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D'après Martius (Flor. Bras.).
PSYCHOTRIA IPECACUANHA
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par les dents du calice, d’abord pourpre, puis noirâtre violacé. Il est divisé intérieurement en deux loges, qui renferment chacune unenucule monosperme, blanchâtre, convexe extérieurement, concave sur la face opposée. Les deux nucules se séparent à la maturité. Graine orthotrope, composée d’un épisperme très mince et d’un endosperme corné, renfermant à son centre un embryon droit.
Le Psychotria Jpecacuanha habite les parties boisées et les forêts humides du Brésil, entre le 8® et le 22® degré de latitude sud, dans les provinces de Para, de Fernambouc, de Minas-Geraes, de Rio-Janeiro, de Saint-Paul, et surtout de Matto-Grosso.
L’ipécacuanha est ramassé dans le temps de sa floraison, c’est-à-dire, de novembre à mai. Les gens qui en récoltent les racines sont appelés 'poayeros. Cette récolte est difficile, parce que la plante aime les terrains marécageux ou très humides où elle se trouve par touffes au pied des arbres. Les poayeros qui la recherchent ne peuvent chacun, dans les cas favorables, ramasser plus de 10 à 12 livres de racines par jour. Ils forment une espèce de compagnie qui, le soir, se rassemble pour vérifier, peser et mélanger les racines recueillies. Pour la recueillir, ils saisissent d’une main les tiges aériennes de la plante, enfoncent en dessous d’elle un bâton pointu, et par un mouvement de bascule soulèvent la motte dent ils enlèvent ensuite la terre. On sèche les racines aussi vite que possible au soleil ; on les casse ensuite en morceaux, on les tamise pour enlever le sable qui pourrait s’y trouver encore et on les emballe pour le transport. Les poayeros ont soin de laisser dans le sol quelques frag-
rnents de racines, qui servent à la reproduction de la plante.
Examen macroscopique. — La racine de cette plante est connue sous le nom (V Ipécacuayiha annelè mineur. Cette sorte se présente sous forme de racines allono'ées, grosses comme une plume d’oie, irrégulièz'ement contournées, simples ou rameuses, pourvues d’anneaux saillants, inégaux et rapprochés, que séparent des étranglements plus étroits. Guiboürt en a distingué deux variétés :
L’InÉGAGUANHA GRIS NOIRATRE (Ipéc. bruH de Lémery ; Ipéc. gris ou annelé de Mérat, Ipec. annulata fasca de Richard). — Cette sorte doit son nom à la couleur de son épiderme. On la trouve, dans le commerce, en morceaux de 8 à 12 centimètres, contournés en dilférents sens et s’amincissant à une extrémité. La partie corticale est très épaisse, compacte et cornée, d’un gris noirâtre au dehors, grise et demi- transparente à l’intérieur. Cette écorce est peu adhérente au méditullium ; celui-ci est blanc jaunâtre. La saveur en est âcre et aromatique ; son odeur est forte, irritante et nauséeuse. C’est la variété la plus estimée.
L’Ipécacuanh A GRIS ROUGEATRE (Ipècacuanha gris rouge de Lémery et de Mérat. — Ipec. annulata rubigtnosa de Richard) différé du précédent, par son écorce moins foncéq,'et rougeâtre, son odeur moins forte, sa saveur non aromatique. Mérat le dit plus amer, mais ce caractère est loin d’être absolu. Sa cassure est un peu plus transparente. Parfois, cependant, sa section est opa- (]ue, mate et farineuse, mais cette constitution ne fournit pas de caractères distinctifs. On peut l’observer, en effet,
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PSYCHOTRIA IPECACUANHA
sur la même racine dont la section est cornée d’un côté, farineuse de l’autre, ou farineuse à une extrémité et cornée à l’autre extrémité. Cette variété paraît jouir de propriétés moins vomitives que la précédente.
Il n’est pas toujours facile de distinguer nettement les variétés commerciales d’ipéca et de les rapporter à l’une QU à l’autre de ces deux sortes. D’ailleurs, les dénomi nations ci -dessus ne sont pas acceptées aujourd’hui dans la droguerie, où l’on appelle la sorte qui nous occupe Ipéca de Rio, par opposition à Y Ipéca de Carihagène, dont nous parlerons dans un autre chapitre.
Les Ipécas du commerce se présentent sous des aspects très différents. Nous avons pu en examiner un assez grand nombre de formes, dont nous allons rapidement décrire les principales.
1'® sorte : Composée par des fragments do diverses longueurs, variant de 2 à 6 centimètres et d’un diamètre moyen de 5 millimètres. Sa couleur est grise. Les anneaux sont irréguliers et souvent peu marqués ; dans tous les cas on y remarque la présence d’un grand nom bre de stries longitudinales, certainement dues à la des siccation. Ces fragments sont contournés en tous sens. La section montre une écorce brune, comme cornée, d’uiuî assez grande dureté, mais devenant parfois farineuse. Saveur d’abord douceâtre, devenant bientôt franchement amère. Cette sorte est mêlée d'un nombre assez considérable de débris de tiges et de substances étrangères.
2" sorte : C’est le type connu dans le commerce, sous le nom à’ Ipéca gris de Rio. Elle est constituée par des fragments beaucoup plus longs que dans la précédente sorte. Leur longueur est de 6 à 12 .centimètres ; leur
diamètre varie entre 2 et 3 millimètres. Les anneaux sont bien marqués et très resserrés. On y trouve une quantité assez considérable de bases de tiges. La couleur est extérieurement d’un brun noir. La section montre une écorce blanc jaunâtre, parfois brunâtre et farineuse. C’est la sorte la plus répandue dans le commerce. Odeur nauséeuse, saveur très âcre.
