DOMES D'INTUMESCENCE — COURONNES
Nous avons Indiqué sommairement, IP Partie, Chap. I, les modes de formation du cratère et du cône volcanique. Mais en raison de Tintérêt spécial attaché aux divers procédés mis en jeu parles forces internes, et des conséquences qui en résultent, nous reviendrons ici plus en détail sur ces phases de la vie volcanique.
150. Cratères de fracture- — C'est le cas le plus fréquent. L'ébranlement causé par les secousses de tremblements de terre joint à la poussée exercée par les gaz provoquent une déchirure du sol de la plaine ou du flanc de la montagne.
La sortie violente des gaz et des projections attaque les parois de la fissure, Télargissent dans ses parties faibles et finalement produisent un gouffre, un cratère.
160. Cratères d'explosion. — Les appareils de cette catégorie se rencontrent un peu partout, mais presque toujours sur des volcans à laves acides.
LBS ÉRUPTIONS VOLCANIQUES
ime leur dénomiDatioD l'indique, ils aonl le résultat explosion qui projeta dans les airs un Tragment généent circulaire de la surface du sol ; des fissures Dent tout autour de l'ouverture. Ils se forment dans ontrée vierge jusqu'alors de manifestations voicai, comme ils peuvent aussi se produire sur un ancien
le cratère se forme sans phase préparatoire ; il naît en stant et généralement avec les dimensions qu'il cou- -a par la suite.
si, l'explosion toujours des plus violentes atteint-elle iiefois une intensité que l'imagination n'ose même voir, dans les montrées oti les émissions de laves font
1. — Les Maare de PEiffel (voir n' 31) sont des es d'explosion taillés dans le schiste et le grès dévo-
Fig. li
(flg. 14). Les assises sédiraentaires n'ont point été gées et présentent une section très nette.
maar de Gemûnd mesure 400 mètres de largeur, très de profondeur et ne porte pas de traces de coulées ;
CRATÈRES d'effondrement 109
mais autour, on rencontre un tuf volcanique avec débris de schiste intact et enveloppé dans une gaine vitrifiée.
Le maar de Gillenfeld est entouré d'une ceinture de débris volcaniques mesurant 45 mètres de hauteur, incliné de 45" vers l'intérieur et de 35* vers Textérieur.
Le 7naar de Weinfeld mesure 520 mètres de longueur. 360 mètres de largeur et 102 mètres de profondeur et celui deUfeerfeld, 900 mètres de longueur, 700 mètres de largeur et 200 mètres de profondeur.
En Auvergne, le gour de Tazenat^ près de Manzat, a été ouvert par explosion dans un granit à grain fin qui, sur les trois quarts du périmètre, forme une falaise haute de 90 mètres. Il mesure 700 mètres de longueur et 66 mètres de profondeur.
16î8. — C'est dans les îles de la Sonde, où rarement les laves s*épandent, que les explosions sont les plus violentes.
Le Pic de Timor, que Ton apercevait à 450 kilomètres de distance, sauta en 1638.
Le Roe7i, à Java^ fut dispersé en une nuit, en 1586, et anéantit 10.000 habitants.
A la place du Papandajan, on trouve un gouffre, immense solfatare en activité, mesurant 25 kilomètres sur 10.
Le Krakatoa, dans l'île du même nom, près de Java, fut projeté en i883. Il disparut sous les eaux entraînant 20 kilomètres carrés de File, et 18 kilomètres cubes de débris furent dispersés dans tous les sens par la violence de l'explosion.
163. Cratères d'effondreineiit. — On connaît quelques bouches volcaniques qui furent creusées par un affaissement du sol dû à Tune des deux causes suivantes : échauffement puis affaissement d'un massif de laves antérieures, très fusibles — exhaussement d'une masse de laves ignées puis, la poussée interne venant à diminuer,
110 LES ÉBUPTIONS VW^ÀHIQUBS
alTaisMmeDl d« !a partie ceatrale avec formation d'une cavité cratériforme.
