FORMATION DES FISSURES
de la Montagne Pelée ; dans 111e de Nossi-bé, ces lacs sont très poissonneux.
32. Formation des fissures. — Lorsque le cône volcanique est très élevéi quelque soit la nature du cratère^ il peut arriver que le poids de la colonne délave dans la cheminée soit tel qu'il détermine la formation de fissures sur le flanc ou au pied de la montagne. Il en sera de même si les bouches en activité sont insuffisantes à l'évacuation des produits volcaniques.
33. Colonne de fumée (^). — L'éruption, proprement dite, débute par l'émission d'une colonne gazeuse, noire, qui s'élève verticalement à des hauteurs prodigieuses puis s'étale en un panache horizontal.
La hauteur de la colonne de fumée du Krakatoa en 1883 atteignit 14 kilomètres ; celle du Gotopaxi en 1877, 8 kilo, mètres et celle du Vésuve en 1877, 3 kilomètres.
La colonne s'élève verticalement, et sa puissance de projection est telle que les ouragans les plus violents ne peuvent la détourner.
Lors de sa sortie, elle projette des débris de la cheminée souvent à des distances considérables, et presque aussitôt après des cendres.
Sa couleur noire est due aux cendres qu'elle entraine et son opacité est telle qu'elle éteint complètement les rayons solaires transformant le jour en une nuit obscure.
Elle parait, la nuit, éclairée par intermittence, en reflétant les lueurs de la mer de lave en fusion qui bouillonne dans le sein du volcan.
Sa composition est très complexe et mal connue par suite de l'impossibilité de l'approcher d'assez près pour en faire
(1) Voir au no 70.
32 LES ÉRUPTIOxNS VOLCANIQUES
des prises : on sait néanmoins qu*elle contient beaucoup de vapeur d'eau, des acides carbonique, sulfureux, sulfhydrique, de Thydrogène libre et probablement des hydrocarbures.
34. — La présence deThydrogène fut très controversée, mais elle a été confirmée par îles analyses spectrales faites à Santorin et à Hawaï par M. Janssen.
Cet hydrogène, quand il existe, s'enflamme dans Taîr et produit une partie des flammes dont l'existence a été niée jusqu'aux expériences de Janssen et que Ton croyait n'être que des réflexions lumineuses.
35. — Des éclairs jaillissent fréquemment entre la colonne de fumée et les nuages. Ils sont dus à ce que les phénomènes de la vaporisation d'un liquide, de la détente brusque d'un gaz échaufl'é sont accompagnés de Télectrisalion des particules gazeuses.
Les orages volcaniques concentrés tout autour de la colonne de fumée sont particulièrement violents par le nombre et Péclat de leurs éclairs ; ils frappent d'épouvante les populations avoisinantes.
Les bruits souterrains n'ont point cessé et ils ne cesseront pas durant la phase aiguë de l'éruption.
36. Projeclions de débris. — Dès sa formation, la colonne de fumée lance des débris et des cendres, mais les premiers pourront n'apparaître que pendant les premiers instants. Les cendres font souvent défaut dans les éruptions purement boueuses qui déterminent une catégorie spéciale de volcans dont il sera traité à part.
Ces débris sont, pour une partie, formés de morceaux du sol tombés à l'intérieur du cratère, lors de l'explosion première et pour une autre partie de blocs arrachés aux pro-