‹ Etude des ipécacuanhasChapitre 13 sur 58 · ACTION SUR L'APPAREIL DIGBSTIF · texte numérisé non relu

ACTION SUR L'APPAREIL DIGBSTIF

Les premiers essais physiologiques qui aient été faits sur la substance qui nous occupe ont eu pour but l'étude de l'action de l'Ipécacuanha sur l'appareil digestif. Ou connaissait déjà ses propriétés vomitives et, comme le disaient les anciens auteurs, antidysentériques. Il fallait donc rechercher quelle était l'action directe du médicament sur la muqueuse gastro-intestinale. Un des premiers expérimentateurs qui aient fait ces recherches est Pécholier (1862), qui se servit pour cela soit de la poudre d'Ipéca, soit de l'émétine brune du commerce. Dyce Duckworth,

d'Ornellas, Ghouppe et Polichronie complétèrent ces travaux; plus tard, von Podwyssotzki , Gerhardt et Schùtz se servirent dans le même but de Témétine pure. Nous allons étudier successivement l'action sur l'appareil digestif de Tlpécacuanha en nature, de l'émétine du commerce et de Témétine pure.

À. Action de l'Ipécacuanha.

Citons seulement les expériences de Pécholier qui constata, après l'introduction jaer os de l'Ipécacuanha, une action irritante sur la muqueuse digestive. Cette irritation pouvait même aller jusqu'à l'ulcération. Ghouppe, d'Ornellas et Polichronie ont obtenu des résultats analogues.

Nous résumerons deux expériences, l'une de Chouppe, l'autre de Polichronie, montrant, la première, l'absence de vomissement, mais une irritation considérable de la muqueuse gastro-intestinale, après l'injection de 5 grammes d'Ipécacuanha ; l'autre, de nombreux vomissements, mais aucune altération appréciable des viscères, après l'injection dé2* r ,50 de la même substance.

Expérience i (Ghouppe). — Injection intraveineuse de la décoction de racine d Ipéca. Mort.

Le 22 mars 1874, l'on injecte dans la veine crurale d'un chien de petite taille le produit de la décoction de 5 grammes de racine d'Ipéca dans 40 centimètres cubes d'eau (le mélange a été préalablement filtré). L'injection est faite à 3 b 15; à 5 heures il ne s'est produit aucun effet. L'animal est alors renfermé dans une cabane où on le trouve mort le lendemain matin.

Nécropsie. — Les poumons, le cœur et les reins sont sains. — Estomac : muqueuse fortement congestionnée et injectée, présentant même plusieurs petites hémorragies, surtout dans le grand cul-de-sac La muqueuse de toute la première portion de l'intestin

grêle présente le môme aspect que la muqueuse gastrique. L'en semble des parois est œdémateux et gris transparent.

Exp. 2 (Polichronie). — Injection intraveineuse de décoction de racine d'Ipéca; vomissements. Mort.

Le 23 mars 1874, Ton injecte dans la veine crurale d'un chien de petite taille le produit de la décoction de 2 gr ,50 d'Ipéca. Véhicule: 20 centimètres cubes. L'injection est faite à 9 h 52. — 10 h 15, Vomissement. — 10* 20. Vomissement. L'animal est affaibli et tend à se coucher. — 10 b 25 et 10 h 35. Nouveaux vomissements. — 11 heures. L'animal ne vomit plus, mais il est triste et reste couché. — 4 heures soir. Le chien a vomi encore une fois dans la cour. Il meurt dans la nuit; il n'a eu ni nouveaux vomissements ni selles sanguinolentes.

Nécropsie. — A l'ouverture du chien, Ton ne trouve aucune altération appréciable d'aucun viscère.

B. Action de l'émétine du commerce.

En se servant de cette préparation per os, Pécholier a constaté les mêmes résultats qu'avec l'Ipéca ; de deux à trois minutes environ après l'administration de l'émétine survenaient des efforts de vomissement souvent fort énergiques. Le diaphragme et les muscles abdominaux se contractaient violemment. Les lapins ne pouvant pas réaliser le vomissement, les choses en restaient là, mais l'action vomitive de l'émétine n'en était pas moins très indiquée. A mesure qu'on répétait les doses sur le même lapin et le même jour surtout, les efforts de vomissement devenaient de moins en moins prononcés et finissaient même par disparaître. Pécholier constatait à l'autopsie une injection considérable de la muqueuse gastro -intestinale. Il a remarqué encore la disparition de sucre dans le foie.

