‹ Étude des Indications et de la Technique des Butées ostéoplastiques dans les subluxations et luxations congénitales invétérées de la Hanche et en particulier dans leurs variétés postérieuresChapitre 16 sur 54 · LS RS · texte numérisé non relu

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Mais il faut savoir la fréquente impossibilité de cette transposition du fait de la rétraction musculaire: il faut savoir aussi ses dangers et redouter une décapitation du fémur ou bien une paralysie du sciatique au moment où la tête abaissée au maximum par l’abduction forcée risque, en se portant de bas en haut et d’arrière en avant, à la face profonde de la fesse, de contusionner le nerf contre le rebord osseux de l’échancrure sciatique placée sur son chemin. Enfin, la tête transposée en avant a une tendance marquée à se reluxer en arrière, cette échappée créant un nouveau danger pour le sciatique.

Aussi, dans les formes graves que constituent les luxations postérieures âgées avec grand raccourcissement, le Professeur Ombrédanne conseille de renoncer systématiquement à la transposition.

2° La tête fémorale restant postérieure, l’opérateur devrait donc, semble-t-il, aller la découvrir par la voie antérieure puis s’efforcer, à ciel ouvert, de l’entraîner le plus possible en bas et en avant, et se contenter de la stabiliser là, en un point où l’os iliaque n’a plus autant de minceur qu’à la partie moyenne, au moyen d’une butée. Cette intervention a été pratiquée par le Professeur Ombrédanne, elle a abouti à un insuccès partiel dont l’étude critique nous a amenés à des conclusions qui ont décidé de la technique à suivre dans ces luxations postérieures.

Nous allons exposer immédiatement cette observation d'intérêt considérable et nous décrirons à sa suite l’opération nouvelle que nous proposons en pareil cas

MR Cr par

OBSERVATION

Marguerite L.., âgée de 12 ans, est amenée à lhôpital des Enfants-Malades, au début de mars 1926, pour une boiterie importante du membre droit, une fatigue rapide à la marche qui ne peut être supportée qu’une demi-heure au maximum, et des douleurs dans. la hanche droite, toujours nocturnes, réveillant souvent l’enfant.

Les examens cliniques et radiographiques montrent que l’enfant. présente une luxation haute postérieure de la hanche droite coexistant avec une luxation de la tête fémorale gauche, qui est en antéversion et en antéposition.

Le i1 mars 1926, on procède à Ja eonfection d’une butée ostéoplastique pour stabiliser da tête fémorale droite luxée.

On prélève un greffon tibial sur la jambe du côté opposé;

On mène l’incision antérieure parallèle à la crête iliaque, puis se recourbant et descendant: verticalement em avant de la euisse;

Puis après passage entre. tenseur et couturier, dégagement et refoulement en arrière de la masse fessière; on découvre la tête très haute;

On taille du mieux possible, au-dessus d’elle, un volet iliaque par dédoublement de l’aile, que l’on rabat au contact de la capsule et qu’on appuie en avant, en haut et en arrière à l’aide de trois greffons représentant les fragments du greffon fibial;

Après reconstitution de la masse musculaire, et suture eutanée à l’aide d’un surjet de fil de lin, l’immobilisation est réalisée au moyen de l’appareil plâtré à écrou.

Mobilisation aw bout de trois semaines; suites normales:

La malade est. revue vers le: 15 octobre 1926 : les douleurs ont disparu complètement, mais la boiterie est plus marquée et la fatigue plus rapide qu'avant l'opération.

La malade, de mouveau hospitalisée, est examinée le 25 octobre 1926.

A l'inspection, l'enfant debout :

On note, de face, que les deux membres inférieurs sont en attitude vicieuse, le gauche comme le droit (l’on sait, en effet, que la tête fémorale gauche est mal appuyée, elle est luxée en avant et en antéversion) ;

A droite, l’épine iliaque antéro-supérieure et la crête ihaque font une saillie extrêmement nette par suite d’une véritable dépression située au-dessous de la moitié antérieure de la crête iliaque, au-dessous de la partie iliaque de la cicatrice, à l'endroit

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