PREMIÈRE PÉRIODE. — PÉRIODE ÉPILEPTOÏDE
Une attaque complète d’épilepsie vraie se compose d’une succession de phénomènes qu’on peut diviser en trois phases, se reproduisant toujours dans le même ordre.
1“ Tétanisation brusque des muscles de tout le corps, en même temps que spasmes viscéraux et perte de connaissance.
2“ Convulsion clonique des muscles tétanisés.
3° Résolution générale et stertor.
Nous retrouvons dans la période épileptoïde de l’attaque hystéro-épileptique le même cortège de symptômes, au point qu’un observateur non prévenu pourrait prendre pour de l’épilepsie vraie ce qui n’en a, en définitive, que les apparences. Deux faits entre autres prouvent péremptoirement que l’épilepsie n’est là que dans le dehors et non dans le fond des choses ; 1° la compression ovarienne arrête brusquement l’attaque à quelque moment de la période épileptoïde qu’on la pratique; 2° les interversions de courants électriques produisent le même effet. Or jamais aucun de ces moyens n’a pu non seulement enrayer, mais même atténuer les convulsions de l’épilepsie vraie.
Afin de préciser autant que possible les caractères de cette période épileptoïde, j’ai entrepris avec mon collègue et ami M. Régnard, d’appliquer à son étude les procédés graphiques de M. le D’^ Marey. Nos recherches ont fait l’objet d’une présentation à la Société de biologie le 13 juillet 1878 et sont consignées tout au long dans un mémoire qui a paru dans le numéro de septembre 1878 de la Revue mensuelle. C’est à l’étude des convulsions ex-
ternes que nous nous sommes particulièrement attachés. Nous avons fait usage de l’appareil myographique du D' Marey. Le tambour explorateur a été appliqué le plus souvent sur la masse musculaire antérieure de l’avant-bras.
Notre appareil a enregistré les modifications survenues dans la contraction musculaire pendant les mouvements convulsifs du bras. Et comme les convulsions quand elles sont générales, comme c’est le cas ici, revêtent par tout le corps le même caractère, à part toutefois la question de prédominance, il se trouve que nos tracés représentent assez fidèlement la physionomie de l’attaque épileptoïde dans son ensemble, et que ses différentes phases y sont inscrites par des courbes variées.
Ce procédé graphique est venu confirmer ce que la simple observation avait déjà donné, et nous divisons entrois phases la période épileptoïde de l’attaque hystéro-épileptique :
1“ Phase tonique;
2“ Phase clonique ;
3° Phase de résolution.