‹ Étude des Indications et de la Technique des Buttées ostéoplastiques dans les subluxations et luxations congénitales invétérées de la HancheChapitre 8 sur 38 · PREMIER CAS · texte numérisé non relu

PREMIER CAS

C’est de beaucoup le plus facile.

Manœuvres. — S'il s’agit d’une subluxation, en un temps préliminaire, il suffit de porter le membre en abduction simple pour que la tête réintègre le fond du cotyle.

S'il s’agit d’une luxation vraie unilatérale, la réduction s’obtiendra par les procédés habituels qu’il est souvent indispensable d'essayer succesivement :

réduction par traction verticale de Lorenz, réduction par flexion-adduction puis par abduction et rotation exterhe, ou même réduction par flexion extrême A 80 selon le procédé de Balencie qui fait entrer en jeu l’élasticité des ischo-jambiers pour refouler la tête bien audessous de l’ischion.

Tous ces procédés aboutissant à la mise en position de Lorenz : la cuisse à angle droit sur le bassin et dans le plan frontal.

Technique.

Position. — Pedant la constitution de la butée, le malade étant fixé sur un pelvi-support, le membre sera maintenu dans cette « première position de Lorenz ».

Il est absolument capital, en effet, de descendre la tête pour qu’elle quitte le contact du plafond cotyloïdien si l’on veut pouvoir abaisser celui-ci; or il résulte des

travaux de Lance que le seul moyen d’abaisser une tête fémorale est de porter la cuisse en abduction forcée. En outre, le maintien de cette position après la constitution de la butée évitera tous risques d’ascension à la tête coiffée du sourcil cotyloïdien reconstitué.

Exécution de la butée. — Elle se fait selon la technique exposée par Lance mais avec quelques petites modifications de détail |

Premier temps : Prélèvement sur toute la longueur du tibia opposé d’un greffon ostéo-périostique de Delagenière. Pendant que les aides ferment la plaie, préparation du greffon : ce greffon, de 18 cm. environ, pour Lance est coupé en trois morceaux de 6 cm., pour Ombrédanne est seulement cassé en deux endroits de façon à constituer trois morceaux articulés figurant un arceau qui sera disposé au-dessus et en arrière de la tête; sa face périostique-regarde en bas.

Deuxième temps : Voie d’abord; elle est antérieure : incision à peine curviligne à concavité postérieure, le sommet de la courbe répondant à l’épine iliaque antérosupérieure, sa partie inférieure descendant verticalement entre le couturier et le tenseur, sa partie supérieure suivant le tiers antérieur de la crête iliaque.

On rejette en avant sous un écarteur le couturier et Je droit antérieur.

Au bistouri puis à la rugine on désinsère sur l’os iliaque le tenseur du fascia lata et le moyen fessier dans son tiers antérieur de façon à les rejeter en arrière.

Troisième temps : La Butée. On aperçoit à nu la fosse iliaque externe et juste au-dessus de l’insertion supérieure de la capsule (qui sert de repère), obliquement,

‘presque parallèlement à l'os iliaque, on attaque au ciseau le plafond du cotyle en haut puis en avant puis en arrière. On détache ainsi de l'os iliaque un volet ostéopériostique courbe qu’on éverse vers le bas jusqu’au contact de la tête fémorale en abaïissant fortement le ciseau.

Dans l’ängle dièdre osseux cruenté ainsi créé sur l'os iliaque, on insère en forçant l’arceau articulé du greffon en ayant soin de bien placer le chaînon postérieur en arrière. (Pour Lance superposer les greffons face périostique en bas).

Quatrième temps : Réinsertion des muscles au catgut.

Suture de ia peau.

Pansement avec une bande vaselinée.

Appareillage. — C’est toujours dans la position première de Lorenz, maintenue depuis le début de l’opération, que sera fait l’appareillage.

On pourrait immobiliser dans un appareil plâtré prenant la cuise et le bassin, mais il y a intérêt à pouvoir surveiller la plaie et d'autre part, une mobilisation précoce s'impose pour éviter l’ankylose, et pour que la tête modelle aussi son cotyle refait, à condition cependant que la position en abduction soit maintenue. C’est pour répondre à cette indication que Huc a eu l’idée de deux pièces plâtrées indépendantes pour la cuisse et le bassin mais solidarisées par un système articulé. Avec Lance, il a réalisé l’appareillage type du service : des tiges coulissantes munies de verrous permettent de maintenir parfaitement la position de Lorenz mais permettent aussi, dès le 15° jour, de faire rouler le cotyle sur place,

DORE Je

la cuisse restant en abduction : mobilisation qui sera plus prudente pour la luxation réduite que pour la subluxation. |

La marche est d'autant plus précoce que l'individu est plus âgé; elle sera permise dès la 5° à la 8 semaine.

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