‹ Étude des phénomènes volcaniquesChapitre 53 sur 105 · SALSES DU CAUCASE · texte numérisé non relu

SALSES DU CAUCASE

A Tempilota, le nombre des cônes augmente pendant les périodes de tremblements de terre; des torrents de boue et des gaz s'épanchent, puis le sol s'ouvre suivant une direction E-0, toujours la même.

146. Salses des Apennins. — Près de Modëne^ elles sont distribuées sur une ligne à peu près parallèle à la direction des Apennins, E-0 17® N, et à une faible hauteur au-dessus de la plaine.

Celle de Sassuno est très ancienne car Pline en cite les méfaits.

En 1660, 1789 et 1838 elle provoqua des désastres.

En 183S, après de violentes secousses de tremblements de terre, la salse rejeta plus de 10 millions de mètres cubes de boue qui se recouvrirent d'efflorescences de sel marin.

Elle est voisine des sources de pétrole de Monte-Zubio connues depuis la plus haute antiquité.

IdV. Salses du Caucase. — Aux deux extrémités de la chaîne, dans la presqu'île de Bakou, d*origine volcanique, à TEst, et dans la contrée marécageuse entre Taman et Kertch à l'Ouest, les salses sont nombreuses et jaillissent de cônes relativement élevés puisque leur hauteur varie de 150 à 300 mètres.

Le centre d'activité principale est au N-E de Bakou, au bord d'un étang salé de 7 kilomètres de longueur, et la fissure qui livre passage aux gaz se prolonge sous la mer Caspienne.

Près du cap Schirkow, au sud de Bakou, un dégagement de gaz perce au travers des eaux si violent qu'il est un danger pour les embarcations légères, et quand par hasard il s'enflamme, seules une tempête ou une pluie violente et prolongée peuvent l'éteindre.

Si, en Sicile, certains attribuent les salses à la réaction du

LB8 ÉRUPTIONI T0LCAN10UE9

e bitume avec formation de calciie, de aoufre et e carburé, celle explication ne saurait s'appliponcaucaaique qui renferme, du reste, un ancien nont Elbrouz, dont l'activité régnait an temps aspienne et la mer Noire étaient réunies.

Etge des salses renferme des sonrces thermales :e8 de pétrole.

ïysmes sont annoncés par des mouvements du bruits souterrains ; les explosions de boue sont es et suffisamment abondantes pour former des a mer Caspienne quand les salses sous-mariaes feu.

îr MfH^e. — C'est de toutes les salses la plus et, bien que ses dégagements gazeux soient s aujourd'hui, nous lui consacrerons une courte due aux particularités qu'elle présente, je un bassin d'effondrement ; le niveau de l'eau nètres et le fond à SOO mètres au-dessous du 1 Méditerranée et la superficie qu'elle couvre est lomfetres carrés. Elle est entourée de falaises

é de l'eau varie, suivant les endroits, de l,i62 3rps humain surnage.

le niveau des eaux était beaucoup plus élevé ; de marne et de sel gemme des collines voisines

Dsition de ses eaux est particulière, et la diftémers. Elle contient deux fois plus de NaCI et 18 de MgCI que la Méditerranée, mais ne renferme elle renferme du KCl et KBr, ce dernier à raison rammes par litre, et cela d'autant plus que l'on à une plus grande profondeur, ces thermales très nombreuses dans la contrée

MOFETTES t03

Oui une composition analogue ; celles de Thibériade contiennent du KBr et des matières organiques.

Du temps de Strabon. Teau de la mer Morte dégageait un gaz ternissant les métaux, puis, parfois, elle entrait en éboUition, après quoi on voyait surnager des morceaux de bitume.

Aujourd'hui, Tébuilition des eaux est rare, mais comme jadis, quand elle se produit, des flaques de bitume viennent surnager (^). En quelques points de la surface, des bulles d'hydrogène sulfuré viennent crever.

Le bitume que l'on exploite suinte dans les calcaires, les dolomies et le tuf salin de la falaise orientale;

149. Mofettes. — C'est la dernière manifestation du volcanisme sous la forme d'un dégagement d'acide carbonique seul ou mélangé de vapeur d'eau, à la température de l'air ambiant ou à une température plus élevée.

Il en existe un peu partout : en France, on en trouve à Royat, à Clermont, à Pontgibaud.

Même à l'heure actuelle, des dégagements d'acide carbonique sortent en mains endroits du sol volcanique d'Auvergne, et aux mines de Pontgibaud une ventilation énergique était nécessaire pour protéger les ouvriers contre les infiltrations de l'acide carbonique.

