OBSERVATION LXXI
Cholécystectomie pour cholécystile calculeuse chronique sans péricholécystite, Suites éloignées : deux ans et trois mois
Femme âgée de 32 ans. Deux enfants. A eu une poussée d’ictère à l’âge de 7 ans. En 1910 la malade se plaint de pesanteur épigastrique après le repas et maigrit. Le 5 octobre 1920 survient une crise de douleurs épigastriques avec irradiation vers l’ épaule droite et sensation d’étouffement. Gette crise est calmée par la morphine. Elle s'accompagne d’ictère qui subsiste avec variations jusqu'au mois de janvier suivant. De petites crises avec ictère se répètent jusqu’en 1915. En 1916 et 1917, la malade se plaint de temps à autre d’un point douloureux dans le flanc droit et et dans le dos, surtout à l’occasion de fatigues. En septembre 1918, nouvelle crise douloureuse, sans ictère. Depuis ce moment des crises analogues se manifestent à intervalles variables. A l'examen on trouve un foie un peu augmenté de voluma ; on sent au-dessous du foie une masse douloureuse avec ballottement,
Opération le 12 avril 1919, par M. HARTMANN. Choiécystectomie rétrograde. Vésicule sans adhérences, à parois un peu épaissies, contenant de nombreux calculs.
Suites immédiates : Très léger écoulement de bile par le drain pendant quarante-huit heures. Suppression du drain le 15 avril.
SUITES ÉLOIGNÉES. — Revue le 24 juillet rg21. La malade s’est trouvée très soulagée jusqu'en janvier 1921. Depuis janvier 1921 elle a présenté trois petites crises douloureuses analogues, dit-elle, .à celles d'autrefois. La dernière crise date de mai 1921. Mais ces crises ne duraient qu’un quart d'heure et ne s’'accompagnaient ni de vomissements, ni de jaunisse, ni de décoloration des matières.
. Dans l'intervalle de ses crises la malade prétend souffrir quoiidiennement, trois heures après le repas de midi, d’une douleur
colicative, en barre, douleur qu’elle situe dans la partie inférieure de l’épigastre. Ces coliques ne sont pas suivies de garde-robes ni d'expulsion de gaz. Elle souffre moins debout que couchée. Dans le décubitus latéral elle souffre moins sur le côté droit que sur le côté gauche.
La malade est très constipée. Elle ne présente pas de glaires ni de peaux dans ses selles. Elle est sujette aux maux de tête. Eller s'étonne de continuer à souffrir ainsi malgré le régime strict auquel elle n’a cessé de se soumettre depuis l’opération. Elle fait. régulièrement usage d'huile de Harlem et s’en trouve soulagée. La malade manifeste une émotivité exagérée. Elle aurait consulté récemment, pour des troubles utérins ; un médecin aurait diagnostiqué un fibrome. À, l’examen on constate un sujet aux téguments très pigmentés. Au niveau de l’abdomen existe une cica trice parallèle au rebord costal doit, souple et sans éventration. Le ventre et uniformément sensible à la palpation. Il semble cependant que l’on puisse admettre l'existence d’un point douloureux plus marqué à la pression profonde au niveau de la partie supérieure de la cicatrice, et d’une zone d’endolorissement diffus au-dessus et à droite de l’ombilic.
Il existe du clapotage gastrique bien que la malade soit à jeun.
Pas de ptose. L'examen de l’appareil génital dénote un utérus légèrement augmenté de volume, en antéversion normale. Les culs de sac sont souples. Les annexes ne présentent rien d’anormal.
Urines : Sels biliaires : Tu = 940. Urobiline +. Albumine o.