‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 15 sur 70 · MODE DE DÉBUT · texte numérisé non relu

MODE DE DÉBUT

Lorsque l’attaque d’hystéro-épilepsie survient spontanément, comme par les seuls progrès de la marée hystérique, dont le flot monte par degrés, la période épileptoïde est précédée de quelques phénomènes convulsifs variés, sans parler ici des phénomènes douloureux de \aura hystérique dont il a été question.

Ces troubles moteurs ne se produisent que peu d’instants avant la phase tonique, qu’ils préparent pour ainsi dire. Tantôt ce sont des secousses générales qui soulèvent tout le corps ou bien affectent plus particulièrement un côté du corps, ou bien se localisent aux membres supérieurs. Ces secousses, d’abord éloignées, se rapprochent de plus en plus. Elles sont très nettement indiquées sur les tracés de lafig. 30 par les grandes oscillations qui pi'écèdent l’ascension de la phase tonique. C’est, tantôt un mouvement précipité des paupières supérieures, tantôt une ondulation rapide

PÉRIODE ÉPILEPTOÏDE.

du venlre avec borborygraes bruyants, tantôt un tremblement général ou d’un côté du corps seulement; tantôt la respiration bruyante se précipite par degrés.

Pendant les quelques secondes que durent ces phénomènes, la malade a conscience de ce qui se passe en elle. Mais déjà elle est distraite du monde extérieur, et son intelligence s’obscurcit.

Puis surviennent à la fois les trois phénomènes qui marquent le début de la phase épileptoïde, la perte de connaissance, l’arrêt de la respiration et la tétanisation musculaire.

Quand au contraire l’attaque hystéro-épileptique n’est pas abandonnée à elle-même, lorsqu’elle est précipitée ou même complètement provoquée par des influences extérieures, dans l’ordre psychique ou somatique, commeuneimpressionmorale vive, ou l’attouchement des zones hystérogènes, le début de la période épileptoïde peut être tellement brusque que la malade tombe comme foudroyée, et la perte de connaissance est si rapide, qu’au sortir de l’accès, le souvenir de la cause qui l’a provoqué n’existe pas h

La perte de connaissance est complète pendant toute la durée de la période épileptoïde et l’on peut facilement s’en rendre un compte exact. La compression ovarienne permet de réveiller tout d’un coup la malade à n’importe quel moment de son attaque. Si on la réveille dans les autres périodes de l’attaque et qu’on l’interroge, elle raconte parfaitement le sujet de son hallucination ; mais, pendant la période épileptoïde, sa réponse est invariable ; elle ne sait rien, elle n’a rien vu, elle ne se souvient de rien.

Le cri de l’épileptique qui tombe n’existe pas ici. Contrairement à ce qu’a dit Briquet, M. Charcot professe que l’hystérique en tombant ne crie pas. Le spasme respiratoire qui survient brusquement

1. Dans son intéressante observation d’hystérie avec catalepsie et somnambulisme, publiée au n“ de février 1860 des Archives générales de médecine, le D’’Mesnet raconte qu’un jour on présenta à la malade une lettre : aussitôt violentes attaques d’hystérie avec catalepsie; trois fois on lui présente la lettre, trois fois elle est reprise de convulsions, et, au sortir de chaque accès, elle n’a nullement conscience de ce qui vient de se passer, elle a oublié la lettre qu’on lui a présentée.

TÉdlODE ÉPILEPTOÏDE.

est la cause quelquefois d’un son laryngien plus ou moins rauque ou étouffé. On peut entendre aussi quelque bruit pharyngien occasionné par une vibration du voile du palais, ou des mouvements de déglutition bruyants.

Gl..., qui à ce moment ouvre parfois la bouche démesurément, pousse quelques c Ah! ah! » gutturaux. Mais aucun de ces bruits différents ne saurait être qualifié de cri.

Ce n’est pas à dire que le cri n’existe pas dans l’attaque hystéroépileptique, mais il ne se produit pas au début. Il fait partie de la deuxième période et est le plus souvent aigu et prolongé, toutefois il peut revêtir les caractères les plus variés. Nous le décrirons en temps et lieu.

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