Partie insoluble dans Vaoide chlorhydrique
Si02 des silicates non décomposés , . 49,90 ^j^
CaO 5Î.71 »
MgO 0,77 >
Perte par calcination 4y20 »
Acides combinés
HS 0,007 0/<j
HGl 0.055 »
Sels solubles dans l'eau bouillante . . 0,325 > '
La teneur totale en silice, d'après cette analyse était de 87,60 Vo.
!274. — Le 30 août, une nouvelle éruption eut lieu, mais cette fois les boues, cendres et débris furent lancés dans la. direction N. La région comprise entre la rivière Capot et Basse-Pointe (fig. 46) fut détruite et 3000 personnes périrent.
Comme au 8 mai, un nuage noir descendit du Mont Pelé et sema la mort sur son passage. Le littoral N. de Tile s'abimasous les flots sur une longueur de 2 Icilomètres.
275. A quelle cause attribuer les effets du nuage noir* — Les opinions sont partagées sur la cause de la mort subite des habitants de Saint-Pierre.
Certains pensent que le nuage sillonné d'éclairs a pu agir par sa température et par Tasphyxîe provoquée par les cendres qu'il portait, mais qu'aussi et surtout il a agi électriquement, en électrocutant la ville et ses habitants.
On constate, il est vrai, dans les incendies des phénomènes bizarres, tels la brûlure profonde d'une personne alors que les vêtements qui la recouvrent sont intacts. Mais, ce qui frappe, dans les récits de la catastrophe de Saint- Pierre, c'est la soudaineté de la mort tombée sur sa victime avec la rapidité de la foudre.
On a cité les cas suivants :
Un homme satisfaisant un besoin naturel, dans la cam* pagne, resté dans la position qu'il occupait.
Un homme surpris en marchant et immobilisé un pied en l'air, les bras ballants, un bidon dans une main.
Dans uue chambre, un homme assis à son bureau écrivant tandis qo'une femme est appuyée sur son épaule et qu'un enfant joue par terre.
D'autre part» il nous semble que si le renversement de murs, de grilles^ d'une statue surtout, était du à une chasse d'air, une onde de compression se serait fait sentir au loin, tout autour de St-Pierre, détruisant par son choc des maisons et les navires en mer. Puis, une dépression atmosphérique intense aurait eu lieu à St-Pierre suivie d'un coup de vent violent en sens contraire.
Pendant ces deux phases, la cendre volcanique qui recouvrait toute la contrée aurait été entraînée par les vents.
 part quelques oscillations barométriques sans importance, on n'a pas constaté les effets destructeurs de Tonde aérienne que Ton signale lors de Texplosion de poudrières, par exemple, ni Tentraînement des cendres par le courant d'air.
Enfln l'effet du nuage mortel fat limité à une très faible zone.
Et, il nous semble que la plus grande part redent à des décharges électriques entre les nuages et le sol, en y ajoutant les effets foudroyants de l'acide sulfhydrique agissant comme toxique et comme agent incendiaire par sa combustion au contact de Fair.
Les effets de la foudre sont bien connus et ils sont plus bizarres que ceux de la chaleur, et ils suffiraient à expliquer la localisation du cataclysme, la mort subite des habitants pris dans le nuage, le renversement d'objets solidement encastrés offrant peu de surface au vent tandis que d'autres moins solides restaient debout.
Du reste, si cette conception est exacte, le nuage devait perdre, au fur et à mesure qu'il avançait, ses vertus homicides ; or, les victimes à bord des navires en rade périrent par brûlure et portaient les indices d'une grande souffrance
LA CATASTROPHE DE SAINT-PIERRE Ti\
alors qu'en ville, les corps non altérés par Tincendie consécutif n'en portaient aucun.
Enfin, à St-Pierre, tout le inonde périt, sur les bateaux, ceux qui se trouvaient un peu abrités du contact du nuage chargé de cendres survécurent ; le Roraimay ce bateau qui étant encore sous pression en rade de St-Pierre quand il reçut le nuage s'échappa, et le récit des survivants du bord ne fait pas mention d'un choc d'air.
875*". — Pendant le cours de sa deuxième mission à la Martinique, M. Lacroix a fait part à l'Académie des Sciences des faits saillants qu'il a constatés et dont l'exposé complète l'histoire du volcan de la Montagne-Pelée.