Nous allons citer des expériences de d'Ornellas, de Ghouppe et de Polichronie. Les conclusions de ces au -

teurs sont que Témétine est le véritable principe actif de l'Ipécacuanha ; que, lorsqu'elle est injectée, elle provoque des vomissements au moment où elle s'élimine par la muqueuse gastrique, ce qui est prouvé par le retard du vomissement. Elle occasionne, disent ces expérimentateurs, une inflammation intense de la muqueuse intestinale, et ils en concluent son action substitutive dans la diarrhée et la dysenterie.

Expérience 1 (Ghouppe). — Injection sous-cutanée d'èmétine. Mort en deux jours.

Le 16 février 1874, sur un chien de forte taille, l'on injecte dans le tissu cellulaire sous-cutané et par trois piqûres, la solution suivante: émétine gr ,20; eau, 15 centimètres cubes; alcool, 5 centimètres cubes. Trois heures après l'animal est feùble, triste, mais il ne vomit pas. — 17. L'animal va bien. — 18. Sans que Ton ait fait subir au chien aucune nouvelle manœuvre, il a deux selles sanglantes. — 19. Il va bien, n'a pas eu de nouveau de selles sanglantes; on lui injecte alors sous la peau, en cinq piqûres, la solution suivante : émétine gr ,50; eau, 16 centimètres cubes ; alcool, 9 centimètres cubes. L'animal meurt dans la matinée du 20. A la nècropsie Ton trouve une congestion assez vive de la muqueuse intestinale.

Exp. 2 (Polichronie). — Chien tué en deux heures et demie par injection répétée de petites doses d* émétine.

1874. Chien de moyenne taille, vigoureux. — 2 h 30. Injection sous-cutanée de gr ,10 d'émétine. — 2 h 50. Aucun effet. Injection sous-cutanée de gr ,05. — 3 h 10. Vomissement. Injection de gr ,05. — 3 h 55. Vomissements répétés. L'animal est un peu triste. Injection de 0* r ,05, — 4 h 10. Animal affaibli, ne vomit plus; nouvelle injection de gr ,10. — 4 h 45. Même état, et de plus, un peu d'excitation. Injection de gr ,10. — 5 heures. L'animal meurt sans aucune convulsion après s'être affaibli de plus en plus.

Nécropsie. — Aucune lésion viscérale. L'estomac, le duodénum

et leur contenu sont mis dans l'alcool pour en faire un extrait. On n'y trouve pas d'émétine.

Exp. 3 (d'Ornellas). — Chienne tuée en six quarts d'heure par 24 centigrammes d'émétine en injection sous- cutanée : convulsions et efforts pour vomir atroces et sans résultats; injection rouge noirâtre de tous les viscères ; injection rouge noirâtre de la muqueuse gastrique et intestinale, la rectale étant saine. On démontre la présence de Vèmètine dans le foie.

Le 27 mars 1874. Petite chienne ratière, du poids de 6 kilogrammes, bien portante. — 3 heures. C, 86 à 92. Pouls, 84. R., 16; T. R., 39°, 3; à jeun. — A 3 h 15. Injection sous-cutanée de 24 centigrammes d'émétine. Solution nitrique à 50°. L'injection est faite sous la peau des deux flancs en quatre points différents et de chaque côté, c'est-à-dire en huit seringuées, soit un total de 12 grammes de liquide. — 3 h 43. Vomissement d'une petite quantité de liquide écumeux d'un jaune vert clair ; puis régurgitation. — 3 h 50. Vomissement plus abondant teint par la bile. — 4 heures. L'animal fait des efforts terribles pour vomir et n'y parvient pas. Il se traîne poussé par ses membres postérieurs, parce que les antérieurs ne le soutiennent plus. Les efforts pour vomir continuent sans succès. La chienne se couche de tout son long dans un coin, sans pouvoir se mouvoir. Les souffrances et les efforts pour vomir sont extrêmes.

