LES VOLCANS ISLANDAIS
advenlifs et ne sortait point par la fissure (*). C'était une lave basaltique dosant 50 pour cent de silice.
La coulée forma un lac de feu de 48 kilomètres de longueur sur 14 kilomètres de largeur et 200 mètres de profondeur d'où elle s'échappa en deux coulées longues de 32 et 28 kilomètres, recouvrant une superficie de 900 kilomètres carrés.
La rivière Skapta, large de 300 mètres, fut comblée ; elle coule aujourd'hui à 13 kilomètres de son ancien cours.
On a évalué le volume de lave rejeté pendant les 5 mois que dura cette éruption — du 1" juin au 25 octobre — , à 27 kilomètres cubes.
Sous les nevés du désert de Vat7ia, existent un certain nombre de bouches volcaniques invisibles, à côté de celles qui surgissent des neiges et parmi lesquelles le Vaina,
La superficie de la contrée de Vatna est de 8000 kilomètres carrés ; le sol est recouvert de couches alternées de neige et de projections. Au cours de ce siècle, le volcan subaérien Vatna eut plusieurs éruptions de cendres et de ponce.
En 1801, des bouches invisibles entrèrent en aclivité, et entraînèrent la fonte des glaces recouvrant la plaine méridionale de rile. Les eaux charriant des boues et des débris volcaniques, se jetèrent à la mer formant une nappe de 130 kilomètres de longueur à partir de la côte et de 50 kilomètres de largeur, si visqueuse que des navires éprouvèrent de grandes difficultés en la traversant.
Le champ d'Odadah-Raun est un vaste désert de lave de 6 000 kilomètres carrés de superficie, exploré pour la première fois en 1874 parThoroddsen.
Le soubassement est un tuf pal agoni tique recouvert d'une lave de dolérite d'âge préglaciaire, rejetée par une vingtaine de cratères dont elle fut la dernière manifestation :
(*) Dk Lappauent. — Traité de géologie, p. 427,
répaisseur de la lave varie de 20 mètres à 200 mètres, et son volume est d'environ 220 kilomètres cubes.
Les appareils volcaniques se montrent sous la forme de Assures jalonnées de cônes adventifs et sous celle de cônes proprement dits, tels que le Trolladyngja et le Kolladingja dont les cratères produits par effondrement mesurent environ 1 100 mètres sur 380 mètres et furent des lacs de lave, analogues à celui du Kilauea, aux îles Sandwich.
En 1875, une fissure dite de Sweinagja s'ouvrit, et depuis le milieu de février jusqu'à fm avril, il sortit 276000000 de mètres cubes de lave basaltique à 49,6 pour cent de silice formant une nappe de 23 kilomètres de longueur, recouverte par endroits de sel ammoniac en cristaux colorés en jaune par le perchlorure de fer.
En 1875, une éruption se produisit en un point que les uns placent au volcan Vatna dont nous avons parlé, et les autres dans l'Odadah-Raun — en tout cas, sur la limite sud de ce désert. La contrée fut recouverte par une pluie de cendres et de ponce évaluée à 300 millions de mètres cubes et dont les particules les plus fines, entraînées par les vents tombèrent à Stockholm après avoir parcouru 1900 kilomètres.
Le cirque A'Askja, produit d'un effondrement antérieur, vit sa configuration se bouleverser. Au centre, se forma un gouffre de 1200 mètres de diamètre et de 300 mètres de profondeur qu'occupèrent des eaux dont la température était de 22° G en 1876 et de 14« G en 1884. La figure 15 le représente.
Des fumerolles sortaient tout autour.
En 1783, une éruption sous-marine se produisit à 100 kilomètres au S.-E. de Reykjanes.
La mer fut recouverte de pierre ponce sur une étendue de 200 kilomètres carrés et l'île Nye sortit des flots.
En 1834, à la suite d'un tremblement de terre, l'île disparut.
VOLCANS DE l'aMÉRIOUE DU NORD 203
Des sources thermales entourent la baie de Breidi- Fjoror.
Le Snœfellsness^ situé au N.-O. de Tîle, est resté en activité depuis l'époque préglaciaire jusqu'au milieu de notre ère.
En 9S0, il fut le siège d'une grande éruption.
248. Volcans polaires. — Au nord, c'est le Beerenberg dans l'île de Jean Mayen : son altitude est de 254S mètres, et ses deux dernières éruptions datent de 1732 et 1818.
Au sud, VErebtis et le Terro?* beaucoup plus rapprochés du pôle que ne Test le Beerenberg, sont en presque continuelle activité au milieu des banquises de glace.
S49« Volcans de rAmérlque du nord. — Toutes les bouches volcaniques sont situées sur le versant 0. des hautes montagnes dont le pied est baigné par les eaux du Pacifique : chaînes de l'Alaska, des Cascades, de Nevada, Montagnes Rocheuses. Elles jalonnent la grande fracture qui côtoie le Pacifique et quelques fractures secondaires.
En allant du nord au sud, on trouve les groupes suivants : groupe de V Alaska, dans la presqu'île du même nom, qui se prolonge par les nombreux volcans des îles Aléoutiennes, d'origine essentiellement volcanique.
Groupe du Favrwather,
Groupe des Monts des Cascades qui surplombe des plaines recouvertes de laves.
Au S.-E. de celui-ci, le Parc National de Yellowstone avec ses anciens cratères à ryolithes et ses geysers.
Le groupe du Mexique très important, comprenant : le JoruUo, le Tanutaro, le Colima sur la grande fracture N.-S.; et le Popocatepelt (ait. 5400 mètres), le Cerro de Ajusco (ait. 3850 mètres), le Nevado de Tolma (ait. 4650 mètres), le Patzcuaro, le Patamban, le Bufa di Mascota sur une frac-
ture E.-O., perpendiculaire à la première et limitant au sud le plateau de Mexico.
