L'ÉRUPTION DE LA SOUFRIÈRE DE L'ILE DE ST-VINCENT EN
'ZlO. — La concordance des éruptions de la Soufrière de St- Vincent et de la Montagne Pelée, à la Martinique, rendait intéressant de faire une étude comparative des phénomènes produits dans les deux iles.
D'après le rapport de MM. Tempest Anderson et Flett (*), de la Commission Anglaise dont nous donnons ci-dessous un extrait, le phénomène volcanique se serait produit dans des conditions identiques à S t- Vincent et à la Martinique ; les phases de l'éruption et la cause du cataclysme auraient été les mêmes, mais, à la Martinique, le phénomène acquit une intensité bien supérieure.
!SÎ80. — La montagne de la Soufrière forme l'extrémité nord de l'île de Saint-Vincent, et sa forme générale suggère tout de suite une comparaison avec le Vésuve. C'est un simple cône sans cratères latéraux ou parasites. Le cratère du sommet est entouré sur le côté septentrional par les ruines d'un gigantesque cratère annulaire qui est pour le cratère actuel ce qu'est le Somma pour le Vésuve. Sur le
(*) Revue Scientifique, 27 septembre 1902.
bord nord-est du cratère principal, il en existe un plus petit, connu sous la désignation de « Nouveau Cratère », car on croit qu'il doit son origine à l'éruption de 1812 ; il n'a que 500 mètres de diamètre. Il est douteux que le « nouveau cratère » ait été actif durant la dernière éruption et il est à peu près hors de doute que c'est du cratère principal ou c< vieux cratère », que les matériaux ont surtout été rejetés. Des vallées profondes, souvent avec des parois abruptes, ont été ouvertes dans les flancs de la montagne, surtout sur la face méridionale, et c'est dans ces vallées que la plus grande partie des éjections de la récente éruption se sont accumulées.
Signes prémonitoires (T activité. — L'éruption de mai 1902, bien que soudaine dans sa production et désastreuse dans ses effets, était loin d*être inattendue. Il y avait eu des secousses violentes, fréquentes en février et deux installations au nord de Saint-Vincent avaient été abandonnées. Mais les premiers signes de l'activité volcanique actuelle se produisirent le 6 mai. Les habitants du côté sous le vent de rUe eurent la bonne fortune de voir nettement le cratère et, avertis par les jets de vapeur, s'enfuirent à Châteaubelair et autres localités le long de la côte vers le sud, ce qui les sauva du danger. Mais pour Tautre côté de lile, le sommet de la montagne était caché dans les nuages comme cela arrive souvent et la population, composée surtout de nègres et de gens de couleur, ne fut pas prévenue; le matin du 7 mai, alors que les usines du côté sous le vent étaient pratiquement désertes, toutes celles du reste de llle étaient en marche et Ton procédait comme d'habitude aux opérations agricoles. Des messages téléphoniques envoyés de Kingstown à Georgetown, située non loin de la base de la montagne, pour prévenir que la Soufrière était en éruption, ne paraissent pas avoir causé grande alarme ; mais quand, vers midi, le danger devint trop frappant pour échapper à Tatten-
lion, les cours d*eail, ordinairement à sec, roulaient des eaux chaudes qui barrèrent le chemin aux fuyards. Le nombre exact des morts restera inconnu ; mais on Tévalue à 2000 environ, y compris une douzaine de blancs, les surveillants des plantations.
