TEMPÉRATURE DES LAVÉS
SOUS la pression des gaz, d'où les explosions et les projections signalées plus haut. Les bords du lac conservant leur fluidité, le magma s'écoule par la partie la moins élevée des bords du cratère qui se creuse par Tentraînement de ses matériaux par le courant de lave, et devient un cratère égueulé.
L'épaisseur et la résistance de la croûte formée au centre du lac de lave sont souvent suffisantes pour retenir les débris retombés des explosions. Un second cône de débris peut alors s'élever à l'intérieur du cratère primitif et il pourra rejeter des gaz et de la lave.
Le fleuve de lave descend la pente du cône, franchit les obstacles du sol et gagne la vallée sans que les ravins, les rivières, les maisons soient un obstacle à sa marche : il renverse ce qu'il ne peut tourner ou franchir.
La nuit il ressemble à un trait de feu, et la journée à un ruisseau de miel.
Son allure est en rapport avec sa fluidité, et partant sa teneur en silice.
5!^. Températupe des laves. — Elle est beaucoup moins élevée que Tesprit est porté à le supposer; elle dépend, naturellement, de la teneur en silice et de la composition et elle est d'autant moins élevée que la lave est plus basique.
Des expériences de MM. Fouqué et Michel Lévy (*) il résulte que la reproduction des laves à leucite exige une température voisine de celle de la fusion du platine, soit 1.900o C, ai la formation des laves à anorlhite au moins 1.600** C. MM. Fouqué et Michel Lévy ont fait la synthèse de laves à labrador à la température de ramollissement de l'acier, et <îelle de néphélinites à la température de fusion du cuivre.
{*) Fouqué et Michel Lévy. — Synthèse des Roches et Minéraux,
6i LES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES
Il est donc probable que, dans les profondeurs, les températures correspondantes à ces diverses variétés de laves sont au moins celles qui furent nécessaires à leur reproduction, mais on n*a jamais pu les mesurer.
Ce que Ton sait, c*est la température après épanchement qu*avaient certaines coulées que des observateurs ont pu approcher.
Au Vésuve, en 1868, Sainte-Claire De ville fit fondre un fil de fer dans la lave, ce qui implique une température voisine de 1.100° C. En 1794, une coulée du Vésuve fit cristalliser de Targent et avait donc une température d'au moins LOOD"" G.
En 1892, Bartoli mesura avec soin la température de la lave de TEtna et trouva 1.000° C à la sortie et 800^ G à i kilomètres du point d'émission.
Par contre, Banney (^) signala, en 1888, une coulée basique dont la température était de OTO"" C.
53. Coulées de laves, lloraines. Cheires. Grottes. Tunnels. Orgues. — Un courant de lave visqueuse coule en masse épaisse, large de front; il se solidifie rapidement — du moins à Textérieur — et ne parcourt qu'une faible distance.
Le dégagement des fumerolles communique à la lave une texture buUeuse et le grand axe des vacuoles coïncide avec la direction de Técoulement.
La surface extérieure se prend en une couche scoriacée, tout d'abord flexible, qui suit les ondulations de la partie liquide ; mais, bientôt, devenue trop épaisse, elle perd sa flexibilité, se fissure, se brise. Les débris de cette gaîne scoriacée poussés par le courant de lave se dressent, montent les uns sur les autres pendant qu'une nouvelle couche de lave se solidifie et les fixe pour toujours dans la position qu'ils occupaient.
(1) Brit. Ass. 1888.