COULÉES DE LAVES — MORAINES
Là partie inférieure de la gaine scoiîacée adhère plus ou moins au soi, et sa vitesse est ralentie sans que celle de la paroi supérieure en soit affectée. Cette dernière subit, de ce fait, un mouvement de bascule, passe au front, s'y brise et tandis qu'une partie de ses débris vient s'ajouter à la moraine frontale, Tautre passe en-dessous de la coulée.
Des débris du sol cheminent sur les flancs de la coulée et, à l'avant, la lave entasse devant elle et repousse un amas de débris et de scories, véritable moraine frontale pouvant atteindre 10 mètres de hauteur.
La surface des coulées acides est hérissée de blocs scoriacés et c'est principalement au front que cette accumulation se produit en donnant à la masse Taspect déchiqueté caractéristique des Cheires d'Auvergne et des Sciarre de l'Etna.
L'arrêt du courant de lave ne suit pas celui de l'émission.
Le poids de la colonne liquide exerce une pression sur le front qui continue à avancer en entraînant les parties d'amont; mais tandis que l'effet de la pression interne communique au front une grande compacité, les parties d'amont soumises au seul effet de la pesanteur se divisent en blocs de moindre compacité, et la coulée présentera, à son origine, des solutions de continuité.
La prise en masse commence au front qui se transforme en une roche compacte, à grain fin qui, lorsqu'elle est un peu épaisse, montre un réseau de fissures verticales s'arrêtant à une certaine hauteur.
Les parties de la coulée prises dans une fente du sol ou du cône de débris présentent un réseau de fissures perpendiculaires aux parois enveloppantes, et par suite, de même sens que la pression exercée sur elles.
Un refroidissement rapide communique à la lave une structure prismatique régulière ; la matière ne cristallise pas, dans l'acception propre du mot, elle se fissure suivant
des directions constantes et se subdivise en prismes à six pans dont Taxe principal est perpendiculaire à la surface de refroidissement.
Ce phénomène se produit quand un filet lavique pénètre une anfractuosité du sol, sinsinue en dyke au travers des couches antérieurement déposées, débouche dans la mer, dans un lac, dans une rivière : Taxe des prismes est perpendiculaire aux parois encaissantes, à la surface de Teau.
La subdivision prismatique n'affecte que les parties brusquement refroidies et c*est ainsi qu'elle s'atténue à partir du rivage d'un lac envahi par la lave pour disparaître à SOO mètres de là. Sur une coulée du Vésuve elle ne se manifeste plus à 300 mètres de la mer.
Telle est l'origine des colonnades basaltiques d'Ecosse, d'Islande, d'Auvergne ; celles-ci sont désignées sous le nom d'orgues et les plus réputées sont situées à Espaly, près du Puy, et à Bort.
Les gaz des fumerolles établies sur les coulées trouvant parfois à leur sortie une trop grande résistance s'accumulent à l'intérieur en une énorme bulle gazeuse qui creuse une cavité dans la masse. Cette dernière, par ses dimensions, mérite souvent le nom de grotte ; on en connaît dont le volume est de plusieurs mètres cubes.
C'est à la même cause ou à des explosions avortées que l'on attribue la formation des cônes creux que l'on rencontre parfois sur les coulées.
54. — Les laves basiques s'épandent plus facilement que les précédentes; elles descendent en longues traînées visqueuses, s'avancent plus au loin, comblent des vallées, s'infiltrent facilement dans les fissures du sol et se solidifient en gardant souvent l'aspect extérieur qu'elles avaient à Tétai fluide.