Progrès de f éruption. — (Vest le 6 mai, vers midi, que les premiers signes d*éruption furent aperçus par les habitants du côté sud-ouest de la montagne. A deux heures quarante de Taprës-midi, il y eut une explosion considérable et un gros nuage de vapeur s*éleva dans les airs. A cinq heures, une lueur rouge fut visible dans le nuage de vapeur sur le sommet. L*aclivité volcanique se prolongea durant toute la soirée et, à minuit, il y eut une grande explosion et des flammes rouges furent notées sur le bord du cratère. Le lendemain matin, on pouvait voir de Gbâleaubelair des gigantesques nuages en forme de champignons s*élevant dans les airs à une très grande hauteur, estimée à 9000 mètres, et chassés par le vent du nord-est. A mesure que le jour avança, l'éruption augmenta de violence ; à dix heures trente du matin^ d'énormes nuages de vapeur furent émis avec des grondements et beaucoup d*éclairs. Il est remarquable qu'à ce moment les habitants de la partie de Tile au vent doutaient encore de la réalité de Téruption et prenaient le nuage obscur qui couvrait la montagne pour un nuage d'orage. La montagne était pourtant en pleine activité et de Châteaubelair on pouvait voir que les matériaux rejetés étaient surtout fournis par le principal cratère, le vieux. A midi, les flancs de la montagne étaient encore verts et le riche manteau de végétation tropicale qui les tapissait n'était pas encore détruit. Une fine couche de cendres était tombée dans les fonds auxquels elle donnait une couleur grisâtre. D'énormes colonnes de vapeur continuaient à sortir du cratère, avec de fréquentes et violentes explosions et avec projection de pierres et de terre.
A ce moment, on remarqua que la vapeur s'élevait de quelques-unes des vallées du côté sud, et ceci augmenta jusqu'à midi cinquante où toute la montagne fut brusquement enveloppée dans un nuage dense de vapeur. Juste avant ce moment, les rivières Walibu et Rabaca avaient roulé des flots d'eau bouillante. Il est plus que probable que ces phénomènes étaient dus au lac du cratère dont les eaux furent rejetées à la mer. Autant que nous sachions, il n'y eut pas de laves boueuses, dans le sens ordinaire, dans les vallées, mais un torrent irrésistible d'eau bouillante qui ne laissa aucune trace que l'on pût reconnaître lors de notre visite.
A une heure, le bruit du volcan était terrible ; des quantités de pierres étaient projetées en tous sens ; d'énormes colonnes de vapeur continuaient à sortir du cratère. Les éclairs étaient terrifiants et après les grosses explosions, qui se reproduisaient toutes les quelques minutes, d'immenses volumes de vapeur venaient couvrir toute la surface. Jusqu'ici, l'éruption avait été du type familier aux géologues, et les destructions ne dépassaient pas les parties hautes de la montagne au voisinage immédiat du cratère. Mais, vers deux heures, l'activité du volcan augmenta brusquement : un rideau terrible, rouge et pourpre, s'avança vers Richmond brûlant la contrée, donnant lieu à la suffocation de toutes les créatures vivantes rencontrées et dévorant la riche culture avec son souffle brûlant.
Les gaz chauds et les poussières. — Du côté sous le vent de nie, l'obscurité était si complète qu'un homme ne pouvait voir sa propre main ; ceux qui échappèrent à la mort furent ceux qui plongèrent dans la mer ; quand ils revinrent à la surface, l'air était suffocant et ils durent plonger à nouveau jusqu'à ce que la respiration redevînt possible. Gela ne dura d'ailleurs que quelques minutes et probablement beaucoup moins longtemps en réalité qu'il ne leur sembla.
