Ÿ EMBRYON
13: C’est la plante encore enfant et endormie. Nous l’apercevons très-bien en continuant l’anatomie de notre graine de haricot. L’épisperme, déchiré avec une épingle et enlevé avec précaution, laisse à découvert (fig. 4"° cc) deux disques jilancs appliqués l’un contre l’autre et formant deux moitiés égales. Ce sont les cofylédons (3), premiers organes alimentaires qui doivent se convertir à la germination en feuilles séminales (fig. 3cc). Sur un des points de la jonction des coiylédons glisse une pointe conique : c’est la radicule (4), ou principe de la racine (fig. 4'° r), et dans leur intérieur sont
(4) De hilum, petite marque.
(2) D'év-Boüwv, poussant dans un autre.
(3) De xoTuAN0GY, cavité, ou petite écuelle renfermant le lait qui doit nourrir la jeune plante.
(4) De radicula, petite racine.
deux ou plusieurs petites feuilles, plissées diversement sur elles-mêmes. et parfaitement formées (lig. 1 g): elles constituent la gemmule (1), ou petit bourgeon qui est le rudiment de la jeune tige.
14. Ces trois organes, cotylédons, radicule et gemmule, forment la plantule (fig. 3), c’est-à-dire la petite plante qui doit se développer au moment de la germination, et n’est autre chose que l'embryon sorti de ses langes.
L’amande n’offre pas toujours deux cotylédons, comme dans le haricot; souvent elle n’en présente qu'un seul, comme dans le blé, Vasperge, la tulipe, etc. : l'embryon est nommé alors monocotylédoné (2). Il est appelé dicotylédoné(3) quand l’amande contient deux corps cotylédonaires réunis base à base : tels sont le haricot, la fève, etc.
45. Toutes les plantes dont l’amande offre un seul cotylédon se nomment s#onocotylédonées ; toutes celles qui ont deux cotylédons se nomment dicotylédonées. On appelle acotylédonées (4) celles dont la graine, ou plutôt les corpuscules reproducteurs qui en portent improprement le nom, n'offrent ni embryon ni cotylédon : telles sont les fougères.
Comme toutes les plantes ne sont en grand que l'embryon développé, leur division ancienne en dicotylédonées, monocotylédonées et acotylédonées pourrait être rigoureuse, si quelques végétaux, appartenant surtout à la famille des coniféres ou arbres résineux, n’avaient été observés avec 3, 5, 10, et même 12 cotylédons.
TT PÉRISPERME (5).