4 h 5. Couché de tout son long sur le côté droit, comme mourant, l'animal ne parvient plus à vomir malgré ses efforts. Diarrhée. — 4M8. G., 160 à 166; Pouls, 152 à 160; R., 52; T. R. 33*,8. L'animal continue à faire des efforts de vomissement avec état convulsif, qui le fait se traîner et se coucher alternativement. — 4 h 30. Urine abondante. — 4 h 35. Mort.

Nécropsie. — A 4 h 50. La chienne est encore toute chaude. Tous les organes sont congestionnés, couleur violacée et claire presque partout, car partout il y a des congestions. Poumons distendus, par l'air, ils s'affaissent à l'ouverture de la trachée. Ils sont sains, d'une couleur violacée, claire, et quoique gorgés de sang, ils surnagent. Cœur distendu par du sang rouge noirâtre, très liquide.

Les grosses veines sont distendues de même par du sang ayant les mômes caractères. Le cœur est arrêté en diastole. Bouche et œsophage pleins d'écume. Estomac énorme, distendu par une écume très visqueuse; vésicule biliaire distendue par de la bile; duodénum très injecté; jéjunum injecté aussi, mais moins, et sa muqueuse injectée se voit mieux en raclant la couche de mucus adhérente à la surface. Iléon plus injecté, mais perdant complètement l'injection, et se présentant à l'état sain, 15 centimètres avant la valvule iléo-cœcale. Celle-ci est injectée intérieurement, mais beaucoup moins que le gros intestin. Rectum presque sain. Mésentère très gorgé de sang noir dans toutes ses veines. Reins très congestionnés, cerveau et méninges très gorgés de sang noir. L'extrait injecté dans le tissu cellulaire d'un pigeon produit le vomissement.

G. Action de l'émétine pure et de ses sels.

Dyce Duckworth a employé l'acétate d'émétine soit per os, soit en injections sous-cutanées. Nous résumerons plus loin deux de ses expériences. C'est également soit le même sel, soit Témétine pure qu'ont employés dans leurs expériences von Podwyssotzki et Schùtz. Le second a pu obtenir les tracés des contractions stomacales.

Expérience 1 (Dyce Duckworth). — Injection sous-cutanée d'acétate d'émétine sur un chat.

Il injecte une solution d'acétate d'émétine (20 cgr. dans 40 gr. d'eau) en deux places sous la peau d'un chat vigoureux. Au bout de 15'T.R. 40°,1C. — 20' vomissements d'un mucus écumeux (l'estomac était vide). Onze heures après le commencement de l'expérience T. A = 38°,8; T.R. = 40«,1. — 14 h. Injection sous la peau de 7 centigrammes d'acétate d'émétine, T.R. = 39°,?3. L'animal refuse toute boisson et nourriture. Les paupières sont presque fermées. — 19 h. T.R. 38°,88, l'animal pousse des cris. — 22 h. Évacuations alvines de matières liquides; T.R. 39°,4. Les matières examinées au microscope montrent les corpuscules muqueux et

les cristaux de phosphate. — L'animal meurt trente-trois heures après le début de l'expérience.

A la nécropsie, on remarque des ecchymoses aux points d'injection. Poumons non affaissés, couleur normale. Un peu d'emphysème à la partie super o -antérieure, œdème postérieur et un peu de congestion de la trachée. À l'examen du cœur on trouve du sang coagulé dans le ventricule droit. Vésicule biliaire pleine. L'estomac est contracté et rempli de mucosités visqueuses. Sa paroi est congestionnée. Congestion de tout l'intestin, excepté la portion inférieure de l'iléon qui est saine, mais pleine de mucosités. Caecum normal. Côlon congestionné. Rate presque exsangue.

Exp. 2 (Dyce Duckworth). — Ingestion per os d'acétate d'émétine.