De Tau Ire côté de Tile, un voile de nuages masquait toujours le sommet ; mais bientôt les plus sceptiques fur^it convaincus que la Soufrière était en éruption et que les bruits que l'on entendait d'une façon continue n*étaient pas dus au tonnerre. 11 se mit à pleuvoir abondamment et les gouttes de pluie étaient souillées de fines particules de cendres. Tout travail cessa sur les plantations et les travailleurs s'efforcèrent de gagner Georgetown ou de s'enfermer dans leurs maisons. A deux heures, des cendres fines, mêlées de bombes et de grosses pierres, commencèrent à tomber sans discontinuer ; mais jusqu'alors les dommages n'étaient pas bien considérables et aucun être humain n'avait été atteint, quand l'éruption arriva à son paroxysme. Ceux qui étaient restés dehors virent alors un gros nuage obscur descendant de la montagne avec une vitesse terrible ; ils se réfugièrent dans leurs maisons et dans les édifices des plantations où ils s'entassèrent à tel point que dans une seule petite chambre on retrouva 87 cadavres. Le nuage roulait vers la mer et il nous a été décrit comme donnant des éclairs, surtout quand il toucha l'eau. Tous s'accordent à dire qu il était extrêmement chaud, sentait fortement le soufre et était suffocant. Ce nuage suffocant persista quelques minutes ; la plupart de ceux qui résistèrent à cette épreuve purent échapper à la mort; pourtant quelques-uns moururent peu de temps après à la suite de chocs ou de blessures graves. Dans quelques cas, des gens survécurent tout à fait ou à peu près sans blessure, dans une pièce où beaucoup d'autres trouvèrent la mort. La plupart des survivants s'étaient enfermés chez eux en fermant hermétiquement les portes et les fenêtres ; les brûlures constatées chez les survivants étaient surtout sur les parties extérieures des bras et des jambes et à la face, on n'en trouvait guère que sur les parties du corps non protégées par les vêtements.
Là phiie de poussière. — Toute Textrémité nord de l'Ile
est maintenant plongée dans une obscurité plus intense que jamais. La montagne fait entendre des grondements terrifiants, une pluie de cendre fine et de sable tombe sur toute la région, mêlée de temps à autres d'averses de grosses pierres. Quelques-unes de celles-ci sont si chaudes qu'elles mettent le feu aux toits en branchages des huttes de Textrémité sud de Georgetown, à une distance de 12 kilomètres du cratère. A Kingstown, à 20 kilomètres de la Soufrière, les cendres étaient d'abord humides ; mais bientôt après elles sont sèches ; elles ont une forte odeur sulfureuse et fouettent les huttes comme la pluie des grandes averses tropicales. Autour du volcan la terre tremblait continuellement d*un mouvement ondulatoire. A cinq heures et demie, des cendres tombèrent aux Barbades, à 160 kilomètres à Test; à Saint-Vincent Tobseurité diminua un peu d'intensité avant la tombée de la nuit, mais la pluie de poussière et les bruits durèrent jusqu'au matin suivant.
Au lever du jour, on peut constater que Saint-Vincent, et même les Barbades, étaient couverts d'une cendre grise fine ressemblant à de la neige. Cette poussière avait pénétré à l'intérieur des maisons. A Kingstow^n, on trouva des pierres de la grosseur d'un œuf de poule, à Georgetown et à Châteaubelair il en est tombé de plus de 30 centimètres de diamètre. Les récoltes ne paraissent cependant avoir éprouvé que peu de dommages, sauf dans la pointe nord de l'île; ea fait, beaucoup de gens pensent que les cendres sulfureuses, ont des propriétés insecticides bienfaisantes pour la végétation.
Pendant plusieurs jours, les décharges de vapeur continuèrent ; mais un nouveau phénomène avait attiré Tattention. Les ravins sillonnant le flanc sud de la montagne émirent des nuages de vapeur et cela fit croire à l'ouverture de fissures dans les flancs de la Soufrière, fissures livrant passage à des éruptions subsidiaires. En réalité, ce dégage-
ment de vapeur était dû à raction de Teau coulant à travers le sable chaud qui sur certains points barrait à peu près complètement les anciens cours d*eau.
Le IS mai, Tactivité volcanique sembla s'apaiser, et la montagne resta claire et débarrassée de nuages ; les explosions de vapeur dans les vallées continuèrent et se poursuivirent probablement encore. Le calme dura jusqu'au 18 mai ; la confiance renaissait et les habitants des districts voisins de la montagne qui n'avaient pas trop souffert rentraient chez eux, lorsque, vers huit heures du soir, un bruit formidable vint du cratère, glaçant de terreur la population. Les bruits devinrent bientôt aussi violents que lors de la première éruption, et les éclairs aussi vifs; le côté sous le vent fut plongé de nouveau dans Tobscurité, et la pluie de cendre et de sable recommença. Puis, graduellement, les bruits s'atténuèrent, l'obscurité devint moins intense et la lune réapparut. Cette nouvelle éruption ne causa du reste, pour ainsi dire, pas de dommages.