Sur des fractures secondaires, on trouve, toujours au Mexique, TOrizaba (ait. 5500 mètres), le Cofre de Perrote, riztaccihnall (ait. 4800 mètres), le Ceborucco (ait. 2160 mètres), le groupe de San Andres dont nous avons déjà parlé.
Dans le San-Salvador, Tlzalco.
Dans le Nicaragua, le Cozeguina.
La caractéristique des volcans de l'Amérique du Nord est leur retour bien marqué au repos. Un grand nombre n*apas eu d'éruption depuis les temps préhistoriques, et la plupart lancent surtout des cendres et des débris rarement accompagnés d'émissions intermittentes de laves.
Le Popocatepelt fut en activité de 1519 à 1523, rejetant des cendres et des pierres, puis après un réveil, en 1539, il rentra dans le repos jusqu'en 1664, date à laquelle il fut encore le siège d'une éruption.-
L'homme ne Pa pas vu rejeter des laves.
Le Colwia entra fréquemment en éruption, et pour ne parler que des plus récentes, nous citerons les années correspondantes : 1856, 1870, 1872, 1873, 1881, 1891, 1902,
UOrizaba actif de 1545 à 1565, aurait, au courant de Tété 1902, rejeté des cendres et de la fumée.
Ulztaccihnallf porte dans son cratère un lac d'où l'on extrait la glace à destination de Mexico.
Le Ceborucco dressé au-dessus de plaines hérissées de cheires bien conservées a, pour la première fois, dans les temps historiques, révélé son activité par une série d'éruptions qui dura de 1870 à 1876.
Après avoir projeté des nuages de sable qui s'épandit jusqu'à 25 kilomètres de distance, une fente s'ouvrit à partir de la cime, large de 90 mètres et d'égale profondeur. La lave s'épancha par à-coups, entraînant des blocs de rochers, en
VOLCANS DE L'aMÉRIQUE DU SUD 20S
même temps que des jets de vapeur sortaient par la fissure.
350. — Les groupes de V Amérique Centrale sonl dans les mêmes conditions que ci-dessus.
Le 20 janvier 1835, le Coseguina, de 2000 mètres d'altitude, fit explosion et, de ce fait, perdit son sommet sur 831 mètres de hauteur. Il projeta en 43 heures 80 kilomètres cubes de cendres qui couvrirent une superficie de 400.000 kilomèlj^es carrés. A 40 kilomètres de dislance, la couche n'avait pas moins de 5 mètres d'épaisseur.
!SÎ51. Volcans de TAmérique du Sud. — Les
bouches volcaniques sont en bien plus grand nombre que dans l'Amérique du Nord ; elles jalonnent la continuation de la grande fracture N. S. qui se poursuit au pied de la Cordillère des Andes et la fracture secondaire N. E.-S. 0. au-dessus de laquelle s'élève la chaîne de Montagnes qui traverse le Venezuela, reparait dans les îles des Antilles, pour disparaître au N. des îles Bahama et reparaître à la pointe de Floride.
Là, encore, l'activité est en décroissance et les émissions de laves sont rares, et au cours des éruptions, ce sont des projections de cendres et de boues qui causent les désastres enregistrés par l'histoire ; les éruptions sont plus fréquentes que dans l'Amérique du Nord mais presque toujours accompagnées d'émissions boueuses.
Le Tolîma (ait. SS16 m.) eut des éruptions boueuses en 1595 et 1826 ; eu 1902 il cracha des gaz et des cendres.
Le Puracé (ait. 4.800 mètres) lança en 1849 une pluie de cendres accompagnée de boues. Sur ses flancs, des fumerolles acides débouchent aux sources du Rio Vinagre dont les eaux nettement acides renferment des acides libres chlorhydrique et sulfurîque.
Le fçroupe de YEquaieur renferme de nombreux volcans dont le Colopaxi en activité constante et le Sangay (allit. 5323 mètres), qui serait le plus destructeur qu*il y eut sur le globe et d'où s*écliappent toutes les 20 minutes un jet de gaz entraînant des cendres.
Les groupes du Pérou, du C/«7i, de la Bolivie^ de la Patagonie, de la Terre de Feu renferment de nombreux cratères éteints.
Leurs laves sont acides et de la famille des Andésites.
La plupart des volcans de l'Amérique du Sud sont très élevés et par suite recouverts de neige et de glace- sur leurs flancs, tandis qu'un lac souvent congelé occupe le cratère. D'autre part, le sous sol renferme de nombreuses cavernes sur le trajet de cours d'eau souterrains. C'est à la neige et à la glace fondues par réchauffement de la masse du cône et à Tentraînement de Teau des réservoirs souterrains qu'il faut attribuer les déluges de boues et les éruptions boueuses caractéristiques de cette contrée.
252. Volcans des Antilles. Ile de Grenade. — Un vaste cratère entouré d'un grand nombre de cônes adventifs est occupé par un lac.
Saint-Vincent, — Le Morne Garen au repos depuis 1718 eut une violente éruption en 1812 ; depuis cette date il est réduit à l'état de solfatare très active et plus connu sous le nom de soufrière. Il joua un rôle au cours des désastres volcaniques de l'été 1902.
Sainte Lucie. Le grand cratère de Qualibon (altitude 600 mètres, contient plusieurs petits lacs et il émet des vapeurs sulfureuses. La dernière éruption daterait de 1766.
La Martinique. — Voir n"* 253 et S68.
La Dominique. — Plusieurs solfatares se rencontrent sur cette petite île : on y remarque un lac d'eau à la température de 70° G et en 1880 plusieurs petits cratères s'ouvrirent.