‹ Étude des ipécacuanhas (volume 2)Chapitre 4 sur 44 · IPÉCACUANHA ANNELÉ MINEUR · texte numérisé non relu

IPÉCACUANHA ANNELÉ MINEUR

L’Ipécacuanha annelé mineur ou officinal est la sorte la plus anciennement connue et celle à qui l’on devrait, comme nous le montrerons dans la suite, réserver le nom d’Ipécacuanha. Ce mot signifie, dit-on, dans le langage brésilien, racine odorante rayée. Sur les lieux de production on connaît plus généralement cette racine sous les noms de : Poaya do mato, Poaya do Botico, Bexu~ quillo (d’où on a fait le nom français Beconquille), Cipo das caméras, Cipo das maticas, Cagosanga et Rais de oro (Racine d’or).

C’est ripéca annelé mineur, qui fut décrit en 1648 par Marcgrave, et la même année par Pison,sousle nom à’ Ipêcacuanha brun, par opposition à V Ipécacuanha blanc dont nous parlerons dans un autre chapitre. C’est lui qui fut importé en France, en 1672, par Le Gras, et employé contre la dysenterie par Helvétius. Nous avons retracé.

dans le chapitre premier, l’histoire de son identification botanique. Nous n’y reviendrons pas; disons seulement ,que cette sorte est produite par le Psy choir ia l'pecacuanha, dont nous allons donner la description.

Psychotria Ipécacuanha Muell. Arg.

Cephælis ipécacuanha A. Righ. Dissert. Ipëc.,p. 21, t. 1; Mart., Mat. med. Brasil., I, 4, t. I ; St-Hil., PI. usuel. Bras., t. VI; DG. Prodr., IV, 535; Berr und Schmidt, Offîcin. Gewâchse, II, t. XV; Botan. Mag., t. 4064. — Cephælis emetica Pers, Enchir., I, 203. — Calicocca Ipécacuanha Brot., Act. Soc. Lin. Lond., VI, 137. — Psychotria emetica Vell, Flor. tlum., 64, et Icon.,II Mutism L. fils). — üragoga Ipécacuanha H. Bn. — Ipécacuanha officinal Arrud., Diss., p. 44, ex St-Hil. — Ipécacuanha. (Voir les synonymes donnés à l’historique.)

C’est une plante sous-frutescente, dont le rhizome s’étend horizontalement dans le sol. Ce rhizome, de la grosseur d’une plume de corbeau, est noueux et donne naissance, à des memes peu ramifiées. Celles-ci naissent aussi aux nœuds des petites branches qui sont couchées sur la terre ; elles sont d’abord amincies et presque glabres, puis elles deviennent bientôt deux ou trois fois plus volumineuses, pour s’amincir encore à leur extrémité. La partie qui s’est épaissie, par la transformation de l’écorce en réservoir de matériaux de réserve, se courbe de diffé rents côtés et présente un grand nombre de renflements annulaires, parfois très rapprochés les uns des autres.

Les tiges qui sortent de ce rhizome ont une base ligneuse et. une partie supérieure herbacée. Elles sont droites ou couchées, quadrangulaires, hautes de 15 à 40 centimètres,

rarement 1 mètre ; elles portent un petit nombre de ramifications glabres dans prescpie toute leur longueur, excepté au sommet, où elles sont pourvues de poils brunâtres. A l’extrémité, se trouvent trois ou quatre paires de feuilles op[)Osées, ovales, entières, couvertes à leur face supérieure de poils aigus, épars. Cette face est de couleur vert foncé; la face inférieure, au contraire, n’a de poils que sur les nervures. Os feuilles sont atténuées à la base en un pétiole pubescent et canaliculé. Chaque paire de feuilles est accompagnée de deux stipules profondément divisées en lanières étroites à leur sommet; ces stipules sont réunies par leur base, qui est membraneuse.

Les fleurs sont hermaphrodites, petites, blanches, serrées, réunies au nombre de 8 à 60 ; elles forment un capitule terminal, environné à sa base par un involucre tétraphylle, pubescent, constitué par quatre bractées à base presque cordiforme. Les deux extérieures sont orbiculaires-acuminées et un peu ondulées ; les deux internes sont plus petites et ovales.

Tube calicinal obovale, adhérent, à limbe supère 5-denté, Corolle infundibuliforme, supère, 5-lobée, à lobes trois fois plus courts que le tube. Le calice et la corolle sont pubescents en dehors. Cinq étamines insérées au sommet du tube de la corolle, à filets courts, alternes avec les divisions de la corolle. Anthères linéaires, 4 ou 5 fois plus longues que larges, introrses. Chaque loge s’ouvre par une fente longitudinale. — Ovaire infère ovoïde, biloculaire ; chaque loge est uni-ovulée et surmontée d’un disque épais, cylindrique, glabre. Style inclus, se terminant par un stigmate bifide de même grandeur que les anthères.

Le fruit est une drupe ovoïde, peu charnue, couronnée

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