D POLE
Très souvent, nous avons noté l'effet sédatif évident des cholagoques et des antiseptiques biliaires (salicylate de soude) sur les douleurs. |
À la palpation de ces malades, que l’on voit d’ailleurs le plus; souvent en dehors d’une phase douloureuse, la cicatrice est souple, sans éventration, sans douleur à la pression. La matité hépatique est normale. Il est fréquent de constater des signes de ptose rénale avec clapotage gastrique, plus rare de trouver un foie abaissé.
Dans des cas plus rares (8 seulement dans notre série), il s'agit de véritables crises douleureuses. La topographie des douleurs est la même que pour les troubles discontinus dont nous parlions plus haut et nous n'y reviendrons pas. Ces accidents peuvent débuter sans cause apparente, mais le plus souvent c’est à l’occasion d’un écart de régime qu'ils font leur apparition. Ils s'accompagnent souvent de nausées, inconstamment de vomissements. Leur durée est variable ; si la crise peut parfois durer vingt-quatre heures, presque toujours elle est aussi vive que fugace : un quart d'heure à une heure dans la plupart des cas. Tous les malades insistent sur ce fait que les crises sont moins intenses el surtout beaucoup moins prolongées que les crises antérieures.
Ces accidents peuvent survenir, bien que rarement, dès les jours qui suivent l'intervention, à l’occasion de la reprise de l'alimentation ; mais le plus souvent c’est à la suite d’une phase silencieuse plus ou moins longue après la cholécystectomie qu'elles font leur première apparition. Tantôt les malades n’en ont présenté qu’une seule depuis
l'opération. Tantôt les crises se sont répétées à intervalles
variables, parfois périodiques, survenant tous les deux ou trois mois chez certaines, au moment des périodes menstruelles chez d’autres. Très souvent aussi on voit des malades qui ont souffert pendant un an ou deux de crises semblables et qui depuis sont complètement soulagés.
Il n’est pas rare que dans l'intervalle les opérés se plaignent de douleurs continues, du genre de celles que nous avons plus haut décrites. Comme pour celles-ci nous notons l'absence d’ictère au cours des crises, mais parfois aussi on à remarqué une diminution dans la coloration des matières, coïncidant avec une teinte plus foncée des urines. ques Enfin, il est possible que de pareihes crises s’accompagnent de fièvre. Un de nos malades en particulier (1), se plaignait en effet, périodiquement tous les trois mois, d’étre arrêté par des accidents douloureux dans le côté droit, avec inappétence, température à 39°. Ce malade était un ancien opéré pour cholécystite aiguë suppurée et il paraît évident qu'un facteur infectieux est responsable ici de la persistance des accidents, ainsi que nous le verrons en étudiant la pathogénie dé ces troubles.
L'examen de l'abdomen chez ces malades révèle’ peu de chose, sinon un point douloureux solaire, parfois un peu d'endolorissement de la région sous-hépatique, quelquefois du clapotage gastrique ; ce dernier est d’ailleurs presque toujours en rapport avec des signes de ptose viscérale plus ou moins prononcés.
Toutes les fois que nous avons pu pratiquer l'examen ra-
(1) Observation LXIX.
diologique de l'estomac et du duodénum sous l'écran, il nous à été loisible de constater que ces organes étaient absolument normaux comme forme, comme mobilité et comme motilité. Aucun des points douloureux que l’on pouvait avoir observé cliniquement ne répondait à l'ombre gastro-duodénale. :
On voit donc combien tous ces troubles sont légers, mèême quant aux crises douloureuses et combien sont améliorés tous ces malades par rapport à l’état antérieur. Malgré ces ennuis persistants, tous reconnaissent les bienfaits de l'opération et se félicitent de s’y être soumis. Leur état général en effet est toujours excellent, tous ont engraissé depuis l'opération et si, certaines femmes surtout, ont même tendance à l'obésité, toutes ‘sont capables, en tout cas, d'une vie absolument normale. La plupart de ces symptômes enfin paraissent conditionnés avant tout par un défaut de soins médicaux, ainsi qu’on en peut juger par l'heureuse influence du régime et des médicaments chez beaucoup de ces opérés.
2° Douleurs de type pancréatique (Obs. LXXI à LXXIV).
Chez quelques rares malades il nous a été possible d’observer certains symptômes paraissant en rapport cliniquement avec le pancréas. Certaïns, en effet, se plaignent de souffrir continuellement du côté gauche à la base du thorax ou dans la région lombaire gauche, alors que l'examen minutieux de l’appareil urinaire et de l'estomac, reste absolument négatif. Cette douleur s’accompagnait chez un de nos opérés d'irradiation au mamelon et à l'hypochondre
droits, mais c'était à gauche que siégeait sourtout la dou-