‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 48 sur 403 · B. COROLLE · texte numérisé non relu

B. COROLLE

129. Le calice n’est qu'un premier rempart, que la grossière enveloppe d’un second vêtement qui fixa d'abord les regards, et d’où peut-être naquit la Botanique. Brillant coloris, parfums suaves, formes variées, beautés de toute espèce, la main du Créateur lui a prodigué tous ses dons. Sa position, sa forme et son éclat, qui en font comme la couronne de la plante, lui ont valu le nom gracieux de corolle (1). On nomme apetales les fleurs qui, en élant dépourvues, ne sont munies que d'un calice.

130. Quoique son tissu soit mou et délicat, la corolle fait suite au corps ligneux, ou à la partie située entre la moelle et l'écorce dans les plantes annuelles; elle diffère donc essentiellement du calice, qui fait suite à l'écorce. Ses couleurs sont très-variées ; elle est quelquefois verte, comme on le voit dans la vigne, mais elle ne présente jamais la couleur noire pure, ni le mélange du blanc et du noir. Non seulement les mêmes fleurs peuvent offrir diverses nuances, mais les plantes de la même espèce peuvent avoir des fleurs de différentes couleurs, comme on le voit dans les #0-

(4) De corolla, petite couronne.

ÉLÉMENTAIRE. ri

dettes, qui ont souvent des fleurs blanches. Il arrive même que la teinte des pétales peut changer aux diverses époques de la vie de la fleur, comme la pulmonaire nous en offre un exemple. On a observé que les fleurs bleues peuvent passer au rouge et au blanc, mais que jamais les jaunes ne passent au bleu, ni les bleues au jaune. Il est à remarquer que la couleur blanche devient plus commune dans les fleurs à mesure qu'on avance vers les pôles.

131. On appelle pétales les divisions qui composent la corolle. Si elle est composée de parties entièrement libres, elle est polypétale (fig. 98, 99, 100); elle est monopeétale (fig. de 101 à 107), quand ces pièces sont plus ou moins soudées ensemble. Ainsi la rose est polypétale, et la campanule, monopétale. Les pétales sont donc à la corolle ce que les sépales sont au calice.

132. La partie inférieure et rétrécie du pétale, celle par laquelle il est attaché, se nomme son onglet ‘fig. 444 b); la partie supérieure, élargie, de forme variée, qui surmonte l'onglet, forme la lame ou le limbe (fig. 111 d a); sa gorge est, comme dans le calice, la ligne où l'onglet finit et où le tube commence. Dans les corolles monopétales, un tube remplace le onglets.

133. La corolle est aussi tantôt régulière, tantôt irrégulière; régulière, elle se présente en croix fig. 98 bis); cloche (fig. 401); entonnoir (fig. 402); soucoupe (fig. 103); roue, étoile, rosace, etc. (fig. 104 et 405); irrégulière, et alors elle est labiee (fig. 106); personnée, c'est-à-dire en mufle (fig. 407); papilionacée, c’est-à-dire offrant un peu l’image d'un papillon avec ses ailes (fig. 99); simplement 2rrégulière, lors-

12 BOTANIQUE que, sans avoir aucune des formes précédentes, ses parties sont différentes de figure ou inégales en grandeur (fig. 400 et 109). Ce serait nous engager dans un dédale que de les décrire ici; d’ailleurs, elles le seront en leur lieu, parce que c’est en grande partie de la corolle que se tirent les caractères de détermination. 134. Nous dirons seulement que ces formes, aussi variées que leurs nuances, tendent toutes au même but; car la corolle, comme un’ élégant et léger pavillon, sert de voile à des organes plus importants, et réfléchit sur eux les rayons du soleil. Mais elle n’a qu'une beauté éphémère, est inutile à la nutrition de la plante, et ne répand dans l'air que ses émanations embaumées.

QUESTIONNAIRE

De quelles parties se compose une fleur complète? — Qu'est-ce que la fieur incomplète? — Comment se divisent les parties de la fleur à raison de leur importance? — Quels sont les organes protecteurs ? — Qu'est-ce que le calice? — À quelle partie du pédoncule correspond-il? — Que faut-il en conclure pour les monocotylédones? — Qu'entend-on par périanthe? — Comment nomme-t-on les divisions du calice? — Quels sont les divers noms qu'on lui donne? — Que sont les écailles, l'involucre, la spathe? — Qu'est-ce que les fleurs apélales? — Que dire de la corolle, de sa différence anatomique avec le calice, de ses diverses couleurs, de ses divisions? — Quelles sont les formes principales des corolles régulières et irrégulières? — Quelle est la destination de la corolle?

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