OBSERVATION XCVIII
Cholécystectomie pour cholécystile aiguë suppurée sans calculs, avec péricholécystite. Suiles éloignées : sept ans et dix mois
Homme âgé de 18 ans, éudiant en médecine ; présente en mars 1911, une première crise de cholécystite au cours d’une fièvre typhoïde (douleurs dans l’hypochondre droit très violentes avec irradiation dorsale et scapulaire et tuméfaction sous-hépatique au palper). En mai 1912 deuxième crise douloureuse. À la suite de cette crise la région vésiculaire reste douloureuse à la pression. En janvier 1914 dernière crise avec température à 39° et vomissements bilieux. Au palper : contracture de défense et sensation de
placard douloureux descendant du rebord costal vers l’ombilic. Dans l'intervalle des crises le malade se plaignait de constipation chronique.
Opération le 12 février 1914, par M. HarTmanx. Cholécystectomie rétrograde. La vésicule est petite, rétractée, adhérente au colon, à l'épiploon et au duodénum. Elle contient du mucopus où l'examen bactériologique a décelé du colibacille. Mais pas de bacille d’Eberth. La vésicule ne renferme pas de calculs.
SUITES ÉLOIGNÉES. — Revu en janvier 1922. Le malade, parti en campagne à la mobilisation, est pris le matin du 15 août 1914, vers dix heures du matin, d’une crise douloureuse violente dans l'Eypochondre droit sans irradiations, avec nausées non suivies de Yomissements et sans ictère. Cette crise, beaucoup moins violente que les crises antérieures, dure trois ou quatre heures et tourne court. Le malade dif que ses crises antérieures étaient toujours précédées d’une sensation de faim impérieuse très spéciale ; ce symptôme, ne s'est pas manifesté lors de cette crise ni des suivantes. Fin septembre 1914, ayant de la diarrhée depuis quatre ou cinq jours (fait coïncidant avec une période où le ravitaillement de son régiment était défectueux), il a, vers cinq heures du! soir, une nouvelle crise de douleurs qui se localisent cette fois dans. l’épigastre et dans l’hypochondre droit. La crise a duré toute la nuit avec vomissements. Elle a été suivie, deux ou trois jours après, d’une poussée de subictère avec urines foncées, selles moins colorées pendant quatre ou cinq jours. Au bout de ce temps le malade a pu reprendre son service. Il a pris alors du sulfate de soude à petites doses. pendant quelque temps. En novembre 1914, troisième us sans ictère ni fièvre mais avec vomissements brunâtres et très amers. Quatrième crise quelque temps plus tard lors d’un transport en chemin de fer, comme prisonnier et à la suite d’une alimentaïion très défectueuse. Cette crise a succédé à une période de diarrhée comme la deuxième, avec vomissements, sans ictère. Elle à été calmée par une injection de morphine.
Enfin dernière crise le 12 juillet 1919. Ayant subi l’ablation d’un kyste poplité, croyant avoir cessé de vomir après l’anesthé-
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sie, a été pris, dans la nuit suivante, d’une crise douloureuse dans l’hypochondre droit avec vomissements, très analogues aux précédentes et que la morphine a calmée rapidement. Depuis cette époque le malade n’a plus jamais souffert et mène une vie absolument normale sans suivre aucun régime. Dans l'intervalle des crises il ne souffrait pas, mais il conservait cependant une certaine sensibilité de l’hypochondre droit à la pression profonde. Il est à noter que, très constipé avant l'opération, le malade a toujours eu depuis des garde-robes normales et faciles.” |