PA LRE
tension sur une vessie enflammée et dont la sensi- - bilité à la distension est par suite beaucoup plus considérable. Cette douleur est continue et excessive et oblige le malade à réclamer d’une façon très pressante une intervention.
Ces vessies contractées non seulement sont douloureuses à la distension mais encore sont à peu près impossibles à distendre et il est dangereux d'essayer de les distendre car on risque de produire une rupture vésicale. Guyon cite un cas très frappant où une injection de. moins de 200 gr. provoqua la rupture d’une vessie douloureuse contractée.
A côté de ces vessies rétractées on observe également dans la tuberculose de la prostate des vessies à grosse capacité et qui semblent avoir leur sensibilité à la distention un peu émoussée (obs. 5, 10, 11, 16, 20, 21, 23). De plus, quelquefois (ainsi qu'on l’observe dans l’obs. n° 11) la vessie est impuissante à chasser toute l’urine qu’elle contient ; elle en retient une partie. C’est la rétention incomplète. Cette vessie paresseuse peut être la source de misères muluples pour le malade. En effet, sous l’influence de cette rétention pourront apparaître les accidents les plus sérieux : infection ascendante pouvant gagner les reins, troubles de la fonction rénale, ete. Ces accidents sont assez fréquents et Guyon et Albarran ont étudié et décrit les iésions rénales de cette néphrite des rétentionnistes. L'état général du malade qui est déjà mauvais par suite des lésions bacillaires prostatiques, reçoit le coup
ne
de grâce dès que la fonction rénale est atteinte. Le malade qui avait jusque là bien résisté reçoit un assaut fatal par suite de l'insuffisance rénale qui se crée. Et si l'intervention n’est pas précoce et bien dirigée, ces malades sont «la proie de l'infection urinaire ».
Parallèlement à ces troubles qui envahissant tout l'appareil urinaire et par suite retentissent sur l'organisme tout entier. se développent quelquefois des troubles psychiques légers. En effet, 1l n’est pas rare de voir ces malades considérablement affectés par leurs troubles urinaires, se désintéresser de tout et ne penser qu’à leur affection. La douleur qu'ils éprouvent à satisfaire leurs besoins d’uriner trop fréquents empoisonne leur existence et il s’en suit que ce sont des malades décidés à supporter toute thérapeutique et qui même le plus souvent vont au devant d’une intervention et ne laissent aucun répit au chirurgien tant que ce dernier ne les a pas opérés. On conçoit facilement leur état d'âme leur abattement. Ils ne prennent aucun repos, aucune alimentation et par suite sont très affaiblis, très amaigris, et ils en arrivent à un état de dépression physique et morale considérable qui les conduit à la neurasthénie grave.