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— Le dieu Bès.
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de mettre en fuite les êtres mauvais, morts et vivants, fantômes ou ennemis en chair et en os par lesquels les hommes durant le sommeil ou dans l’état de veille sont à tout instant tourmentés et assaillis. (Boreux). La figuration de Bès sur ces objets de toilette pouvait ainsi avoir une signification protectrice. « C’est qu’en se fardant l’Egyptien et l'Egyptienne pensaient écarter des ouvertures de leurs visages, de la bouche, des narines, des veux tous les démons minuscules et invisibles qui auraient pu s’y introduire ». (Perdrizt).
Les représentations de Bès tirant la langue sont faites pour faire peur aux démons à moins que ce ne soit pour les désarmer en les faisant rire.
C’est en raison de son rôle d'épouvantail que son image figure sur certaines armes ou sur les meubles.
Pendant la période Saïte la popularité de Bès croît, et à la période gréco-romaine, la tendance de faire du dieu Bès un génie protecteur, va en s’accentuant ; on voit alors ce dieu revêtir une apparence guerrière ; 1} est armé d’une épée laquelle est parfois remplacée par une feuille à nervures et porte un bouclier. |
Ces attributs guerriers contrastant avec son aspect grotesque habituel ajoutent au comique de sa physionomie !.
1. Du Dieu Bès dérive probablement une des trois sœurs Gorgone la Méduse dont le regrad pétrifié conserve les principaux caractères
du Dieu Bès; faciès lunaire, langue sortant d’une bouche élargie et ricanante.
Des médecins se sont attachés à faire entrer dans un cadre pathologique défini ce dieu nain effrayant.
Pour Charcot il s’agit de rachitisme.
Pour Richer et Porak l’achondroplasie ne fait pas de doute. Pour Regnault le dieu Bès illustre le crétinisme myxœdémateux.
Après avoir examiné de nombreuses statuettes de ce dieu dont les premières datent de la XIIe dynastie et les dernières de l’époque grecque nous n'avons pu nous rallier à l’un quelconque de ces trois diagnostics.
Tout en admettant que certains traits du dieu Bès sont analogues à ceux présentés par les rachitiques, les achondroplases ou les myxæœdémateux, nous croyons cependant que l'étiquette, quelle qu’elle soit, appliquée sur la dystrophie de ce dieu ne répond pas à la réalité, ou du moins semble par trop exclusive.
En effet, si la macrocéphalie et la courbure accentuée des membres inférieurs sont en faveur du diagnostic de rachitisme, par contre l’aspect râblé et trapu du corps, le faciés lunaire la forme du crâne, l’absence de tout autre signe de la série rachitique, la rectitude des membres figurée parfois permettent d’éliminer cette affection.
Nanisme, macrocéphalie, micromélie des membres inférieurs ‘pourraient être invoqués en faveur de l’achondroplasie.
Par contre d’autres signes plaident contre ce diag-
nostic.
En effet il n'existe pas de micromélie des membres supérieurs qui parfois même semblent plus longs que normalement.
Quant aux membres inférieurs leur briéveté ne tient qu'à leur incurvation.
De plus la forme du crâne n’affecte pas la forme souvent ronde des crânes achondroplases. Il affecte parfois la forme allongée et tronconique à grande base inférieure des crânes de crétins myxœdémateux. C’est à ces derniers que Bès est le plus souvent comparé.
En effet de nombreux signes du nain myxœdémateux se retrouvent chez lui.
L'aspect bestial, la langue pendante et large, le nez épaté, les grosses lèvres pendantes, les membres trapus et difformes. se retrouvent chez la plupart des statuettes de Bès comme chez le myxœdémateux décrit par Bourneville.
Mais là encore il existe des signes qui ne s’accordent pas avec cette dystrophie.
Si la forme allongée de la tête avec front bas et fuyant se retrouve sur quelques statuettes, par contre il existe de nombreuses autres ou le crâne est figuré avec des bosses frontales accentuées et des arcades sourcillères saillantes.
De plus les organes génitaux sont parfois développés ce signe ne s'accorde pas avec un myxœdéme où
au contraire l’évolution sexuelle ne se fait pas.
Enfin sur de nombreuses reproductions du dieu Bès nous avons relevé quelques signes qui peuvent facilement être interprétés comme des manifestations acromégaliques.
En effet la langue hypertrophiée, la bouche épaisse, les arcades sourcillères proeminantes, le nez énorme, le volume souvent exagéré des extrémités plaident en faveur de cette nouvelle hypothèse. Mais pas plus que les autres ce diagnostic ne peut être envisagé isolément.
Le cas de Bès est complexe et il ne nous semble pas qu'il faille le faire entrer à toute force dans un cadre nosographique déterminé.
A notre sens il représente un ensemble pathologique que les artistes ont compliqué à souhait, pour le rendre particulièrement laid et terrifiant et par conséquent protecteur.
De plus ce rôle de protecteur à notre avis s'exerce non seulement contre les démons invisibles qui faisaient la terreur des Egyptiens mais également contre une atteinte de dystrophie et de maladie enlaidissantes dont le dieu Bès est en quelque sorte la synthèse.
C’est en raison du principe « similia similibus curanlur que les sauvages sculptent des ébauches grossières de varioleux, de rhumatisans, de paralytiques, de contractures, pour se garantir de ces maladies.
De même dans nos pays les saints sont sensés de
guérir les malades dont ils ont souffert.
Er AT ds
C’est ainsi que Saint Mamer dont le ventre ouvert laisse sortir les entrailles guérit les affections intestinales et que Saint Livertin inclinant la tête à droite guérit la céphalée.
De même, le dieu Bès qui est un recéptacle pittoresque où le rachitisme, le myxœdème et l’acromégalie mêlent à qui mieux mieux leur symptomologie, jouerait un rôle de préservation envers ces maladies, avec cette {différence que Bès protègerait non pas contre une maladie déterminée mais contre tout un groupe d’affections et de dystrophies enlaidis-
santes. Il serait en quelque sorte un dieu «omnibus », 3) Toueris
Une divinité égyptienne populaire la déesse Toueris semble avoir échappé à l'attention des médecins égyptologues qui ne paraissent pas s'être intéressé à son cas, nettement pathologique à nos yeux.
La déesse Toueris également connue sous le nom de Apet, est représentée debout ; sa tête est celle d’un hippopotame, d'ou l'appellation qui lui est fréquemment attribuée de déesse hippopotame.
Le développement anormal de l’abdomen largement dilaté et proéminant, le volume des seins sont habituellement interprétés comme le signe d’une ges-
tation et ont fait considérer Toueris comme la déesse