‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 2 sur 70 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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L’attaque d’hystéro-épilepsie, ou grande attaque d’hystérie, ne surprend pas ; elle est toujours précédée quelquefois pendant plusieurs jours, d’un cortège de phénomènes permettant aux malades de prévoir le moment où elles vont tomber en attaque.

Ces signes précurseurs sont nombreux et variés; ils trahissent le trouble de l’économie tout entière et l’on peut dire qu’aucun des grands appareils n’en est exempt.

Pour en donner de suite une idée d’ensemble, je rapporterai le fait de l’une de nos malades qui, après être demeurée pendant sept mois sans aucun accident, au point qu’on pouvait la croire complètement guérie, vit ses attaques reparaître, sans qu’il nous ait été permis de saisir la cause de cette rechute.

« Marie B... hystéro-épileptique traitée par la métallothérapie, n’a plus d’attaques depuis huit mois. Tous les autres symptômes de l’hystérie, hémianesthésie, amyosthénie, ovarie, etc... ont également disparu. Elle exerçait les fonctions d’infirmière dans l’hospice et se pouvait croire délivrée de sa maladie, quand le 28 mai 1878 elle vient nous trouver.

Depuis deux mois, ses règles, qui avaient repris leur cours régulier, n’ont pas paru. A partir de la même époque, elle se sent plus faible et n’a pas d’appétit. Elle vomit même depuis trois jours et ne peut garder aucune nourriture. Elle est triste-, abattue, elle sent que ses attaques vont la repren-

dre et en conçoit le plus profond chagrin. Son visage altéré exprime la souffrance et l’inquiétude, elle éprouve un malaise général qui empêche tout travail et des idées noires envahissent son esprit. Elle est prise de frayeurs soudaines sans en connaître la cause. Elle ne dort pas,'des hallucinations la tourmentent pendant la nuit, elle voit des rats noirs et des chats auxquels elle fait la chasse. Ces animaux se montrent à la tête de son lit et du côté droit.

Aujourd’hui elle se plaint de souffrir des deux côtés du ventre, la douleur est plus intense à droite. Et quand on lui demande de préciser le point douloureux, elle montre la région ovarienne. Elle a des étouffements. La sensation douloureuse part du ventre, s’arrête à l’épigastre, puis monte à la gorge et produit la suffocation. Elle a de violentes palpitations cardiaques.

Ses oreilles sifflent, elle entend comme un wagon qui passe. Ses tempes battent, on dirait qu’on assène des coups de marteau sur la région temporale, surtout à droite, et le sommet delà tête est le siège d’une vive douleur.

Ces phénomènes douloureux reviennent par accès.

Ses jambes tremblent et fléchissent; elle est prise par moments de secousses générales qui la font sauter sur sa chaise.

L’anesthésie est complète et totale L Elle existe des deux côtés du corps, et une grosse épingle peut lui traverser les chairs sans qu’elle s’en aperçoive. La force musculaire est affaiblie, principalement ii droite. La pression dynamomélrique est de 9 pour la main droite et de 20 pour la main gauche.

L’achromatopsie est complète pour les deux yeux. Toutes les couleurs deviennent du « blanc », seul le bleu paraît « blanc fané ». — Elle dit voir par instants les «objets doubles».

Elle était autrefois sensible au cuivre, et le traitement du D"" Burq par la solution de sulfate de cuivre semble avoir amené sa guérison temporaire. Une plaque de cuivre, appliquée à l’avaiit-bras droit, ne modifie en aucune façon l’insensibilité. Cinq à six éléments de la pile Trouvé, appliqués aux deux tempes, ne donnent également aucun résultat.

Le soir à sept heures et demie elle avait ses attaques.

Dans la description qui va suivre, j’étudierai ces troubles variés dans l’ordre suivant :

'l°Les troubles psychiques, les hallucinations;

2° Les troubles des fonctions organiques ;

3° Les troubles de la motilité ;

4° Les troubles de la sensibilité.

t. On avait constaté, huit jours auparavant, l’intégrité de la sensibilité.

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