‹ Étude des Laryngocèles: Pathogénie; Traitement ChirurgicalChapitre 17 sur 31 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

çoivent alors que l'enfant porte à la partie antérieure du cou, sur la ligne médiane, une petite tumeur de la grosseur d’une noisette. Cette tumeur, complètement indolore, augmente de volume les jours suivants. L’enfant est hospitalisé aux Enfants Malades. Examen à l’entrée : L'état général est médiocre. A la partie antérieure du cou : on remarque une tumeur globuleuse s’étendant sur la ligne médiane, de l'os hyoïde au creux sussternal. Cette tumeur s'étale de chaque côté sur les parties latérales du larynx. Elle monte et descend, pendant les mouvements de déglutition. Elle n’augmente pas de volume pendant les cris ou pendant l’effort. À la palpation, elle est fluctuante dans toute son étendue. Sonore à la percussion, elle est irréductible sous une pression même prolongée. Elle n’est pas pédiculée. Elle est adhérente par une large base à la partie antérieure ou latérale du conduit laryngo-trachéal. La peau est normale, sans adhérences, bien mobile sur la tumeur.

L'enfant est presque aphone. Il jette cependant de temps à autre des cris un peu aigus. La respiration et la déglutition sont plus gênées à certains moments qu’à d’autres et une fois, on a pu constater que la tumeur du cou avait une tension supérieure à celle qu’elle possédait antérieurement.

Le diagnostic de tumeur gazeuse du cou étant posé, l'intervention est pratiquée en février par le P' Broca : incision verticale, médiane sur la tumeur. Aussitôt la poche ouverte il s’en échappe de l’air qui était sous une tension légère et les parois s’affaissent. On cherche avec le plus grand soin un orifice fistuleux mais on n'en

EP

trouve aucun. Au moment où on cessait les recherches, l'enfant se contracte violemment et on entend un petit sifflement qui se produit nettement sur la base adhérente de la tumeur au-dessus du bord supérieur du cartilage thyroïde. On fait, sans résultat, de nouvelles recherches de l’orifice fistuleux. On excise une partie de la poche qui est très adhérente aux tissus sous-jacents. On draine sans suture la cavité avec de la gaze iodoformée. Les suites opératoires sont normales. L'enfant quitte l'hôpital après une quinzaine de jonrs. Il persiste un petit trajet fistuleux du cou et, pendant les efforts de l’enfant, on entend en cetendroit, un léger sifflement qui S’accompagne quelquefois de l'émission de bulles gazeuses. Les troubles de la voix persistent aussi accusés. Quant aux troubles de la déglutition et de la respiration, ils ont disparu.

L'enfant vient régulièrement aux pansements et ilest toujours possible de constater la persistance du trajet flstuleux par l'existence du sifflement et l'émission de bulles gazeuses quisortent au dessus du bord supérieur du cartilage thyroïde.

Deux mois après, l’enfant présente encore son trajet fistuleux qui résiste à toutes les cautérisations.

L'examen histologique de la paroi de la poche montre que celle-ci est formée d’unecouche externe musculaire et d’une couche interne fibreuse. A l’intérieur de la paroi, on ne parvient à découvrir aucune couche endothéliale. ;

Dans cette observation de Broca où l'intervention a donné un mauvais résultat, remarquons que cet examen

Le histologique n’a pas montré au niveau de la poche l’épithélium cylindrique caractéristique de la laryngocèle vraie.

Obs. XIII (PELLETIER TH. Paris 1900).

