‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 81 sur 403 · OL O · texte numérisé non relu

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259. Comme on le voit, ce système séduit d'abord par son extrème simplicité; il offre cependant plusieurs inconvénients, dont le plus grave est la séparation des végétaux en herbes et en arbres. Cette division est contre la science, puisque les mêmes plantes peuvent être, comme le ricin, herbacées sous une laütude et ligneuses sous une autre; puisqu'on trouve dans un même genre évidemment bien tranché, comme dans les coronilles, des espèces herbacées et des espèces ligneuses.

260. L'impulsion était donnée; une foule de nouveaux savants s’élancèrent sur les traces du botaniste français. Plukenet, Boërhaave, Dillen et Vaillant écrivirent à l’envi pour la science, pendant que Miller, en Angleterre, et l'abbé Rozier, à Lyon, créaient des jardins botaniques et donnaient aux agronomes les plus précieux documents. Mais tous ces botanistes n'avaient proposé aucun système nouveau, ou du moins aucun de ces systèmes n'avait porté la moindre atteinte à celui de Tournefort. Cette gloire semblait réservée à l’immortel Linné.

264. Sysrème pe Linné. —- Linné (Charles von) naquit en Suède en 1707, à Ræshult, province de Smœæland. Son père, ministre luthérien, l'éleva dans le jardin du presbytère.

Le zéphyr, agitant ses ailes odorantes,

Porta vers son berceau le doux parfum des plantes; Déjà ses yeux fixaient leurs formes, leurs couleurs, Et ses mains pour hochet demandèrent des fleurs. Faible enfant, on le vit dans le fond des campagnes, Sur le flanc des rochers, au penchant des montagnes, Braver la ronce aiguë et les cailloux tranchants,

Et rentrer tout chargé des dépouilles des champs.

Aussi, quel lieu désert n’est plein de sa mémoire? Il fit de chaque plante un monument de gloire: Et Linné sur la terre, et Newton dans les cieux, D'une pareille gloire étonnèrent les dieux. DELILLE.

Dans sa jeunesse, on opposa des entraves à son génie; mais son goût décidé pour les plantes et la protection de quelques hommes puissants le firent iriompher de tous les obstacles. L'envie de se perfectionner dans la science qu'il aimait avec passion le conduisit à Upsal, où il professa la Botanique; mais bientôt la jalousie, que ses talents armèrent contre lui, le força de quitter la chaire qu'il occupait. Ce fut alors qu’il alla en Hollande, où il obtint, par le crédit de Boërhaave, la direction du superbe jardin de Clffort, près de Harlem. De là, la renommée de son nom le rappela dans sa patrie, où toutes les distinctions, toutes les faveurs de la fortune devinrent la récompense de ses peines et la couronne de son mérite. Il mourut à Upsal en 1778, âgé de soixante et onze ans.

262. Linné perfectionna la nomenclature botanique, ou plutôt la créa telle que nous l'avons aujourd'hui.Tournefort lui en avait tracé la route, en désignant chaque plante par une phrase où se trouvaient énumérés ses caractères; mais, outre que ces caractères manquaient souvent de précision, les phrases étaient trop longues pour qu’on püt en retenir un grand nombre. Linné, à l'exemple de Tournefort, donna à chaque genre un nom propre ou générique ; mais, pour désigner l'espèce, il remplaça la phrase du botaniste français par un simple adjectif spécifique ajouté au nom du genre. C’est ainsi, par exemple, que la violette de nos jardins, qui était,

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