En Allemagne, dans YEiffel, près du lac de Laach, on en compte plus de 1.000 qui sortent de grottes ou d'entonnoirs; à Java, entre autres à la vallée de la Mort, sorte d'entonnoir de 30 mètres de diamètre ; au Parc National àQ Yellowstone, près d'un étang d'où sortent les gaz sulfhydrique et carbonique, dans un ravin de 75 mètres de longueur; en Islande, sur les bords du golfe FaxQy près du volcan Snœfellsness éteint avant l'époque historique.

(1) Urtet. — Bull. s. G, F, (2) XXU, p. 420 et XXIII, p. 7W.

150« — À nie Saint-Paul, les mofettes sortent de sources thermales (voir n^ 266)9 de la mer et du sol, à une température de 50 à TS^" G à Textérieur, qui s élève à ^ùi^ G à quelques centimètres de profondeur pour ne plus croître ensuite que très lentement.

M. Velain a constaté que la température des gaz suit la hauteur de la marée pour atteindre son maximum au moment de la pleine mer.

Elles sont formées, en volume, de ^ de vapeur d'eau ; leur composition en poids, Teau exceptée, est la suivante :

co« . • 97

Az 2,15

Ces gaz sont très acides et attaquent les roches avec formation d'argile, d'opale de toutes les variétés que Ton trouve sur le sol ou dans les cavités des roches. Souvent l'opale enveloppe de la tridymite.

Les mofettes qui débouchent au fond de la mer donnent d'autant plus d'acide carbonique et d'autant moins d'oxygène que le prélèvement aura été fait à plus grande profondeur, ce que fait bien ressortir le tableau ci-dessous :

Az

Echantillon pris à la surface

» » une profondeur de 25 mètres.

Les mofettes les plus chaudes contiennent : pour 100 parties de gaz, 95 d'acide carbonique et 5 d'azote.

151. — On en rencontre plusieurs en Italie qui purent être étudiées avec précision.

MOFETTES 103

A la Grotte du Chien (*), le 28 juillet 1856, les gaz étaient à la température de 29® C et formés de 74,8 à 78,1 pour cent d'acide carbonique et pour le reste d*air pauvre en oxygène.

152# — Le même jour, à la Grotte tf Ammoniaque y la température était de 32"* C et la teneur en acide carbonique de 85,8 pour cent.

153. — Au lac d'Agnano, la teneur en acide carbonique atteint 98 pour cent.

154. — Les Etuves de Néron j creusées dans le tuf, à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, se composent de plusieurs chambres réunies par des couloirs tortueux.

La partie supérieure de la chambre, à partir de la hauteur de l'",80 au-dessus du sol, est occupée par de la vapeur d'eau salée, exempte d*acide carbonique dont la température se maintient vers 42'',5 C quand celle de Textérieur est de 26'',5 et dont la teneur en oxygène est très voisine de celle de Tair.

155. — Tandis que les solfatares et les geysers, qui ne sont en résumé que la même sorte de fumerolle mais sous deux aspects différents, accompagnent les laves acides à la venue desquelles elles semblent avoir coopéré (^), les mofettes qu'on peut attribuer à l'oxydation du carbone du bain métallique, sont au contraire dans le voisinage de laves basiques. Il semble donc que, dans le laccolithe interne, l'abondance des éléments volatils a diminué avec la profondeur, depuis la couche supérieure constamment brassée par les gaz jusqu'au résidu métallique du fond (').

(2) Db Lapparent. — TraVé de géologie, p. 484.

(") DbLaunay. — Formation des gîtes métallifères ^ p. 33.

LES ÉRUPTIONS VOLCANIOUES

Terrains ardents. — Oa désigne amsi des loeas lesquelles les gaz que oons avoDs renccmlrés daofl Lares, les geysers, les salses, sortent d'un sol sec. lenais en renrerme plusieurs.

iffazso, ies terrains ardents sont sur la crête des

Snolo renferme quatre foyers distincts dans on sol et bouleversé.

Fentalues ardentes. — Le dég^ement de ces

ravers de l'eau produit les fontaines ardentes.

e Gaggio, un groupe de 5 sources thermales, situées

vallée, sortent d'un sous-sol de grès et dégagent un

mmable.

la composition, d'après MM, Fouqué etGorceix ('),

le 5 fontaines situées à Poretta :

iiignsUon

Aï

HS

traces

rdû

nés de ces fontaines répandent une forte odeur de l'où l'on a conclu que le gaz des marais C»H* y est Igné d'hydrocarbures liquides.

— Les terrams et les fontaines ardents soot très IX dtins la région de Bakou et ea Asie ; les Etatspossèdent aussi, an voisinage des gisemmts pétrolout certains ont été aménagés industriellement re servir les gaz hydrocarbures au chauffage et à je des villes voisines.

LXIX, p. M7.

Page 1