Produits de Téruption. — Les produits géologiques de l'éruption sont de caractère très simple. La Soufrière et la contrée environnante étaient couvertes d'une couche de cendres le plus souvent sous la forme de sable fin, de coloration foncée, mêlé de morceaux spongieux de diverses grosseurs, et de blocs composés de fragments de la roche de la montagne. La plus grande partie des matières rejetées par le volcan consistait en un sable fin qui, sec, est d'un gris jaunâtre, et, humide, devient à peu près noir; ce sable contient du feldspath plagioclase, de Thypersthène, de Taugite de la magnétite et des fragments de verre; il représente un magma (hypersthène, andésite) assez bien cristallisé, réduit en poudre par l'expansion de la vapeur occluse.
Les matériaux plus gros sont surtout composés d'andésite calcinée avec cristaux de plagioclase et de pyroxène. 11 y a peu de ponce, quoique nous en ayons obtenu quelques frag-
ments flottants sur Teau. Les blocs rejetés consistaient en andésite et en tufs andésitiques comme ceux existant dans les parois du cratère; ils étaient très nombreux et quelquesuns avaient plus de l°,oOde grosseur. Un autre type de blocs très communs dans certaines parties de la montagne est un agrégat à gros grains de feldspath, de hornblende (brune sous le microscope) et peut-être d'olivine ; il n'est pas vésiculaire et ne renferme que peu ou point de verre, étant d'apparence holocristalline. Ces roches sont très friables et les cristaux sont agrégés sans liaison entre eux ; elles nous paraissent comparables aux sanidines de TEiffel et de beaucoup d'autres régions volcaniques modernes; elles diffèrent certainement, aussi bien comme structure que comme caractères de leurs minéraux, des vraies diorites pluloniques. On peut remarquer qu'aucune de ces roches n'est caractéristique de cette éruption ; toutes peuvent être trouvées parmi les vieux matériaux de la montagne.
Effets produits par le souffle chaud, — A mesure que nous gravîmes la Soufrière, l'évidence du passage d'un souffle chaud chargé de sable devint de plus en plus nette. La région est couverte de 0"*,90 à 1 mètre de sable et scories ; les arbres sont dénudés, leurs feuilles ayant été détruites par les cendres ; mais il y a peu de branches cassées. Les ouvrages en bois des maisons ne sont pas brûlés, mais nombre de toits se sont effondrés sous la charge des cendres. Beaucoup de gens ont péri, et les survivants nous racontent comment le nuage noir est descendu de la montagne et combien était chaud et suffocant l'air dans lequel ils se trouvèrent enveloppés. Il est évident pourtant que la vitesse du nuage chaud n'a pas dépassé celle des tempêtes ordinaires et que, bien que très chaude, la poussière n'était pas incandescente.
Sur le sol plat, au-dessus des bâtiments des plantations (à une altitude d'environ 300 mètres), la dévastation était plus
MiuoN. — Les phénomènes volcaniques. 19
eomplële : les champs eatiërement dénudés ; les arbres écrasés, mais en général pas déracinés; leurs petites branches arrachées ; une couche épaisse de sable noir recouvre les récoltes de cannes à sucre. Un peu plus haut, les effets du souffle embrasé ont été remarquables. D'énormeâ arbres ont été déracinés et renversés; leurs feuilles et leurs branches fines ont disparu ; même les gros cotonniers de 3 mètres de diamètre et plus ont été renversés et arrachés. Les plus petits arbres ont été balayés comme des fétus de paille, les plus gros gisent côte à côte, le sommet dirigé vers la vallée, leurs racines vers le sommet. La plupart sont carbonisés et quelques-uns le sont profondément ; mais comme le bois était vert, seules les petites branches ont été consumées. L*efret est un peu celui produit par un violent ouragan, mais plus complet, car nombre des arbres arrachés avaient résista à Touragan qui dévasta Saint-Vincent en 1898.
