‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 28 sur 70 · III.'— TROUBLES DU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

III.'— TROUBLES DU MOUVEMENT

La contracture générale on partielle persiste souvent après l’attaque.

A. — Contracture généralisée. La contracture généralisée peut 1. Causes célèbres de tous les peuples, par A. Fouquier, cahier 46:

être douloureuse au point d’arracher à la malade, complètement revenue à elle, des cris déchirants.

Gen... à la fin de ses attaques voit souvent ses quatre membres conti’acturés dans des situations variables. Le plus souvent ils sont dans l’extension, mais ils ne restent pas dans une immobilité absolue. La contraction semble varier à tout instant, augmentant ou se relâchant un peu. Un tambour myographique appliqué sur le mollet, montre, par le mouvement continuel du levier enregistreur, que le muscle demeure peu de temps dans le même état de contraction. Tantôt la contracture s’exagère successivement sur les différents segments du corps, de sorte que les membres se contournent les uns après les autres ; tantôt le mouvement est

encore plus restreint et se trouve limité aux pieds, aux mains et même à un seul doigt. Ou bien le tétanisme général s’accuse partout à la fois, tous les muscles se dessinent sous la peau en saillies vigoureuses, et ces exacerbations de la contracture arrachent des cris à la patiente.

La contraction des muscles abdominaux est telle que la compression ovarienne devient très difficile; lorsque cependant on ar-

rive à la pratiquer, le relâchement musculaire se produit peu à peu et la contracture peut cesser complètement pour reprendre aussitôt que la compression n’est plus exercée. Les interversions électriques sont sans effet sur ces contractures.

Cet état de contraction musculaire généi’alisée donne à la malade des attitudes variées et souvent bizarres, qui, malgré leur ressemblance avec les attitudes que nous avons décrites dans le tétanisme de la période épileptoïde, et dans la période des contorsions, s’en distinguent aisément. Nous avons déjà signalé comme caractères communs aux attitudes du tétanisme et aux contorsions : — a). Leur variété; — b). La perte de connaissance au moins apparente; — c). L’immobilité tétanique; et comme caractères distinctifs: — d). Le peu de durée; — e). Le spasme de la respiration; — f). La perte de connaissance absolue, pour les attitudes de la phase épileptdide; — d). La durée souvent longue; —e). L’absence de troubles respiratoires; — f. Parfois la présence d’une hallucination pénible, pour les attitudes de la phase des contorsions.

Ici :

b) . Les attitudes sont également variées.

h). Mais la perte de connaissance n’existe pas, il n’y a pas d’hallucination, la malade a parfaitement conscience de son état, elle souffre horriblement et demande à grands cris qu’on la soulage.

c) . De plus, l’immobilité n’est pas absolue, l’attitude ne demeure pas longtemps la même, elle varie sinon dans son ensemble, au moins partiellement, vu l’état de contraction instable du muscle; nous sommes en présence d’une sorte de crampe généralisée opiï s’exaspère tantôt sur un point, tantôt sur un autre; c’est un phénomène purement musculaire, et le sensorium commun n’est point atteint.

d) . Enfin cet état peut se prolonger et la respiration n’est habituellement pas troublée.

Marc... voit souvent ses attaques se terminer comme celles de Gen... par ces contractures généralisées.

Nous aurons à examiner plus loin comment la prédominance de ces crampes généralisées donne à certaines de ces attaques, que les malades appellent du nom de tortillements, un caractère particulier.

B. — Contracture partielle. La contracture partielle, qui parfois succède aux attaques et se montre dans la quatrième période, n’est habituellement pas douloureuse. Elle atteint un bras, une jambe, ou bien une partie de la face, la langue..., etc.

Elle peut porter sur les viscères : la contracture de rœsophage peut empêcher pendant un certain temps l’alimentation, et la contracture du sphincter de l’urèthre, nécessiter le sondage.

Parfois au contraire l’attaque laisse derrière elle une parésie ou une paralysie de certains muscles, se traduisant par l’impuissance fonctionnelle d’un membre, par l’incontinence d’urine..., etc.

Enfin les secousses ou commotions épileptoïdes générales ou partielles peuvent se rencontrer ici comme dans les prodromes de l’attaque. Il en est de même des spasmes viscéraux : hoquet, nausées, vomissements, borborygmes, etc...

Il n’est pas rare de voir au contraire des troubles musculaires, contractures ou paralysies, qui existaient parfois depuis plusieurs années, cesser brusquement à la suite d’une attaque convulsive. Des faits de ce genre ont pu pa sser' pour des miracles, comme le témoigne le récit de Montgeron.

Je ne ferai qu’indiquer ici les sécrétions qui parfois terminent l’attaque.

Les urines abondantes et claires ont été signalées par tous les auteurs. Pour Sydenham, l’urine claire est un signe pathognomonique de l’hystérie.

Mathieu parle de 1’ « émission d’une sorte de mucus vaginal, si fréquemment observée à la fin des attaques d’hystérie, que desauteurs ont considéré comme un sperme féminin ^ ».

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