À. CALICE
121. La forme du calice explique son nom. C’est l'enveloppe la plus extérieure d’une fleur complète (fig. 102 c, 403 c, 106 c, 407 c). Il est régulièrement de couleur verte et de nature foliacée; quand il est coloré autrement qu'en vert, on l'indique toujours dans les descriptions.
422. D'après les anatomistes, le calice fait suite à l'écorce du pédoncule, et n'en est que le développement. Or, comme, toutes les fois que les étamines et le carpelle n’ont qu'une seule enveloppe florale, elle fait suite à l'écorce du pédoncule, on est obligé de dire, dans la rigueur du langage scientifique, que l’enveloppe florale simple est toujours un calice, quelle que soit sa couleur. Voilà pourquoi toutes les monocotylédones n’ont en réalité qu’un calice et point de corolle, parce que leur enveloppe florale est toujours unique. Il est bien vrai que dans un grand nombre des plantes de cette classe, comme le lis (fig. 408), les six pièces de l'enveloppe paraissent disposées sur deux rangs, en sorte que trois semblent plus intérieures et trois plus extérieures ; quelquefois même celles-ci sont vertes et celles-là colorées, de manière à représenter un calice et une corolle, comme dans l'éphémère de Virginie de nos jardins, dans la sagittaire de nos marais, mais ce n’est là qu'une apparence : en exami-
nant attentivement les six pièces de l'enveloppe florale, il est facile de se convaincre que, quoique disposées sur deux rangs, elles n’ont cependant qu'un seul point d’origine commun, et se continuent manifestement toutes les six avec la partie la plus extérieure du pédoncule. Elles ne forment donc véritablement qu'un seul et même organe, qui est le calice. Pour éviter toute confusion, nous nommerons périanthe (1) l'enveloppe florale, toutes les fois qu’elle sera simple, en l'appelant calicinal, quand ce périanthe sera vert, et pétaloïidal, quand il sera coloré.
123. Le calice est toujours regardé comme formé de plusieurs pièces, tantôt sans adhérence, tantôt plus ou moins soudées ; ces pièces se nomment sépales (2).
Le calice est dit polysépale (3) (fig. 98 bis c), quand les sépales sont libres dès leur base et dans toute leur étendue, de telle sorte qu'on puisse enlever chacun d'eux sans déchirer les autres; et il est dit monosepale (k) (fig. 402 c, 103 c, 106 c, 107 c), quand les pièces qui les forment sont soudées entre elles dans une partie ou dans la totalité de leur longueur. Ainsi, le calice du chou-colza est polysépale, celui de l'œillet monosépale.
124. On distingue trois parties dans le calice monosépale ; ces parties sont: le fube, le limbe et la gorge. Le tube est la portion inférieure, dont les pièces sont adhérentes et soudées; le limbe est la partie supé-
(4) De épi, autour, &v0oç, la fleur.
(2) De sepio, j'enveloppe et défends.
(3) De rods, beaucoup.
(4) De môvoc, seul.
rieure, dont les pièces sont indépendantes et toujours plus ou moins ouvertes; la gorge (fig. 106 g) est la ligne où le tube finit et où le limbe commence.
Le calice monosépale peut être plus ou moins profondément divisé.
S'il ne l’est pas du tout, le calice est nommé entier; si les divisions, très-peu profondes, n'atteignent pas le milieu du calice, elles se nomment des lobes ou des dents. Le calice est alors appelé bilobé, tridente, quinquédente, selon qu'il a deux, trois ou cinq de ces petites divisions.
Si les divisions atteignent le milieu du calice ou à peu près, elles se nomment des fissures. Le calice est appelé brfide, quand il en a deux : Ex. : la verveine ; quinquéfide, lorsqu'il en a cinq, comme dans le silene conica, elec.
Enfin, si les divisions atteignent presque jusqu’au fond du calice, elles portent le nom de partitions, et alors le calice est bipartit, quand il en a deux : Ex. : les orobanches; tripartit, quand il en a trois, comme dans l’anona triloba; quadripartit, quand il en a quatre, comme dans la veronica officinalis, etc.
Le calice monosépale peut encore être régulier ou irrégulier. Il est régulier, quand toutes ses divisions sont de même forme et de même grandeur : Ex. : l'œillet. Il est irrégulier, quand les parties correspondantes n’ont ni une même figure, ni une même grandeur égale : Ex. : la capucine.
125. Relativement à sa durée, le calice peut être fugace, caduc ou persistant. Il est fugace, quand il tombe avant l'épanouissement de la fleur, comme dans les pavots; caduc, quand il ne tombe qu'avec la co-
rolle, comme dans les renoncules ; persistant, lorsqu'il subsiste longtemps encore après la chute des pétales, comme on le voit dans les primevères. Quand le calice persistant se dessèche sur le fruit, il se nomme marcescent (1): nous en avons un exemple dans le #rèfle.
Les autres noms donnés au calice seront expliqués dans le vocabulaire.
126. Le calice, avons-nous dit, est l'enveloppe immédiate et particulière d’une fleur complète; il ne faut donc pas le confondre avec les écailles, l'involucre et la spathe.
Les écailles (fig. 98 éé), ainsi nommées pour leur ressemblance avec les écailles de poisson ou de serpent, sont de petites feuilles appliquées à la base du calice et lui servant de support; on les voit très-bien dans l’œllet.
127. L'involucre (2) (fig. 97 b) est un grand calice qui renferme plusieurs fleurs, comme dans le chardon, la scabieuse. À la première vue, on est tenté de ne prendre que pour une seule fleur leur nombreux assemblage, d’où résultent les fleurs composées, et alors on est porté à confondre l’involucre et le calice ; mais il est facile de se convaincre, par une observation plus attentive, que l’involucre, à écailles généralement nombreuses, renferme une grande quantité de fleurs véritables.
428. La spathe (3) ( fig. 90 ss) est une sorte d'involucre ou de calice très-imparfait qui quelquefois accom-
(4) De marcescens, se fanant.
(2) D’involvere, renfermer.
(3) De oralis, espèce de vêtement.
pagne les fleurs dans les monocotylédones. La spathe est ordinairement membraneuse et coriace, comme dans le narcisse, l'iris. Elle enveloppe, en forme de sac ou de cornet, les fleurs avant leur développement, et s'ouvre ou se brise lorsqu'elles s'épanouissent. La spathe des arum est la plus remarquable de toutes; sa couleur est du plus beau blanc dans le calla Æthiopica.