‹ Étude des Schwannomes de l’Intestin GrêleChapitre 39 sur 55 · Douleurs abdominales sans tumeur · texte numérisé non relu

Douleurs abdominales sans tumeur

et sans maladie de Recklinghausen

O8s. n° 28 de Dudley (1930).

Une femme de 49 ans est hospitalisée pour des douleurs abdominales.

L'examen clinique est négatif.

Une laparotomie exploratrice découvre une tumeur de l'intestin grêle. Exérèse par résection intestinale.

À l'examen histologique : schwannome sans signes de dégénérescence maligne.

Guérison.

Ors. n° 29 de Miller et Frank (1939).

I. B.. est un homme de 47 ans, qui consulte son médecin pour une perte de poids. On pense alors à une tuberculose. Il se plaignait simplement d’une perte de poids, d’asthénie et d’un vague malaise abdominal associé parfois à des douleurs constrictives.

L'examen ne montra rien d’autre qu’une légère douleur à la palpation profonde du cadran inférieur gauche de j'abdomen. Une radiographie pulmonaire fut négative. Un examen gastro-intestinal complet ne montra aucune anomalie de l’estomac ni du colon ni de l'intestin grêle.

Numération globulaire : G. R. : 3.980.000 avec un toux d’'Hb à 73 %.

On pensa, sur ces données, à une fumeur maligne intra-abdominale, de nature inconnue et l'indication opératoire fut posée.

A l'intervention, le 15 février 1933, l'exploration abdominale montra un foie et une rate normaux. Il n'existait pas de cancer de l'estomac ni du duodénum, mais, au-dessous du ligament de Treitz on trouva une tumeur de la taille d’une orange et qui grossièrement ressemblait à du tissu ovarien. De couleur blanc grisâtre, elle s’étendait vers le rein gauche, mais celui-ci ne paraissait pas lui avoir donné naissance. Le rein droit était normal. Le colon était également sain. En commençant au ligament de Treitz, on se mit alors à dérouler l'intestin grêle jusqu’à la valvule iléocoecale et l’on découvrit de nombreuses tumeurs de taille variable. Les plus grosses faisaient saillie au dehors de Ja paroi intestinale, étaient de couleur jaune et ne semblaient pas obstruer la lumière intestinale. Les plus petites, de couleur jaunâtre, légérement ombiliquées, semblaient provenir de la sous-séreuse. En de nombreux endroits, là où ces tumeurs faisaient 1 cm. de diamètre ou davantage, existait une invagination partielle, qui n’excédail jamais'2 cm. de longueur : toutes étaient facilement réductibles. 2

Comme il était évidemment impossible de faire l’exérèse totale du tissu néoplasique, on ne fit qu’une résection d'environ 35 cm. d’iléon.

AD

Examen anatomo-pathologique : macroscopiquement, le fragment de jejunum, long de 38 em., présente 5 tumeurs. Elles ont un diamètre variant de 0,5 cm. à 4 cm. Toutes produisent une certaine obstruction, la plus grande ne ménageant qu’une faible ouverture de 1 cm. de diamètre. Les tumeurs sont recouvertes par la séreuse, certaines sont arrondies, d’autres sont déprimées en forme de godet. La muqueuse en regard est ulcérée sauf au niveau de 2 d'entre elles où elle est intacte. À la section, elles sont de couleur grisàtre, constituées d’un tissu néoplasique extrêmement friable, très vascularisé et contenant de nombreuses petites hémorragies récentes. Les bords des ulcérations font quelque peu saillie, mais ils ne sont pas épaissis et le tissu tumoral ne semble pas se con- {inuer par la muqueuse. Les bords sont infiltrés et la paroi intestinale détruite en partie. La tumeur est parfois située sous la musculeuse, parfois au-dessus.

A l'examen microscopique, les coupes montrent qu'il s’agit d’une tumeur maligne. Son origine nerveuse se reconnaît aux caractères généraux des cellules et à leur disposition en faisceaux et en tourbillons. On ne peut déterminer avec certitude si Ces tumeurs sont métastasiques ou si elles sont primitives, il semble que la deuxième hypothèse doive nous retenir.

En conclusion : neurofibro-sarcome multiple du jejunum avec occlusion partielle.

Les suites opératoires furent heureuses et le malade quitta lhôpital 20 jours après l'intervention Il devait mourir trois mois après, le 16 mai 1933.

L’autopsie fut pratiquée. L’abdomen était modérément distendu, la cicatrice opératoire médiane parfaite. La cavité péritonéale contient environ {1.200 cc de sang non coagulé. La plèvre est normale, sans liquide ni adhérences. L’intestin grêle est légèrement distendu par les gaz et adhère au péritoine pariétal au niveau de la résection. On découvre de nombreuses tumeurs de lintestin grèle mesurant de 1 à 10 cm. de diamètre. Quelques unes sont de forme annulaire avec une large lumière liée à la nécrose du tissu néoplasique. Quelques unes sont responsables d’une obstruction partielle du fait de leur saillie dans la lumière intestinale. À la section, ces tumeurs sont formées d'un tissu néoplasique grisâtre dont Je centre est nécrosé et, ici et là, des plages hémorragiques anciennes ou récentes. L'aspect macroscopique était le même que celui de la pièce opératoire. On compta au total 21 tumeurs dans la paroi intestinale, 8 au niveau du mésentère et des ganglions rétropéritonéaux dans la moitié supérieure de l'abdomen, mais il n’y en avait pas dans le pelvis ni au niveau de la bifurcation aortique. Un ganglion envahi se trouve face au rein gauche mais celui-ci n’est pas envahi.

Les ganglions thoraciques sont intacts, mais il existe des foyers broncho- pneumoniques dans le lobe postérieur de chacun des poumons.

L'examen microscopique révéla un néoplasme identique à celui prélevé au cours de l'intervention.

Ainsi il s’agissait d’un neurofibrosarcome de l'intestin grêle avec métas-

tases au mésentère et aux ganglions rétropéritonéaux.

Lez

Page 1