On donne 7 centigrammes d'acétate d'émétine par la bouche à un jeune chat vigoureux. Vomissement en 5'. Dépression considérable. Mort en 12 heures après de nouveaux vomissements.

Nécropsie. — Poumons pâles et emphysémateux aux sommets et aux bords antérieurs. Œdème des bases. Congestion légère de la trachée et des bronches. Cœur droit distendu et présentant des caillots. Estomac contracté, sa muqueuse est congestionnée modérément mais uniformément. Injection de la muqueuse intestinale, à l'exception de la partie inférieure de l'iléon, du cœur et du côlon. Foie normal ; un peu de congestion de la veine hépatique.

Exp. 3 (von Podwyssotzki). Injection sous-cutanée cTêmétine.

Gros chat gris. — 9 h 30. Injection sous-cutanée de 2 centigrammes d'émétine — 9 h 55. L'animal commence à se lécher et à éternuer. — 10 h . Il se lèche continuellement. — 10 h 50. Vomissement ; les matières vomies analysées ne contiennent pas d'émétine. — 11 heures. L'animal est tranquille. — ll h 15.11 montre un peu d'inquiétude. — ll h 51. L'animal a repris son calme* et môme sa gaîté.

Exp. 4 (von Podwyssotzki). Injection sous-cutanée d'émétine. Gros chat noir. — 10 h 40. Injection sous- cutanée de 4 centigrammes d'émétine. — 10 h 50.11 commence à se lécher et à miau-

1er. — li h 10. Vomissement et selles. — ll h 25. Vomissement, Tanimal se lèche continuellement et fait de continuels efforts pour vomir. — il h 45. Vomissements répétés. — ll h 50. Selles et émission d'urine accompagnées d'une grande faiblesse. Pendant la nuit, rien d'extraordinaire. — 10 h 45 du matin. Nouvelle injection de 10 centigrammes d'émctine. — 11 heures. L'animal se lèche très souvent. Il se met à gémir vers ll h 30. — ll h 35. Vomissement. — ll h 45. Vomissement de glaires écumeuses. — l h 10. Faiblesse extrême, tremblements. Minuit, mort.

La nècropsie montre dans les intestins, jusqu'au côlon, ainsi que dans l'estomac de nombreuses traces ecchymotiques rouges et une congestion des capillaires. La base de l'un des poumons est un peu hyperhémiée.

Bxp. 5 (von Podwyssotzki). — Injection sous-cutanée de 5 centigrammes cfémétine. Mort.

Gros chat brun. — ll h 30. Injection sous-cutanée de 5 centigrammes d'émétine. — 3 h 30. Gomme il ne s'était passé aucun phénomène, nouvelle injection de 5 centigrammes. — 4 h 5. Vomissement muqueux se répétant à 4 h 20, 4 h 30, 4 h 35, 5 h 30, 5 h 40. Enfin l'animal reprend son calme, mais meurt le lendemain à 6 heures du matin.

La nècropsie montre une hyperhémie de tout le tube intestinal.

Von Podwyssotzki cite encore un certain nombre d'expériences faites sur des chats et qui conduisent au même résultat.

Exp.6(von Podwyssotzki). — Injection sous -cutanée d'émétine.

Chien caniche de taille moyenne. — 9 h 45. Injection sous-cutanée de 5 centigrammes d'émctine; T. R.39°,l. — 10 h 45. Vomissement, T.,R. 30° ,9. — ll h 55. Vomissement de matières très liquides et écumeuses se reproduisant à ll h 45. — 12 h 45. T. R. 38° ,7. Nouvelle injection de 4 centigrammes d'émétine. — 3 h 5. Vomissement; T. R. 38° ,7. L'animal est faible, selle verdAtre. Vomissements se reproduisant le lendemain ; dans la seconde nuit, selles sanguinolentes. —3 e jour, 9 heures du matin. Écoulement rectal

continu muqueux et sanglant. T. R. 32°, 5. Faiblesse extrême. — 4 heures. Mort sans convulsion.