Nous avons extrait de ces communications les passages principaux que nous reproduisons ci-dessous :
a) Nous (*) avons trouvé le lac des Palmistes dans le même état qu'au mois de Juin ; il est rempli de cendres avec quelques grosses bombes. De nombreuses rigoles le sillonnent, se déversant vers toutes les rivières de la côte E. Leur coupe montre des lapillis de toutes dimensions avec enduits de soufre et croûtes d'alunogène. La température n'y dépasse pas 70° G. par places.
des vapeurs d'acide sulfureux parvenaient jusqu'à
nous, nous forçant, par moments, à reculer et un bruit vraiment infernal se produisait de tous côtés ; nous distinguions sans pouvoir préciser des détonations accompagnées d'éboulements de pierres rendant un son comparable à celui de bris de verre...
Le cratère était entièrement découvert et, devant nous, à iOO mètres à peine et nous dominant de plus de 50 mètres, se dressait un cône entièrement-constitué par des roches solides. Celles-ci sont extraordinairement fendillées, toutes les fissures laissent échapper soit tranquillement, soit par explo-
sîon des bouffées de vapeurs blanches ou des fumées bleuâtres d'acide sulfureux en faisant tomber des quartiers de roches dans la rainure que Ton observe entre le cône et la paroi verticale du cratère,et qui n*esl pas à plus de 150 mètres du sommet de ce dernier. Le cratère a probablement 600 à 800 mètres de diamètre.
Ce cône n*a certainement pas de cheminée centrale ; quand il y a peu de vent, toutes les fumerolles qui sortent des flancs s^élèvent verticalement et donnent Tillusion d'un panache vertical. Ces grosses colonnes de vapeurs que nous avons vu s'élever à plusieurs kilomètres de hauteur sortent de la rainure du cratère,
b) Le cône (*) central formé au milieu du cratère n est
pas un cône de débris édifié par des projections, c'est un cumidO'Volcan constitué par des roches cohérentes s'éboulant sans cesse, mais continuant à s'élever tranquillement, presque à vue d'œil, sous Finfluence de la poussée interne.
Le cratère. — L'éruption actuelle a sensiblement modifié la topographie du sommet de la montagne Pelée.... la déchirure S,0 a été en s'agrandissant depuis le 5 mai, date de
l'effondrement du barrage de l'Etang Sec la crête du
cratère est d'altitude irrégulière ; sa partie N.O est la moins élevée et sa partie culminante constituée par ce qui reste du Morne la Croix dont 130 mètres de hauteur se sont éboulés depuis le commencement des éruptions. Le sommet est extrêmement fendillé et parcouru par un courant d'air chaud.
Les bords du cratère, sauf ceux E, sont formés par une arrête très vive... Le bord E estfait parunpetit plateau, prolongation vers le S du lac des Palmistes aujourd'hui remblayé. Les parois intérieures vont presque partout verticales.
La surface des bords du cratère est recouverte de cendres
très fines, rouges au contact de l'air et gris verdâtre à Tintérieur de la couche.
Cette cendre est stratifiée et constituée par des lits compacts alternant avec d'autres formés de petits pisolUhes de cendres. Cette structure me paraît due à l'action combinée de la pluie et d'une rapide dessiccation sur des cendres fines.
Grâce à sa finesse, cette cendre se délaye d?ns Teau avec la plus grande rapidité, et elle sèche de même.
Les grosses bombes peu abondantes au N et à TE deviennent plus nombreuses au S-E et au S et dans cette partie les fragments d'andésite ancienne arrachés au sous-sol ont paru y être en plus grand nombre qu'ailleurs.
Je n'ai observé sur le sol aucune fumerolle localisée, mais le sol est tiède ; il suffit de creuser un trou de quelques centimètres pour que le thermomètre y atteigne jusqu'à 82° C. Les petits fragments de roches y sont recouverts de cristaux de soufre et de gypse imprégnés de pyrite ou recouverts de concrétions d'alunogène.
Le fond du cratère est actuellement à 150 mètres environ du pied du sommet du morne la Croix. La cavité cratériforme est réduite à un étroit couloir circulaire qui entoure de toutes parts le cône central ; cette sorte de rainure communique librement avec la vallée de la Rivière Blanche.