164. — A la première catégorie appartient le cratère du iCilaupa. anx tles Sandwich.
est creusée dans des laves très fusibles dont les it conservé leur stratification horizontale ; ses 1 verticales. On ne trouve point, dans les alenaces de projections violentes, rmation de celte opinion, il faut tenir compte de volcan voisin Mauna-Lea, en activité, est à es au-dessus du Kilauea et que l'on a vu, en Iroîts de llle, se produire des effondrements de xes de profondeur.
L'origine du Grand Brûlé, à la Réunion, semble
ne.
e est au centre d'un cirque de 10 kilomètres de
le 230 à 300 mètres de hauteur, à parois verti-
ant voir les tranches des coulées de laves super-
ec lits de cendres et de projections interstratiflés.
i sont très fluides.
Comme exemple du deuxième mode de formation !s par effondremeat, nous citerons le cirque des riii étudié par M. Fouqué, et dont le grand axe I pas moins de 11 kilomètres, ntant des fouilles. M. Fouqué trouva les ruines son dont les mui-s verticaux, encore à l'heure ont assis sur le massif volcanique trachytiqae des sevelis dans le tuf pouceox que l'on trouve en lUs les points de l'archipel, de la construction de la maison serait donc interentre celle de l'épanchement trachytique et celle liions ponceuses. Les objets qui furent trouvés
CRATÈRES s'eFFONOREMËNT tll
éUUissent que ses habitants Tivawot environ 2.000 ans «Tant l'ëre ciirétiea&e (').
Il y aurait donc en, «omme à Klanea, formation d'un cratère avec épaoïdiemeDt lavique et sans projections pré* paratoires à la coulée-
Aussi, M. Fouqué admet-il, en raison de la nature (rachy- Uque des laves de SanLorîn, qu'une inlumescence s'est faite sous la poussée des gaz el recouvrit la contrée; puis que, l'acUvilé volcanique cessant, la bulle de gaz qui gonflait le dôme de laves visqueuses vînt à exercer une pression moindre ; ce dôœe s'affaissa et une partie de la calotte disparut dans les profondeurs d'où elle était sortie.
i-dH. — Eh Islande, les massifs de laves sont habituelleraeat traversés par de nombreuses âsaures qui les découpent en blocs et jouent le r61e de failles.
Les blocs glissent les uns sur les autres et se disposent en gradins (Qg. 15), Ces mouvements sont accompagnés de tremblements de terre.
Il s'y présente des failles dont les lèvres séparées forment des précipices de 40 à 80 mètres de profondeur et présentent entre elles une dénivellation supérieure à 20 mètres.
Les oriûces explosifs sont généralement situés sur la lèvre la plus élevée de la faille.
168. Forme des cratères. — Les formes de coupe et d*entonnoir sont à peu près générales ; les parois, parfois verticales^ présentent ailleurs une inclinaison variable avec le degré de cohésion des couches dans lesquelles le cratère s*est formé et du diamètre des débris qui se sont accumulés tout autour.
Le fond dans lequel débouche la cheminée est tantôt plat, quand il est formé par un culot de lave solidifié, tantôt recouvert d'un cahos de débris provenant pour partie de la chute de blocs des parois et pour partie de lave mou* tonnée solidifiée.
L'emplacement du cratère ne résulte d'aucune règle; tantôt il est au sommet, tantôt on le trouve sur les flancs de la montagne.
Comme on le conçoit aisément^ ses dimensions sont tout à fait variables.
Ainsi Humboldt cite les chiffres de 1.600 mètres pour le diamètre et de 488 mètres pour la profondeur du cratère du Pichmcha*
Au VulcanOy le cratère situé sur le flanc de la montagne a un diamètre de 550 mètres au sommet, de 180 mètres au fond et une profondeur de 120 à 180 mètres suivant les endroits. Ses bords sont verticaux.
Il va de soi que des causes nombreuses, en exceptant les éruptions naturellement, peuvent modifier la forme et les dimensionsd'uncratèreouvert: pluie, gelée, tremblements de terre qui ont pour résultat de faire tomber à Tintérieur des