‹ Etude des divers systèmes de constructions en ciment arméChapitre 31 sur 35 · TU · texte numérisé non relu

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Fis- 78. — Passerelle du Pavillon de Madagascar (système Hennebique). — Plan schématique des poutres principales de la passerelle. (La partie hachurée représente la partie chargée pendant les essais.)

Les poteaux transmettaient leur charge aux puits de fondation, au moyen de semelles armées, dont la surface d'appui sur le sol était de m ,80x ,n ,80pour les poteaux des poutres de rive et de m ,70 X m ,70 pour ceux des poutres intermédiaires. Ils étaient reliés à leur

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rig. 79. — Passerelle du Pavillon de Madagascar. Coupe verticale longitudinale.

partie supérieure, dans le sens longitudinal, par des poutres principales ayant une section de m , 40 x m ,60, armées chacune par 12 fers de 35 millimètres de diamètre.

Les poutres principales étaient reliées transversalement au moyen de poutrelles de m ,20 X m ,20, armées chacune par 6 fers de 20 millimètres de diamètre. Ces poutres principales et poutrelles supportaient le hourdis général formant plancher, qui mesurait m ,12 d'épaisseur et était armé dans les deux sens au moyen de petits fers de 11 millimètres de diamètre.

La passerelle avait été calculée pour résister à une charge d'épreuv de 1.000 kilogr. par mètre carré.

Les essais ont consisté dans le chargement de deux travées centrales consécutives, c'est-à-dire de deux des travées ayant la plus grande portée, avec des sacs de sable, de façon à réaliser une surcharge d'une tonne par mètre carré. Cette surcharge a été laissée en place pendant 6 heures : au bout de ce temps, on a constaté des flèches de m ,00225 au milieu de Tune des travées, m ,0025 au milieu de l'autre, m ,001 aux points d'appui extrêmes, m ,0015 au point d'appui du milieu. L'examen du plafond et des piliers n'a d'ailleurs révélé aucune fissure ou trace de désagrégation.

Après enlèvement de la charge , la déformation a été d'environ m ,001 sur le milieu de chaque travée soumise aux expériences, de m ,0005 auxpoints d'appui extrêmes, de m ,001 au point d'appui du milieu.

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Pont de Châtellerault.

Ce pont établi sur la Vienne, pour faciliter les communications entre les nouveaux quartiers de la ville et la manufacture d'armes, a ses fondations, piles, culées, voûtes et tablier entièrement en béton armé, système Hennebique(fig. 80 à 86) (1).

Il comporte 3 travées en arc de cercle (fig. 80), ayant, la travée centrale 50 mètres d'ouverture et 4 m ,80 de flèche, les deux latérales 40 mètres d'ouverture et 4 mètres de flèche. La longueur du pont entre culées est de 135 mètres. Sa largeur totale est de 8 mètres : 5 mètres pour la chaussée, 3 mètres

(1) Nouvelles Annales de la construction, juin 1900.

pour deux trottoirs, partiellement en porte-à-faux sur les voûtes qui n'ont que 6 mètres de largeur.

Fig. 8i. — Pont de Chûtellerault. Coupe verticale.

Les fondations (fig. 85, 86) sont constituées par des semelles en bé-

Fig. 82. — Pont de Cliàtellerauît. — Armature des contreforts du mur de tête.

ton de ciment armé, encastrées de (P,20 environ dans le calcaire gris ; elles ont pu être faites facilement par simples batardeaux avec épui-

sèment. Leur épaisseur varie de m ,70 à 1 mètre ; elles sont armées de

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83. — Pont de Châtellerault. Mur de télé. Demi-plan (trottoir et tablier enlevé) et demi-coupe.

ronds et plats en acier. Leur assiette sur le rocher est dissymétrique par rapport aux piles, par suite des différences de poussées dues aux voûtes attenantes, qui sont d'ouvertures inégales.

Les culées (fig. 81 à 84) et les piles (fig. 84 à 86) sont constituées par un ideau extérieur et par des contreforts verticaux, correspondant aux nervures des voûtes, et destinés à reporter les charges sur la semelle. Les armatures de ce rideau et de ces contreforts sont intimement liées à celles de la semelle.

Les vides intérieurs des piles sont remplis en béton maigre de chaux hydraulique, destiné à leur donner le poids nécessaire à leur stabilité. Quant aux culées, leur stabilité est assurée, et par leur poids propre, et par celui du remblai qui surcharge la semelle.

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Fig. 84. — Pont de Châtellerault.

Élévation d'une pile.

Les voûtes sont constituées par k nervures, de m ,50 de largeur et de hauteur variable, de la clé aux naissances, reliées entre elles par un hourdis continu d'épaisseur également variable. Leur épaisseur (nervures et hourdis) est de m ,5i à la clé et m ,91 aux naissances pour l'arche centrale, de m ,4fc et m ,80 pour les deux autres. Elles sont

Fig. 85. — Pont de Châtellerault. Coupe transversale du bas d'un pilier.

armées d'aciers ronds, placés à la partie inférieure et à la partie supérieure de chaque nervure et reliés entre eux par des étriers en acier plat (fig. 86).

Sur ces voûtes reposent des colonnes en béton armé, de m ,20 X m ,20 de section, armées de k barres rondes d'acier réunies par des entretoises. Elles sont placées à l'aplomb des nervures et sont espacées de 2 mètres d'axe en axe.

Ces colonnes supportent le tablier, composé de 4 files de poutres

espacées de l ra ,90 d'axe en axe, et d'un hourdis, d'épaisseur moyenne

de ra ,15, sur lequel est appliqué directement l'enduit delà chaussée.

L'aspect général du pont est celui d'un ouvrage établi sur arcs en

fonte et piles en maçonnerie, mais avec plus de légèreté dans l'en-

Fig. 86. — Pont de Châtellerault. Coupe transversale d'un pilier.

semble, car le système employé a permis de donner aux piles des dimensions inférieures à celles qu'elles auraient eues, si on les avait faites en pierre et mortier. De plus, le tablier ne formant, vers le milieu de chaque travée, qu'un tout avec la voûte, l'épaisseur à la clé est très réduite (0 m ,70 contre l m ,30 environ pour un pont métallique de même ouverture).

La construction de ce pont n'a duré que k mois ; celle d'un pont métallique de même importance aurait exigé beaucoup plus de temps.

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