CLOISONS
Une cloison n'est en somme qu'une dalle disposée verticalement, et nous n'avons pas grand'chose à ajouter à ce que nous avons dit pour cette dernière. On comprend du reste qu'une cloison en béton de ciment armé doit revenir plus cher qu'une cloison ordinaire en briques et plâtre ; il vaut donc mieux dans la plupart des cas recourir à cette dernière. Mais si on veut une cloison offrant sous une faible épaisseur une grande résistance, l'emploi du ciment armé devient précieux, et, à ce titre, les divers systèmes sont intéressants à con-
jiaitre. Les cloisons sont aussi employées pour faire des murs résistants, comme nous le dirons plus loin.
Système Monier.
La cloison est constituée par une dalle verticale, dont les tiges de résistance sont horizontales et les tiges de répartition verticales. Cette ossature est reliée à celle du plancher ou de la poutrelle, si la cloison est sur une de ces dernières; dans ce cas, la cloison forme avec les poutrelles entre lesquelles elle se trouve placée , une sorte de poutre à treillis, qui augmente la résistance du plancher, au lieu de le soumettre à une charge supplémentaire.
Quand la cloison repose sur le plancher, on a avantage à disposer l'ossature comme le fait M. Wayss (fig. 33) : les tiges de résistance sont courbées, avec une flèche de 1/8 environ, et reportent ainsi le poids de la cloison sur deux points du plancher, qu'on renforce en conséquence. Dans un essai, une cloison de ce genre de m ,03 d'épaisseur, chargée de 2.800 kilogr. par mètre carré, n'a présenté ni ventre , ni creux , même après qu'on y eut pratiqué quelques brèches.
Courbes ou droites, les tiges de résistance pénètrent d'une quantité convenable dans les maçonneries, les montants de portes que recoupent les cloisons, pour assurer leur liaison avec eux.
L'exécution de ces cloisons se fait avec un ou deux coffrages. Dans le second cas, on coule le mortier entre les deux coffrages, en ayant soin d'imprimer des secousses à l'ossature pour faire pénétrer le mortier dans ses mailles. On n'y arrive pas toujours; aussi emploiet-on souvent le procédé à un seul coffrage. Le mortier gâché très ferme est projeté avec force contre la paroi, de façon à former une couche mince en arrière de l'ossature, pendant qu'on secoue celleci, de manière à ne pas laisser de vides. Quand cette première couche présente une certaine consistance, on en applique une
Fig. 33. — Cloison système Wayss.