Plus haut encore, c'est-à-dire vers 450 mètres d'altitude, îl ne reste plus grand'chose de la riche végétation tropicale qui couvrait la montagne de la base au sommet. Les parties hautes sont complètement dénudées et présentent un aspect aussi désolant qu'on puisse l'imaginer. La couche de cendre y atteint de l'^jSO à 3", 60 d'épaisseur et, quoique remplie.de gros blocs et de blocs spongieux, elle est si une que dès qu'elle est mouillée elle tourne en une boue fine, très tenace, grasse, dans laquelle on enfonce jusqu'aux genoux.
La limite entre la zone des arbres arrachés et celle des arbres simplement cassés est très nette.
Modifications géologiques, — A part les changements sui^ venus dans le cratère et les dépôts de cendres qui se sont formés dans les vallées des rivières et sur la surface de la montagne, la seule modification géologique importante du pays a été la disparition d'une bande étroite de côte le long du côté sous le vent de l'île. Près de l'embouchure du Wallibu et de là vers le nord jusqu'au Morne-Rouge, la mer a
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envahi le sol sur peut-être 200 mètres. Des disparitions, similaires, quoique moins importantes, se seraient également produites en plusieurs points plus au nord. Il n'y pas de trace de changement de niveau du sol ni de la mer ; les ^
traces des marées le long des rochers et l'examen des point s j
d* embarquement des villages nous permettent d*assurer que |
le niveau des hautes eaux n'a pas varié à quelques centimètres près. Il est clair que les altérations de lâiligne côtière sont dues à des dispaxitionsloeales. Les pentes sousrmarines^ du côlé sous le vent de Saint-Vincent, sont très abruptes^ 25 pour 100 en moyenne ; à 800 mètres de la côte, oa trouve déjà des profondeurs de plus de 180 mètres.
Comparaison entre la Soufrière et le Mont-Pelé. — A notre arrivée à la Martinique, nous eûmes le plaisir de rencontrer M. Lacroix, le chef de la Commission Scientifique Française, qui nous fournit des renseignements des plus intéressants sur les événements et leurs conséquences géologiques dans cette île.
Le Mont-Pelé et la Soufrière sont des volcans du même type, simples cônes avec large évent près du sommet et sans cratères parasites. Ils sont tous deux creusés de profonds ravins, et sur leurs flancs sud-ouest s'étendent de larges vallées — occupées à la Martinique par la ville de Saint-Pierre, à Saint- Vincent par le Wallibu. C'est dans ces vallées que la destruction a été le plus prononcée. Dans les deux îles, les éruptions récentes ont été caractérisées par des décharges de cendres et une complète absence de courants de lave.
A Saint Vincent toutefois, la masse des matériaux rejetés a été beaucoup plus grande, et la superficie dévastée a été beaucoup plus étendue qu'à la Martinique ; ce n'est que grâce à l'absence d'une cité peuplée au pied de la montagne que le nombre des victimes a été relativement restreint. Si Saint-Pierre avait été édifiée à l'embouchure du Wallibu, il
est certain qu'elle aurait été également totalement détruite.
Au Mont-Pelé, une Qssure s'est ouverte sur le flanc sud de la montagne, entre le sommet et Saint-Pierre, fissure d'où a été émise l'éruption brûlante qui a couvert la ville ; à la Soufrière, c'est par les anciens orifices que se sont faites les projections. L'éruption du Mont-Pelé a commencé par un flot de laves boueuses, alors qu*on nen a pas vu & la Soufrière. D'autre part, le souffle brûlant qui a tout balayé à Saint-Pierre était essentiellement similaire à celui décrit comme s'étant produit à Saint-Vincent. Les deux éruptions produisirent surtout du sable chaud et des poussières avec une petite proportion de blocs.
Le 2 septembre une nouvelle éruption se produisit et une partie du sommet de la Soufrière fut projetée dans les airs (voir n« »84).