‹ Etude des divers systèmes de constructions en ciment arméChapitre 7 sur 35 · COUVERTURES · texte numérisé non relu

COUVERTURES

On en distingue de deux sortes : les terrasses ou toitures plates et les toitures inclinées ou combles.

Terrasses.

Une terrasse est constituée comme un plancher séparant deux étages, avec cette différence qu'il faut assurer le maintien de son étanchéité malgré l'action désorganisante des agents extérieurs. Effectivement la chaleur provoque la dilatation du béton (qui pourrait aller jusqu'à entraîner l'écartement des mursï ; le froid amène un retrait; et de ces variations de volume résulteraient, si on n'y prenait garde, des crevasses.

On a essayé de les prévenir en recouvrant la terrasse d'une couche de gravier, de scories, de pierraille, ou même d'une couche d'eau permanente d'environ m ,20 d'épaisseur, qui atténue dans une large mesure les variations de température subies par le béton. Mais cela est insuffisant : il faut donnera ce dernier le pouvoir de résister mieux qu'un plancher ordinaire aux efforts qui tendent à le fissurer; il faut aussi assurer son étanchéité par la superposition d'un enduit imperméable.

M. Hennebique a recours aux multiples précautions qui suivent :

1° Si les poutres qui soutiennent la terrasse ont plus de 6 mètres de portée, il les arme de barres de compression, et il ne fait travailler le béton qu'à 18 kilogrammes par centimètre carré au maximum (au lieu de 22) .

2° Le hourdis est fait à ossature croisée .

3° Dès que la largeur de la terrasse dépasse 30 mètres, il ménage (de préférence au milieu des intervalles des nervures) des joints de dilatation de 2 à 3 millimètres de largeur.

4° Pour éviter les poussées aux murs, il rompt toute solidarité

entre ceux-ci et le hourdis de la terrasse et ménage à ce dernier des joints de glissement.

Au-dessus du béton, et dans les intervalles des joints de dilatation est étendue une couche d'asphalte ou mieux de pyxoline plus élastique. Cette pyxoline est un mélange de braietde corps gras; une couche de 2 millimètres dépaisseur peut, sans se rompre, subir des dilatations de 7 à 10 millimètres ; elle revient à franc 60 ou 1 franc par mètre carré.

Sur l'enduit imperméable on pose un carrelage ou on met 5 à6 centimètres de sable et 7 à 8 centimètres de gravier. Parfois sur le gravier on met 10 à 15 centimètres de terre végétale, dans laquelle on peut semer du gazon. Cette végétation, loin de compromettre l'étanchéité de la terrasse, y concourt au contraire en lui assurant une constance de température plus grande.

En Allemagne, on place sur le béton du sable ou du papier, pardessus d'autres feuilles et sur ces feuilles une couche de ciment volcanique (ciment de bois, ciment Haeusler). Ce système est coûteux (au total 5 à 7 francs le mètre carré de couverture), et se prête moins facilement que le système à la pyxoline aux réparations.

Combles.

Là aussi nous retrouvons le mode de structure des planchers. Les poutres remplissent le rôle de sablières, d'arbalétriers, d'arêtiers, de faîtages, de fermes, de tirants, de pannes. Le hourdis fait l'office de couverture ou simplement de voligeage.

Quand le plancher sert de couverture étanche, il faut le constituer à peu près comme celui d'une terrasse. On peut aussi noyer une feuille de plomb entre deux armatures du hourdis, ou poser sur lui à bain de ciment des carreaux de verre.

On trouve plus simple de l'employer comme support d'une toiture ordinaire. Dans ce cas, un moyen assez employé consiste à clouer sur lui des ardoises: pour avoir tout le temps d'enfoncer les clous, il faut avoir le soin de faire le béton avec des scories, qui ne font prise définitive qu'au bout d'un mois. On peut aussi rapporter sur le hourdis des pièces de bois sur lesquelles on place le mode de toiture que l'on veut.

Au lieu de faire en béton armé tout ce que nous avons dit, on

peut ne faire en béton que telle partie d'une toiture ordinaire. C'est même ainsi' qu'on a commencé à introduire le béton dans les couvertures.

Système Monier.

On a d'abord remplacé les cheyrons et les pannes par des dalles reposant sur des fermes ordinaires. Puis ces dernières ont été supprimées, et des combles d'une portée considérable ont été constitués

Fig. 31. — Comble système Monier.

aumoyen de simples dalles, courbes ou polygonales, posées de champ et dont les extrémités étaient reliées par des tirants, afin d'éviter les poussées aux murs (fig. 31).

Système Gottancin.

Les tirants eux-mêmes ont été supprimés, et la couverture soutenue par de simples nervures en fer et ciment.

Une première solution consiste à armer le dessus du plafond supérieur à l'aide d'épines -contreforts B, D, F, H (fig. 32), sur lesquelles se dressent les butons a, ô, c, d, qui servent eux-mêmes de supports aux épines A, C, E, G, formant pannes. Sur ces épines sont fixés des chevrons en bois, délardés suivant la pente delà couverture; et, sur ces chevrons des pannes, on cloue les chevrons de la couverture qui reçoivent l'ardoise ou le zinc, suivant les cas.

Une deuxième solution consiste à former la couverture elle-même à l'aide de dalles, supportées comme nous venons de le dire. La figure 32 bis représente une couverture à la Mansard avec son rampant

et son brisis constitués de la sorte. Une paroi de cintrage ménage, sous la paroi extérieure, un matelas d'air destiné à isoler du dehors, au point de vue des trop brusques variations de température ,?l'in-

Fig. 32 et 3à bis. — Combles système Cottancin.

térieur des combles. Quand on ne veut pas laisser apparent le ciment des dalles, on les recouvre d'asphalte, de carton, d'ardoise ou de verre; ceux-ci sont alors posés à bain de ciment et sans pure au, à la façon d'un carrelage nonjointif.

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