Le cône. — Le cône central est constitué par de la lave compacte formant des falaises à parois verticales qui, en un point du côté E sont visibles jusqu'au fond même du cratère.
...Le cône est en voie d'accroissement assez rapide malgré les éboulements incessants qui se produisent.
Aujourd'hui, au milieu de la crête du cratère, se dresse d'un seul jet un énorme piton à paroi verticale, à surface lisse du côté Ë par suite du décollement ; il a une centaine de mètres de hauteur, il n'est pas placé au milieu du cône, mais sur son bord N-E à cent mètres du morne la Croix.
MIRo^f. — Les phénomènes volcaniques. 13
f74 ÉTUDE DES PRINCIPAUX VOLCANS
Ce cône est fissuré dans tous les sens ; des bouffées de gaz et de vapeurs s'en échappent sans interruption, soit verticalement, soit horizontalement ; elles sont accompagnées d'éboulements considérables produisant un grand fracas (*) de bris de verre, ce qui est du reste conforme avec la structure très vitreuse des blocs que Ton trouve ébouléis dans la vallée de la Rivière Blanche ou projetés sur le sommet de la montagne.
Il n'existe pas de cheminée centrale et les vapeurs partent soit des fissures superficielles au cône, soit de la rainure en avant et en arrière du cône et montant lentement le long de celui-ci. C'est au voisinage de Féchancrure S-0 que partent les grandes poussées de vapeurs qui, les jours où il y a peu de vent, montent verlicfdement, à plusieurs Itilomètres de hauteur.
On ne peut s'arrêter un instant à l'hypothèse d'un cône de débris ; la quantité de blocs projetés sur les bords du cratère à 100 mètres seulement du cône est d'ailleurs négligeable comparée à la masse de celui-ci : il n'en serait pas de même si l'on avait affaire à un cône de débris. Il n'est pas douteux, à mon avis, qu'il s'agit là d'un ciimulo-volcan, d'un énorme bourrelet de lave andésitique qui s'édifie à la bouche d'une ouverture souterraine. Celui-ci, grâce à la lenteur de la poussée, à sa continuité et à la faible fusibilité du magma, se consolidant dès son arrivée à la surface, peut conserver sa forme actuelle sans donner naissance à une coulée comme cela arriverait vraisemblablement si l'afflux de matière profonde se faisait beaucoup plus rapidement.
Les éboulements continuels se produisant dans toutes lea parties du cône me paraissent hors de proportion avec les bouffées gazeuses qui les accompagnent et dont la sortie ne peut être la seule cause. J'y vois plutôt un effet de l'action
(*) Voir la lettre précédente.
continue de la matière fondue ascendante, disloquant des roches fendillées par un refroidissement brusque*
Cette opinion est légitimée par les phénomènes lumineux visibles la nuit, chaque fois que la montagne n'est pas couverte de nuages. Le cône est alors irrégulièrement éclairé ; il ne s'agit pas là de flammes, mais de lueurs très-vives, très bien délimitées, d'un rouge comparable à celui d'un feu de forge.
Elles apparaissent très brillantes puis perdent progressivement leur intensité. Dans la nuit du 9 au 10 novembre, j'ai vu nettement cette lueur partir de la base du cône, monter suivant une ligne sinueuse avec localement de brusques augmentations d'intensité, atteindre le sommet et envoyer des branches latérales. Au bout d'une demi-heure, le phénomène avait disparu progressivement. Il ne me paraît guère possible d'expliquer ce qui vient d'être décrit autrement que par la montée et le refroidissement progressif du magma andésitique fondu dans les fentes de retrait de parties déjà consolidées de la même lave.
c) Au cours (*) de mes visites aux ruines de St-Pierre, je me suis attaché à recueillir les documents de toute sorte présentant quelque intérêt scientifique, même indépendant des causes de la catastrophe volcanique du 8 mai. Les plus importants sont ceux qui résultent de l'incendie de la ville.
L'action de l'incendie qui a contribué à la destruction de St-Pierre a produit des résultats très inégaux, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer. On rencontre fréquemment à côté l'une de l'autre des maisons entièrement brûlées, et d'autres qui ont été complètement épargnées par le feu. Dans quelques édifices brûlés, grâce à des conditions physiques spéciales, grâce à la nature et à la quantité des pro-
duils combustibles qu'ils renfermaient, Tincendie s'est prolongé pendant plusieurs jours, pendant plusieurs semaines et même pendant plusieurs mois. Tel a été le cas de trois dépôts de charbon qui brûlaient encore le 30 Juillet, près de trois mois après la catastrophe ; c'est Tun deux situé sur le bord de la mer, à l'extrémité sud de la ville qui m'a fourni les documents ayant servi à cette étude.
