détails de cet abri, voir Revue du Génie militaire, juillet 1895, p. 7, article Boitel.
d'ouverture où sont logées les deux conduites de l m ,80 de diamètre, qui, du pont-aqueduc d'Argenteuil, vont gagner le point haut du parcours, à l'origine de la seconde partie de l'aqueduc principal en maçonnerie ;
2° A une portion de 560 mètres de cet aqueduc qui se trouve en relief couvert;
3° A l'une des deux conduites de refoulement de l m ,80 (sur une longueur de 1.500 mètres), bien qu'elle supporte dans ce parcours des pressions intérieures allant jusqu'à 22 mètres d'eau;
Fig. 7! et 71 bis.
Coupes longitudinale et transversale de l'aqueduc d'Achéres (système Coignet).
4° A la canalisation du parc agricole d'Achéres, qui a un développement d'environ 35 kilomètres, et dans laquelle la pression peut atteindre 40 mètres.
Nous avons précédemment donné la constitution de la galerie, de la conduite et de la canalisation. Celle de l'aqueduc est la suivante : une épaisseur de mortier de m ,09, y compris un enduit de m ,01 (ciment de Portland au dosage de 450 kilogr. par mètre cube de sable) ; une ossature, à mailles de ra ,ll de côté, en acier rond de 8 millimètres.
Il nous reste à ajouter quelques renseignements sur l'exécution de ces divers travaux et sur leur prix de revient.
Nous avons indiqué plus haut (1) le profil de la galerie elliptique, avec ses deux conduites de refoulement. La construction a été faite par l'entrepreneur, M. Coignet, dans la tranchée même, d'une manière continue, sans joints ni reprises.
Les figures 71 et 71 bis représentent deux coupes de l'aqueduc qui a également été exécuté par M. Coignet. Comme la galerie, cette portion de l'aqueduc devait être construite en maçonnerie de meulières, avec des épaisseurs de m ,30 à la clef, m ,60 aux extrémités du dia-
Fig. 72. — Conduite d'Argenteuil (système Donna). Fabrication de Farmature.
mètre horizontal; la largeur de la base devait être de 4 m ,50. Cela donnait pour le poids du mètre courant de maçonnerie le chiffre de 18 tonnes.
Exécuté en ciment armé, il ne pèse que 1 tonne ; le mètre courant a coûté 210 fr. 15 au lieu de 234 fr. 35, prix prévu pour la maçonnerie; la galerie est revenue à 358 fr. 60, prix de kk francs inférieur à celui adjugé pour la construction en meulières. Il faudrait ajouter à l'économie ainsi réalisée celle de 20 francs, représentant la diminution des frais de terrassements par mètre courant.
(1) Voir fig. 15.
Pour la conduite de l m ,80 d'Argenteuil, construite par M. Bonna, l'armature est constituée au moyen de frettes circulaires rivées avec plaques de recouvrement (fig. 72 à 75). Ces frettes sont encastrées
Y\g m 73. conduite d'Argenteuil (système Bonna). Fabrication de l'armature.
dans des encoches pratiquées à la partie supérieure des génératrices; intérieurement à ces dernières se trouvent d'autres frettes, fixées sur le tube de tôle d acier. Le découpage et le cintrage à froid des aciers profilés, le rivetage des frettes ont constitué le travail de préparation de l'armature. Celle-ci était disposée verticalement entre un mandrin extensible en acier et trois coquilles exté-
rieures en tôle d'acier. Un chariot, roulant sur une voie de 2 mètres, qui portait les auges pour la préparation du mortier et l'outillage accessoire, permettait de mouler des tuyaux de 2 m ,50 et de 3 mètres. La manœuvre du mandrin et des coquilles s'effectuait au moyen d'une grue, qui servait également à la mise sur wagon des tuyaux moulés, d'un poids d'environ 4 tonnes. La descente en galerie et la mise des tuyaux sur wagon-transbordeur se faisaient, par un seul
Fig.74. — Conduite d'Argenteuil (système Donna). Mise d'un tuyau sur wagon-transbordeur.
trou de service, au moyen d'un monte-charge de grandes dimensions. Les 1.500 mètres de la conduite ont été posés, sans qu'il y ait eu la moindre réparation à faire aux tuyaux ou aux bagues qui en formaient les joints.
Les tuyaux de la canalisation d'Achères ont été aussi fabriqués d'avance par moulage vertical, au moyen d'ateliers mobiles sur voies ferrées semblables aux précédents. Ces tuyaux ont été assemblés dans les tranchées et reliés entre eux par deux joints superposés, le premier en amiante s'appliquant sur la tôle plombée, le second à bagues
en ciment armé recouvrant le premier et fixé par un coulis de ciment. La fourniture et la pose de ces tuyaux, l'exécution des terrassements, les remblais des conduites, ont été exécutés moyennant les prix forfaitaires suivants :
Conduites de l m ,10, 1 mètre, m ,80, m ,60, m ,i0, m ,30, prix du mètre linéaire : 90, 70, k% 33, 19, 14 francs.
