MARCHE. — DURÉE DES ATTAQUES. — ÉTAT DE MAL HYSTÉRO-ÉPILEPTIQUE
A. Marche des attaques. Durée. — Les périodes dont on vient de lire la description se succèdent dans Tordre que nous avons suivi, pour'constituer une attaque d’hystéro-épilepsie régulière et complète. La péiûode épileptoïde dure en moyenne de une à trois minutes. D’ordinaire elle est nettement séparée, par un moment de calme, de la seconde période (clonisme : grands mouvements et contorsions), dont la durée est à peu près égale à celle de la période épileptoïde. Enfin la ligne de démarcation est bien moins nette entre les attitudes passionnelles et la deuxième période, l’hallucination commençant quelquefois pendant celle-ci. La période des attitudes passionnelles est la plus longue, elle dure en moyenne de cinq minutes à un quart d’heure.
Ces trois périodes, qui constituent à proprement parler l’attaque, ont ensemble une durée moyenne d’un quart d’heure à une demiheure. La quatrième période, qui est plutôt une sorte de prolongation de l’attaque que l’attaque elle-même, a une durée fort difficile à préciser. Elle peut être fort courte, de quelques minutes seulement, ou se prolonger plusieurs heures.
B. État de mal hystéro-épileptique. — Mais l’attaque d’hystéroépilepsie se montre très rarement isolée. Elle se répète plusieurs fois de suite, pour former ce qu’on appelle des séries d’attaques, parfois fort longues. C’est l’état de mal hystéro-épileptique.
Dans les séries, les attaques se succèdent de deux façons :
1° Elles s’imbriquent, c’est-à-dire qu’une attaque n’est pas finie qu’une autre commence aussitôt. La malade ne reprend pas cbn-
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naissance. Dans ce cas, la quatrième période fait défaut, et les attitudes passionnelles sont brusquement interrompues par la période épileptoïde d’une nouvelle attaque. La quatrième période ne se montre qu’à la fin de la série.
2° Les attaques sont séparées par un intervalle de lucidité plus ou moins long, comme il ariâve toujours chez Gl..., qui, entre chacune des attaques composant ses séries, jouit d’un repos de dix minutes à un quart d’heure. Dans ce cas l’attaque est complète et la quatrième période est représentée.
Le nombre des attaques qui composent une série peut être considérable, de vingt à cent, quelquefois davantage. La série se prolonge pendant quatre, cinq heures et même un jour entier.
Enfin les séries elles-mêmes peuvent se succéder, ne laissant par jour que peu d’heures de repos, pendant lesquelles la malade prend quelque nourriture. Et cet état peut durer quinze jours, un mois, et même davantage.
Un caractère clinique très important, signalé par M. Charcot dans ses « Leçons sur les maladies du système nerveux », sépare l’état de mal hystéro-épileptique de l’état de mal épileptique : « Si, dans l’état de mal épileptique à grandes séries, la température s’élève très rapidement à un haut degré, en même temps que la situation devient des plus graves, au contraire, dans l’état de mal hystéro-épileptique à longue série, la température ne dépasse guère le chiffre normal, et d’ailleurs l’état général concomitant n’est pas de nature à inspirer de l’inquiétude. » (Charcot.)
A la suite des séries d’attaques, la malade est courbaturée, mais elle est loin d’éprouver une fatigue en rapport avec la dépense musculaire énorme qui s’est produite. La plupart même sont encore, pendant plusieurs heures, en proie à une agitation qui éloigne le repos. Quand tout est fini, il faut peu de temps pour réparer les forces; le visage, un peu défait, ne tarde pas à reprendre sa coloration habituelle, et aucun signe sur la physionomie ne trahit la gravité des accidents qui viennent d’avoir lieu. Même chez les hystériques dont les séries sont fréquentes, la santé générale ne paraît pas altérée ; plusieurs ont de l’embonpoint.