Nêcropsie — Muscles de couleur foncée, secs ; sang liquide et de la couleur du goudron. Cœur très distendu. Muqueuse trachéale très sèche. Muqueuse stomacale hyperhémiée. On trouve dans l'estomac des glaires noirâtres ou d'un brun vert. Muqueuse intestinale d'une teinte écarlate foncé ; elle est couverte de glaires sanglantes. La congestion du caecum est moins forte ; elle diminue encore dans le reste du gros intestin.

Les mêmes lésions ont été observées par Podwyssotzki dans uu grand nombre d'autres expériences.

Exp. 7 (Schûtz). — Action de Vèmétine sur les contractions de l'estomac, étudiées après la mort.

Chien de taille moyenne. — i(P 45. Injection de 12 centigrammes d'émétinedansla jugulaire : inquiétude, convulsions.— 10 h 50. Etat comateux, battements du cœur très fréquents mais faibles; ralentissement de la respiration. — 10 h 55.Mortparhémorrhagie. — 11 heures. Ouverture delà cavité abdominale; les mouvements péristal tiques de l'intestin ne sont pas exagérés.

ll h 1. Introduction de l'estomac dans la chambre humide. Cet organe montre aussitôt des contractions vives, atypiques (en long et en travers) ; des constrictions ont lieu en divers points, surtout au cardia et au pylore, soit en même temps, soit séparément. Les contractions qui se montrent en divers points donnent à l'estomac une forme irrégulière ; mais il n'y a pas de changement de forme persistante pendant le repos. Une heure après l'introduction de l'estomac dans la chambre humide on observe encore des contractions spontanées. L'excitabilité électrique est normale.

Les expériences que nous avons faites, avec l'aide de M. le professeur Morat, sur l'estomac des grenouilles n'ont pas pu nous donner de conclusions précises, car sous l'influence de n'importe quel liquide (le lait lui-même, l'eau

salée, etc.)restomac de la grenouille se contracte, Faction de Tlpéca ne peut donc produire qu'un effet du plus au moins très difficile à apprécier, même à l'aide des graphiques.

En résumé, on peut voir d'après les expériences que nous avons citées plus haut que ïlpécacuanha et Y entérine agissent sur le tube digestif en irritant fortement la muqueuse gastro-intestinale et en excitant les contractions stomacales ainsi que les mouvements péristaltiques de l'intestin. En même temps ces substances augmentent la sécrétion des glandes de la muqueuse. Nous verrons plus tard quelle importance peut avoir la connaissance de ces faits physiologiques pour l'explication de l'utilité de l'Ipéca dans la diarrhée et la dysenterie.

Les contractions de l'estomac, sous l'influence de l'Ipéca, produisent le plus souvent le vomissement. Nous verrons à la fin de ce chapitre qu'il y a là aussi, à n'en pas douter, une action de l'Ipéca sur le système nerveux.

Etudions maintenant l'action de l'Ipécacuanha sur les annexes du tube digestif, et tout d'abord son action sur le foie. Pécholier avait remarqué, ainsi que nous l'avons dit que le sucre diminuait dans le foie des animaux soumis à ses expériences. Rôhrig, Rutherford, Vignal, Labbé, Dodds, ont étudié avec soin l'action de la substance qui nous occupe sur la sécrétion biliaire. Rutherford fut conduit à ces recherches par l'observation que l'Ipéca donne lieu à des évacuations contenant une forte quantité de bile. Il fit avec l'aide de Robert Ghristison des expériences sur des chiens avec des doses variant de 20 centigrammes à 4 grammes de poudre d'Ipéca. 11 obtint une hypersécrétion biliaire. C'était bien là une excitation de la fonction

hépatique, car, le canal cystique ayant été lié, on ne pouvait attribuer cette émission de bile à la contraction de la vésicule biliaire ; on ne pouvait lui attribuer comme cause la contraction des canaux biliaires, car l'hypersécrétion se prolongea trop longtemps. Rutherford conclut de ses expériences que Tlpécacuanha possède à un très haut degré le pouvoir d'activer la sécrétion de la bile. Les travaux des auteurs cités plus haut n'ont fait que confirmer ces données, et nous verrons que ces recherches physiologiques, ont reçu en Angleterre et en Amérique une large application thérapeutique.

Page 1