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certains travaux allemands ou américains, des statistiques assez nombreuses et parfois imposantes. Mais il faut reconnaître que si ces statistiques sont imposantes par le nombre de cas publiés (par centaines, voire par rilliers !) elles ne fournissent cependant que des renseignements encore bien imparfaits sur l'avenir exact des malades. Presque toujours, en effet, les auteurs se contentent de publier les statistiques globales de leurs opérations sur les voies biliaires, sans distinguer la valeur des résultats suivant les différents types d'opération pratiqués. Quand ils se limitent à la vésicule, il est rare qu'ils distinguent les résultats de la cholécystectomie de ceux de la cholécystostomie, ce qui est pourtant d'importance. Ces travaux reposent pour la plupart sur des bases peu solides ; trop souvent le lecteur doit faire confiance à l’auteur pour l'interprétation des symptômes..On se contente en général d'établir le degré de fréquence des accidents graves (adhérences serrées, retours de lithiase) dans les suites éloignées des interventions ; quant aux malades qui se plaignent encore de troubles légers, tout en les comptant le plus souvent au nombre des guérisons, on se borne à les classer en deux catégories : les nerveux, les ptosiques.
I! nous à donc paru intéressant d'aborder cette question mal connue. Nous nous limiterons à l'étude des résultats éloignés de la cholécystectomie simple, en l'absence de toute intervention sur la voie principale. Il nous fallait, pour nous former une opinion, pouvoir tabler sur un nombre de faits suffisants. C’est sur l'étude de cent opérés suivis pendant une période variant de un an à dix-neuf ans et demi que ce travail est basé. Ces cents malades ont
été opérés dans le service de notre maître M. le Professeur HARTMANN, tous par conséquent suivant les mêmes règles, suivant les mêmes principes de technique. Is constituent bien une statistique intégrale appartenant au même chirurgien. PE
Mais les théories pathogéniques ont, de tout temps, trop dominé la question de la thérapeutique de la lithiase biliaire, de son traitement chirurgical en particulier, pour que nous puissions en faire abstraction dans cette étude. La
théorie infectieuse et la théorie diathésique se sont tour à
- tour disputées la place prépondérante dans cette pathogénie. Dès son avènement, la théorie infectieuse, avec les travaux
de M. le Professeur Gilbert et de ses collaborateurs, avec
les expériences de Mignot, a donné au chirurgien le maximum de confiance et d’espoir en ses moyens d'action ; ce dernier semblait en droit de penser, pour ce qui est de la lithiase vésiculaire, que, par la cholécystectomie, il supprimerait pour l'avenir, chez ses opérés, tous les accidents liés à la lithiase elle-même. La théorie diathésique a de tout temps, il est vrai, tempéré cette opinion. Défendue par Bouchard et son école, un instant détrônée, cette théorie semble jouir d’une fortune nouvelle depuis que par leurs recherches-M. le Professeur A. Chauffard et ses élèves sont parvenus à définir en quelque sorte cette diathèse sous la forme plus concrète de l’hypercholestérinémie. Si l’on admet cette théorie la chirurgie devient incapable de guérir jamais la lithiase car elle ne peut logiquement supprimer l’état diathésique qui a présidé ‘à la formation des calculs. Tout son pouvoir doit se borner à mettre le malade à labri
des complications graves. C’est bien ce qu'exprime cet
aphorisme de M. Chauffard : « La chirurgie peut guérir le malade, mais elle ne guérit pas la maladie ».
Entre ces deux conceptions extrêmes, laquelle est la vraie ? La suppression de ces vésicules infectées n'amène-telle donc jamais la cessation de tous les symptômes qui de près ou de loin se rattachaient à la lithiase ? la notion de terrain est-elle si générale dans ses applications que
l’on doive toujours considérer ces opérés comme à la merci d'accidents plus ou moins Sérieux pour l'avenir ? Ne trouverons-nous pas, au contraire, dans l'observation des malades, des faits qui départagent les défenseurs de ces différentes théories pathogéniques ? C'est ce que nous essaierons de voir au cours de cette étude, par l'analyse méthodique et scrupuleuse de nos différents cas.
Pour juger avec rigueur des résultats de l'intervention, il résulte avec évidence de ce qui précède que l’on paraît exiger plus, actuellement, comme critérium de la guérison, que les seuls renseignements de la clinique. Il faut juger cette guérison à la lumière de certaines données biologiques. On doit s’efforcer de savoir quel est l’état fonctionnel de la cellule hépatique chez les malades opérés ; on doit constamment se demander si l’hypercholestermémie. existe encore et dans les cas où elle se rencontre si sa constatation est en rapport avec les troubles accusés par les malades. C’est ce que nous avons essayé de faire dans une partie de ce travail. |
Nous tenons ici à remercier profondément notre Maître, M. le Professeur HARTMANN qui a inspiré cette thèse, a bien voulu mettre à notre disposition les observations de son
service et n’a cessé de nous soutenir de ses conseils.
Nous désirons adresser notre plus vif témoignage de reconnaissancé à 0 Ledebt, préparateur de M. le Pr ofesseur Débenns à l’Institut Pasteur, pour l’amabilité qu’elle nous a témoignée en se chargeant de tous nos dosages de cholestérine. Si les faits que nous rapportons à cet égard ont quelque valeur et quelque intérêt, c'est bien à elle qu ‘ils le doivent.
Nous remercions aussi nos amis Chabrol, médecin des Hôpitaux, et H. Bénard, chef de laboratoire à l’Hôtel-Dieu, pour les avis aussi/prudents qu'utiles qu’ils nous ont parfois prodigués.
Nous sommes heureux enfin de rendre hommage au D Lagarenne, radiologiste-adjoint de l’Hôtel-Dieu, dont la
compétence et le dévouement nous ont été si précieux pour
l'examen de nos malades et l'interprétation de certains
; troubles.
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