‹ Étude des ipécacuanhas (volume 2)Chapitre 14 sur 44 · MALADIES DU SYSTEME NERVEUX · texte numérisé non relu

MALADIES DU SYSTEME NERVEUX

Delirium tremens. — W. S. Schrenck (The Neio YorkMed.Journ., 1873) a employé très souvent l’Ipéca à doses massives pour calmer le delirium Iremens. Nous

reproduisons une de ses observations qui nous semble intéressante :

Patrice K..., venant d’abattre des parcs et ayant bu plus que de coutume depuis quelques jours, fut pris brusquement de delirium tremens. Administration de 20 grains (lsq30), tous les quarts d’heure, jusqu’à concurrence de 2 drachmes (7=%8). Il n’y eut aucun vomissement, mais le délire fut presque entièrement soulagé. Voyant qu’on lui administrait un vomitif, il voulut aider à l’action du médicament, avala sans succès un quart de litre d’eau salée et ne parvint à vomir qu’en enfonçant à plusieurs reprises une plume d’oie dans l’œsophage. Il dormit tranquillement le reste de la nuit, et n’eut qu’un léger retour de délire (1865).

Higginbottom a aussi employé avec succès l’Ipéca dans le delirium tremens. Il le donne tout d’abord à fortes doses pour produire un violent vomissement. 11 prescrit ensuite des apéritifs et des diurétiques ; l’appareil digestif étant ainsi amélioré, le sommeil ne tarde pas à revenir. Higginbottom obtient ensuite la guérison complète, à l’aide de thé, d’un régime légèrement nutritif, de promenades en plein air le matin, de douches et de beaucoup d’exercice.

Dipsomanie. — Higginbottom et Schrenck se sont servis plusieurs fois avec succès de l’Ipéca contre cette affection, à la dose de 2 grammes de poudre au moment de l’attaque. Higginbottom prétend qu’une abondante évacuation éteint aussitôt le désir de boire de l’alcool et il pense que si on pouvait persuader au malade de recourir à ce remède avant les accès, ils ne reviendraient plus. Voici le mode de traitement ordinairement employé : Le malade est confiné dans une chambre, mis à une diète faiblement farineuse, en lui permettant toutefois de

prendre de l’alcool à petite quantité. Après une purgation préliminaire de calomel, on lui donne le lendemain 2 grammes d’ipéca pulvérisé, et ceci répété chaque jour.

Odontalgies. — En 1853, César Frédéricq, de Gand, a appelé l’attention des praticiens sur la variété de cette affection qui lui paraît symptomatique d’un état saburral de l’estomac et sur les bons effets qu’il a obtenus dans ces cas de l’emploi des vomitifs :

L’Ipéca, à dose vomitive, nous a offert, dit-il, les succès les plus inattendus. Nous l’avons vu réussir là où tout avait échoué, dans les cas même où l’avulsion de la dent malade n’avait pas eu d'effet, et toutes les personnes que nous avons vues guérir par les vomitifs ontété après exemptesdu mal de dents pendant longtemps.

Epilepsie. — Le docteur Ferrara, en 1831 , a obtenu de nombreux succès de ripécacuanlia dans l’épilepsie.

On ne doit pas s’étonner de ces résultats quand on songe aux succès qu’eut autrefois la médication émétique dans les affections de cette nature. On revient d’ailleurs aujourd’hui à l’emploi des vomitifs contre l’épilepsie, l’hystérie et riiystèro-épilepsie ; on a recours dans ce cas aux injections d’apomorphine.

Nous avons d’ailleurs nous-même constaté plusieurs améliorations par cette méthode.

Migraine. — Henri G. AVright, de Londres, donne l’Ipéca dans cette affection lorsque l’exposition imprudente au froid a produit une aggravation de la migraine et particulièrement si le malade est sujet au catarrhe. Dans ce cas, c’est à titre de sudorifique que le médicament est em ployé. (Voir la formule au chap. vi.)

Névralgie. — La poudre de Dovver peut donner quel-

que soulagement. On l’emploie la nuit, soit seule, soit additionnée d’un peu de morphine.

Irritation spinale. — N. S. Davis, de Chicago, donne comme reniède à l’intérieur un mélange de poudre d’ipéca opiacé, de calomel et de nitre, trois fois par jour jusqu’à apparition de stomatite mercurielle. (Voir formule chap. VI.)

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