Ce dépôt de charbon était, comme la plupart des maisons de St-Pierre, construit en pierre avec des andésites du voisinage. Ces pierres venaient généralement de la calcination de polypiers et de sable de la mer, résultant de la désagrégation des andésites et de leurs tufs ; ce sable est constitué par des fragments ou des cristaux nets de titanomagnétite, d'hypersthène, d'augite, de plagioclases, avec, en outre, de petits fragments d'andésite compacte, de ponce andésitique et quelques grains de quartz de dacites.
Les pierres du dépôt de charbon en question ont été modifiées par la chaleur, et près des ouvertures le tirage a été suffisant pour déterminer la fusion complète du mortier des pierres voisines et donner ainsi naissance à une sorte de lave noire, qui a coulé en masses cordées ou en longues stalactites. Les blocs d'andésite ont été, par places, ramollis au point de s'affaisser sur eux-mêmes, mais leur pâte microlilique seule a fondu entièrement, les phénocristaux ont été plus ou moins conservés.
Suivant la vitesse du refroidissement, le verre noir huileux est resté entièrement colloïde ou bien a partiellement cristallisé ; l'incendie a donc eu pour résultat de remettre ces andésites dans l'état physique et minéralogique où elles se trouvaient au moment de leur émission ; elles sont par suite comparables aux laves rejetées par les explosions actuelles de la montagne Pelée et qui sont constituées par les mêmes phénocristaux englobés dans un verre cristallique de même composition.
Sous rinfluence de ce réchauffement accidentel, les phénocristaux ont subi des transformations du même ordre que celles que Ton observe dans les enclaves des roches basaltiques : fusion et recristallisation périphériques des feldspalhs, transformation périphérique de Thypersthène en augite, généralité du développement des inclusions vitreuses.
« Lorsque le verre a recristallisé, il s'y est développé des plagioclases acides, avec quelques grains d'augite et de magnétite ; la roche nouvelle est donc revenue alors complètement à Tétat minéralogique qu'elle possédait avant rincendie. Mais lorsque, localement, des phénocristaux ont totalement fondu, ils donnent par leur mélange avec le verre ambiant une recristallisation microlitique, généralement constituée par de longues baguettes de labrador enchevêtrées associées à de l'augite, à un peu d'olivine et de verre.
«Laroche considérée dans son ensemble,présente alors l'aspect hétérogène d'une andésite, renfermant de petits nodules plus basiques de basalte dolérilique. Ceux-ci simulent donc des ségrégations ou des enclaves énallogènes. Cette observation n'est pas sans intérêt en suggérant une explication possible de l'origine des petites enclaves (pseudo-enclaves) basiques, que l'on rencontre si souvent dans certaines roches volcaniques et en montrant une fois de plus comment des compositions minéralogiques différentes peuvent naître d'un même magma, suivant les conditions de consolidation de celui-ci.
«Quant aux parties stalacliformes ou cordées, douées d'une fusibilité plus grande que les andésites et résultant de la fusion de l'andésite au conlact des pierres du mur, elles ont une composition plus comple^ve.
« Les plus fluides d'entre elles ont été celles dans lesquelles la totalité des éléments anciens ont été détruits par
fasion : la roche néogène résultante est un véritable basalte, à structure intersectale. avec tendauce ophitiqne et fréquente présence d'un verre noir. L*abondance deToliviae est surtout la conséquence de la coexistence d'une grande quantité d'hyperstbène et de magnétite dans le mortier.
« Les produits, ayant été doués d'une fluidité moindre, ne diffèrent des précédents que parce qu'il y reste en plus ou moins grande quantité des fragments corrodés ou des cristaux encore nets de plagioclases et de pyroxènes.
« L'bypersthène, qui est parfois extrêmement abondant, n*est jamais absolument intact; sans avoir perdu sa forme géométrique, il est d'ordinaire en totalité ou en partie transformé en grains d'augite, sans orientation définie, ou en baguettes du même minéral groupées avec lui suivant la loi ordinaire, les aiguilles d'augite gagnant de la périphérie au centre du cristal.