Laryngocèle survenue chez un phtisique. Constata-. tion d’une ulcération tuberculeuse du larynx et d’une fissure du cartilage thyroïde à l’autopsie. |

D. Eugène, âgé dé 22 ans, entre le 25 janvier 1900 à l'Hôpital St-Antoine. Il présente des symptômes de tuberculose pulmonaire avancée avec cavernes voluimineuses au niveau des poumons et, de plus, des symptômes de tuberculose laryngée : dysphonie, douleurs à la déglutition,douleur à la pression au niveau du larynx. Au moment de l'entrée à l'hôpital il n'existe pas de tumeur au niveau du cou. C’est seulement le 15 février que l’on reconnaît par hasard la présence d’une tumeur arrondie, grosse comme un œuf de pigeon, située sur la ligne médiane, au niveau du cartilage thyroïde. Cette tumeur est indolore. La peau est saine à son niveau. Les téguments sont mobiles sur Ja masse. La percussion révèle de la sonorité. Sous l'influence de la toux, la tumeur augmente de volume. Une: pression soutenue arrive à la réduire lentement etavec peine. A la suite d’une quinte de toux, elle reparaît aussi volumineuse qu'avant la réduction et avec les mêmes caractères.

Depuis l'apparition de cette tumeur, le malade est devenu presque complètement aphoné. Il meurt d’ailleurs quelques jours plus tard.

À l’autopsie, la tumeur a beaucoup diminué de volume et on observe au devant du larynx une saillie peu appréciable. On dissèque avec soin la région laryngée. Les plans aponévrotiques sont intacts. A peine sont-ils incisés que la tumeur ‘disparait complètement. Arrivé sur la face antérieure du larynx, on aperçoit une petite fissure, à la partie antérieure du cartilage thyroïde. Cette fissure, à peine visible, siège sur la ligne médiane au-dessousde l’échancrure du bordsupérieur du cartilage qu’elle semble continuer. Le larynx est ouvert : les replis aryténo-épiglottiques sont gonflés. L’épiglotte ‘est émaciée et très rouge. Les cordes vocales sont infiltrées et présentent quelques érosions. A la face postérieure du cartilage thyroïde, dans l’angle rentrant de ce dernier, entre les insertions antérieures des cordes vocales

supérieures et inférieures, on remarque une ulcération profonde. La muqueuse.et le cartilage sont détruits à ce niveau. Un stylet introduit avec précaution dans celte ulcération ressort par la fissure à la face antérieure du cartilage thyroïde.

Examen histologique ; des foyers caséeux, des granulations tuberculeuses existent au niveau de l’ultération. La paroi antérieure de la poche est formée d’une couche de tissu fibreux doublée d’une couche de tissu musculaire.

Pelletier donne de ce cas l'interprétation suivante : la muqueuse et le cartilage thyroïde étaient perforés dans toute leur épaisseur. L'air pouvait passer à travers le petit trajet situé au niveau de l’ulcération et envahir le tissu cellulaire lâche compris entre le larynx et le plan

aponévrotique résistant formé par les aponévroses süperficielle et moyenne. Il ne‘pouvait vraisemblablement diffuser dans le tissu cellulaire du cou à cause des adhérences de l’aponévrose moyenne aux plans sous-jacents.

En haut, l’aponévrose cervicale moyenne adhère en effet à l’os hyoïde. En bas,elle adhère à l’isthme du corps thyroïde qui est lui-même fixé à la trachée par des adhérences. Latéralement, cette aponévrose fournit des gaines aux muscles sous-hyoïdiens.

Elle est reliée aux plans profonds au niveau des lobes latéraux des cartilages thyroïdes et, plus haut, au niveau des muscles thyro-hyoïdiens. Ilen résulte la formation d’une loge bien limitée, remplie de tissu cellulaire lâche et dans laquelle l'air peut facilement s’épancher.

Dans ces trois observations l’explication que nous proposons ne semble pas satisfaisante mais, à vrai dire, s'agit-il bien ici de véritables laryngocèles ?

A l'exception de ces trois derniers cas, toutes les observations de laryngocèle se caractérisent par les faits suivants : |

Développement à l’intérieur du ventricule de Morgagni ou de son prolongement : l’appendice.

Absence au niveau du larynx de toute solution de continuité autre que celle en rapport avec une disposition congénitale.

Développement à la faveur d’une surpression intralaryngée, marquant surtout ses effets sur la muqueuse

Page 1