3® sorte : Cette variété, que l’on trouve parfois mêlée à la précédente et qui d’autres fois se présente seule, est constituée par des fragments bien plus petits, d’une longueur moyenne de 4 centimètres et d’un diamètre de 1 à 2 millimètres. 11 est très probable que ces fragments ne sont que de petites racines et des débris de tiges de la variété précédente, qu’on a eu soin de trier. Quoi qu’il en soit, la couleur de ces fragments varie du noir au brun noirâtre ; les annelures manquent très souvent et sont alors remplacées par de petites saillies, restes probables de radicelles. Dans les morceaux annelés, l’écorce se détache très facilement du médituUium ; dans les autres, elle est plus adhérente. Sur les morceaux non annelés, on remarque d’assez nombreuses stries longitudinales, mais ces fragments ne sont pas de nature différente, car une même racine montre souvent les deux formes réunies. La section montre une écorce et un méditullium de même couleur blanc jaunâtre. La saveur est excessivement âcre et brûlante.
4® sorte : On trouve souvent dans le commerce une variété intermédiaire. Celle-ci est d’un brun légèrement rougeâtre, mais offre d’ailleurs des caractères analogues à ceux des deux sortes précédentes. C’est la sorte d’/jjdca de Rio, la plus répandue dans le commerce. Un échantillon
de cette variété venant des marchés anglais est étiqueté dans le droguier de la Faculté : l'péca de Rio, deuxième qualité.
5® sorte : Cette variété, qui se trouve abondamment dans ripéca de Rio, est constituée par des racines présentant un nombre considérable d’anneaux très rapprochés les uns des autres et d’une couleur rougeâtre, brillante. L’écorce se détache aisément du méditullium; la longueur des racines varie de 4 à 9 centimètres. Leur épaisseur moyenne est de 2 à 3 millimètres. Elles se cassent avec la plus grande facilité. La section montre une écorce volumineuse, variant du blanc jaunâtre au brun rougeâtre; le méditullium est jaune pâle. Cette sorte présente un grand nombre de fines stries longitudinales. Elle a une saveur excessivement âcre et brûlante et une odeur faible.
6® sorte ; Cette variété, que nous n’avons rencontrée qu’une fois, est constituée par des racines de 1 à 3 cen timètres de long, gris blanchâtre, et présentant des anneaux plus ou moins rapprochés. La section montre une écorce brun rouge et un méditullium jaune clair. Peut-être est-ce là une altération des sortes précédentes.
Examen histologique. — L’Ipéca annelé mineur présente la structure histologique suivante :
1® Un suher peu développé, jaune brunâtre, à cellules assez épaisses, allongées tangentiellement et à alignement radical. 2® Un parenhyme cortical, d’abord composé de 5 ou 6 assises de cellules tangentielles, puis formé de cellules irrégulièrement quatrilatères, dont le volume augmente rapidement pour diminuer ensuite, à mesure qu’on se rapproche du liber : toutes ces cellules sont gorgées d’amidon ; quelques-unes contiennent de très
rares raphides, d’ailleurs très petites. 3° Le liber est composé de cellules beaucoup plus petites. Elles constituent un tissu à mailles irrégulières, inégales, présentant en certains points un épaississement interstitiel. Tout ce tissu est plein d’amidon. 4“ \j2, zone génératrice se compose de 3 ou 4 séries de cellules incolores, presque aussi grandes que les fibres ligneuses. 5“ L(^ bois est formé presque exclusivement de fibres ligneuses à alignement radial. Les rayons médullaires sont peu marqués. Les vaisseaux sont situés en petit nombre vers le centre de la racine; quelques-uns seulement se montrent çà et là disséminés dans le bois.
Le succès obtenu en introduisant la culture du quinquina dans rinde a fait penser aux avantages qui pouvaient résulter de la culture, dans le même pays, de l’ipécacuanba que l’on j emploie beaucoup et qiuï l'on retire du commerce européen.
Introduite dans rinde, en 1865, la culture de l’ipécacuanhan’a pas donné de résultats encourageants. Pendant l’année 1877, des plants furent distribués dans les parties méridionales et septentrionales de la péninsule et la culture fut aussi essayée en Birmanie, à Singapoor et à Geylan. Dans la même année, leD'' King, surintendant des jardins botaniques de Calcutta, déclara que la culture commerciale de ripécacuanha paraissait ne devoir donner aucun résultat utile, à cause des froids de l’iiiver, qui, même dans les vallées les plus chaudes, sont trop grands pour une espèce si complètement tropicale. Cependant l’Ipécacuanha cultivé dans l’Inde et employé à l’iiôpital du Collège médical de Calcutta avait été trouvé aussi efficace que la meilleure drogue de l’Amérique du Sud.
Malgré ces causes de découragement, des essais ont été continués et il paraît que deux variétés d’Ipécacuanha envoyées du jardin botanique de Kew et d’Edimbourg ont été introtruites dans l’Inde. Les plantes envoyées d’Edimbourg ont entièrement disparu : celles de Kew, cultivées dans des conditions absolument identiques, continuent à vivre et la plante pousse de la façon la plus florissante à Nilamburg.
Ramson qui, en 1887, a examiné la richesse en alcaloïde de ces racines, a trouvé leur valeur absolument égale à celle des Ipécacuanhas d’Amérique.
Nous étudierons dans les chapitres suivants la composition chimique, l’action physiologiques, la thérapeutique et la pharmacologie de l’Ipécacuanha annelé mineur que nous considérons comme seul officinal.