Enfin, j'ai fréquemment observé aussi des paramorphoses de Thypersthène en ce type de pyroxène monoclinique peu biréfringent, à très fines lamelles hémitropes qui est fréquent dans les météorites pierreuses et qui semble être une forme amoiphe du pyroxène rhombique.
L'extrême abondance de ces cristaux d'hyperstbène, transformés en augite et distribués dans un magma basaltique, font de cette roche néogèae un type différent de celui des roches normales connues.
Dans une prochaine Note, je m'occuperai des phénomènes endomorphes très intenses qu'ont subis les andésites constituant les murs des maisons qui contenaient une grande quantité d'objets en fer. »
StT6. — Nous avons (') publié, en supposant exacte et d'action prépondérante la théorie des influences sidérales
(1) Voir le Temps ebi 22 septembre 1902.
(voir n** îïl^), une note faisant connaître les dates probables auxquelles des phénomènes volcaniques et sismiques devaient se produire : Le nœud des Antilles déjà affaibli par les crises précédentes pouvait être le siège de prédilection de ces manifestations, et voici les conclusions que nous donnions :
« Or, cette action attractive, que l'on mesure et que Ton évalue par un chiffre qui est toujours compris entre 25 et 115, avait pour valeur 107 le 8 mai, date de la destruction de Saint-Pierre, et 104 le 30 août, date du dernier cataclysme.
« Si la théorie des influences sidérales est exacte, il va être possible de prévoir les dates auxquelles la montagne Pelée sera, entre autres, susceptible de causer de nouveaux désastres, et pour Tannée 1902 nous trouvons :
20 septembre avec un coefficient d'attraction 102 18 octobre — — — 106
17 novembre — — — 107
16 décembre — — — 106
« De ces quatre dates, la dernière paraît être la plus dangereuse, car le 16 décembre, en même temps que la lune passera au-dessus de la Martinique, elle sera au point de sou orbite le plus rapproché de nous, et il y aura pleine lune.
« Maintenant,que Ton ne nous fasse pas dire plus que notre pensée. Nous ne prédisons pas des éruptions aux dates cidessus, car de même qu'un ressort bandé perd de son énergie au fur et à mesure qu'il se détend, le mont Pelé a déjà dissipé une partie de celle qui fut accumulée par un mouvement de plissement de grande amplitude. Combien reste- t-il de cette énergie ? Nous l'ignorons, mais les dates que nous avons indiquées seront des moments rendus dangereux par la vague interne, si le rapprochement fait entre les dates 8 mai et 30 août avec celles des maxima d'attraction luno-
solaire aux mêmes époques n'est pas une simple coïncidence due au hasard ».
Or, si le lecteur veut bien se reporter à celui des chapitres suivants où nous avons reproduit par ordre de date les phénomènes sismiques survenus en 1902 et en Janvier 1903, il constatera que, à chacune des dates indiquées par nous, a correspondu une recrudescence d'activité des bouches volcaniques aux Antilles et dans TÂmérique Centrale principalement. Le tremblement de terre d'Andidjan et l'éruptioii du Mont Pelé, le 16 décembre, qui faillit engloutir la mission française, semblent corroborer cette théorie.
!277. — M. I^croix a recueilli des gaz de fumerolles du Mont Pelé qui présentaient la composition suivante :
HS pour cent.
Al * 10,2 •
Argon 2 »
Garbures éthyléniques ... >
abstraction faite de la vapeur d'eau et de l'air mélangés. M. Armand Gautier estime que la composition de ce gaz présente la plus grande analogie avec celle des mélanges gazeux qu'il a obtenus en portant à haute température diverses roches (voir n*» 314).
878. — Dans une maison de Saint-Pierre, M. Lacroix a trouvé divers objets de fer plus ou moins enfoncés dans les pierres de la construction que la haute température avait amenées à un état pâteux et même fluide, pour certaines. Ces pierres de construction étaient de nature andésitique.
Il a constaté des productions massives de magné tile et de fayalite, au contact du métal, et il en a conclu, qu'en montant des profondeurs, les laves peuvent subir des modifications de composition au contact des roches du sol et nous arrivent avec des espèces minérales qui ne préexistaient pas et se sont formées en cours de route.