D'après le rapport qu'ont publié MM. Bechmann et Launay, dans
Fig. 75.
Conduite d'Àrgenteuil (système Bonna). Descente en galerie des tuyaux et fabrication des bagues pour joints.
les Annales des Ponts et Chaussées, tous les ouvrages ci-dessus ont été terminés aux époques prévues, et, dès leur mise en service, ont parfaitement fonctionné, sans retouches, sans difficulté d'aucune sorte.
Pont de Détroit (Michigan) .
Cet ouvrage est le premier qui ait été construit en ciment armé, aux États-Unis, pour voies ferrées (fig. 76 et 77). C'est un pont biais de 15 m ,2i de portée, de 2 m ,89 de flèche, et de 30 m ,50 de largeur, qui a été exécuté d'après le procédé Melan, dans la gare du Central-Michigan, au-dessus du Southern Boulevard. Les deux figures donnent les chiffres intéressants; on remarquera que le treillis en fer plat, qui
relie les quatre cornières formant les arcs métalliques, est remplacé à la clef et à la naissance par une âme pleine. L'extrados est revêtu
Coupe transversale.
Coupe longitudinale.
Fig. 76 et 77. — Pont de Détroit (Michigan) système Melan.
d'un enduit en asphalte de 4 centimètres. Les murs de tympan et les murs des ailes sont en maçonnerie.
Pont de Topeka.
Ce pont franchit le Kansas, en prolongement de la grande avenue du même nom, desservie par un chemin de fer à traction électrique. 11 se compose de cinq arches en anse de panier ayant respectivement 38, 53 et 30 mètres de portée, dont le surbaissement moyen est de */,..
On ne peut, croyons-nous, citer que trois ponts en maçonnerie offrant un surbaissement analogue : le pont de Londres, London Bridge, dont la portée est de 46 m ,3, pour un surbaissement de 1 / 5 ; le pont de Turin, Dora-Riparia, dont la portée est de 45 m ,l, pour un surbaissement de { / 8 ; I e P ont de l'Aima, à Paris, qui a une portée de k3 mètres et un surbaissement de y^. Tous les autres, de portée parfois plus grande, ont au plus des surbaissements de ^î ils n'ont, d'ailleurs qu'une arche.
C'est encore le procédé Melan qui a été employé pour cet ouvrage. Les arcs, de 46 centimètres de hauteur à la clef et de 66 centimètres aux naissances, ont entre eux un écartement de 90 centimètres. Les piles, en béton de ciment de Portland, sont relativement minces [h mètres d'épaisseur), et sont établies sur pilotis. La chaussée a 8 mètres de large, les trottoirs 2 mètres. Le pont a été payé 625.000 francs, avec une économie de 16,7 °/ sur le prix qui avait été demandé pour le faire en métal.
Pont d'Hirson.
11 a été construit d'après le système Cottancin. On connaît le mode de fondation habituellement employé par cet ingénieur : une caisse alvéolaire ouverte par le bas et pénétrant dans le sol. Pour chaque pile du pont dont il s'agit huit tubes en ciment armé, d'un mètre de diamètre, ont été enfoncés dans la vase, avec la drague à main, de manière à éviter les frais d'établissement d'un batardeau. Les tubes, qui reçoivent à leur partie haute une forme prismatique de manière à pouvoir être accolés, sont fermés par un couvercle en ciment armé sur lequel repose la pile. Celle-ci, constituée par des briques de 5 centimètres de haut, frettées sur leurs six côtés par l'ossature, est encastrée sur une certaine hauteur dans du béton fretté par le prolongement des tubes en ciment armé. A 5 mètres au dessus des tubes, les piles soutiennent le tablier du pont, de 27 mètres de longueur. Ce tablier est formé d'épines contreforts croisées, de m ,40 de haut sur m ,06 d'épaisseur, constituées par un treillis à mailles renforcées, noyé dans du ciment, et dont les boucles sont remaillées avec un treillis à mailles (variables suivant la résistance demandée aux divers points) pour faire ossature continue. Cette dernière ossature qui forme le tablier proprement dit a une épaisseur de m ,05, de sorte que l'ensemble n'a que m ,45 de haut : il a supporté des chariots de 16 tonnes sans accuser de flèche.
Passerelle du Pavillon de Madagascar.
Cette passerelle, qui reliait au Palais du Trocadéro l'exposition de Madagascar, avait été construite par la maison Dumesnil, suivant le système Hennebique. Les figures 78 et 79, qui en donnent un plan et une coupe schématiques, font connaître ses principales dimensions.
Le tablier était porté par 20 poteaux, mesurant ,n ,40 X m ,40 de section et 5 m ,80 de hauteur sous poutres, armés chacun de k barres en fer rond de 30 millimètres de diamètre, reliées tous les m ,50 de hauteur par des séries d entretoises en fers plats.
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