‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 31 sur 70 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LA GRANDE ET LA PETITE HYSTÉRIE

L’attaque convulsive de la grande hystérie, avec les caractères qui viennent d’être tracés, n’est pas, bien entendu, particulière aux malades réunies dans le foyer où ont été recueillies nos observations. On sait depuis longtemps que l’imitation peut avoir une certaine influence sur la forme que revêtent les accidents de l’attaque hystérique. Mais ce n’est pas ici le cas, en ce qui concerne tout au moins les grands traits de notre description. Ces traits se retrouvent tels quels, sans modification fondamentale, chez les malades isolées de la ville, où l’influence de l’imitation ne peut être en jeu ; on les retrouve aussi dans les observations faites à l’étranger; c’est ce dont témoignent, par exemple, les faits recueillis récemment en Écosse par M. le D'Inglis, assistant à l’asile d’Édimbourg, et dont les détails ont été consignés dans le n" 3 du Progrès médical, année 1819. On retrouve dans ces descriptions la succession deâ diverses phases ; épileptiques, des grands mouvements, des attitudes passionnelles, etc., etc. L’influence décisive de la compression de l’ovaire y est également signalée expressément, etc. Les descriptions de M. le D' Leidesdorf, de Vienne, témoignent dans le même sens.

A l’appui de la thèse que je soutiens ici, thèse défendue déjà par M. Charcot dans ses dernières conférences cliniques, je puis citer quelques faits recueillis en dehors de l’hôpital et ayant trait à des malades venues de différents points de la France ou même de l’étranger.

M. le D'Pascal, que je remercie ici de son extrême obligeance.

a bien voulu mettre à ma disposition les documents qu’il est à môme de recueillir journellement sur les nombreuses malades hystériques soignées à l’institut hydrothérapique de Passy.

Dans une de ces observations inédites, dont le sujet est une jeune malade de seize ans atteinte d’hystérie avec hémianesthésie gauche et contracture de la jambe du même côté, nous trouvons consigné ce qui suit :

Notre malade voyait des anges partout, elle leur envoyait des baisers et conversait avec eux. Plusieurs fois par jour, elle avait des crises cataleptiques ‘ d’abord, puis épileptiformes. La malade est sur son lit, raide comme une barre de fer. La raideur est telle qu’on peut la transporter à la douche sans que les membres ni le corps éprouvent la moindre flexion. Parfois, après quelques minutes de cette raideur, là malade se contracte vivement en arc de cercle, s’appuyant sur les talons et .sur la nuque, puis se laisse retomber brusquement en se débattant. Ces crises étaient combattues par la douche, un peu plus tard par l’enveloppement dans un peignoir trempé d’eau glacée.

La première et la seconde période de l’attaque hystéro-épileptique avec leur mode, de succession se trouvent bien clairement indiquées ici. La malade arrivait de Bretagne pour se faire traiter à Passy.

La description de l’attaque est plus complète dans l’observation d’une jeune fdle de dix-sept ans atteinte d’hystéro-épilepsie, avec, contracture de l’œsophage et crises périodiques revenant tous les soirs de cinq à sept heures et de neuf à cinq heures du matin. Les trois périodes y sont nommées et décrites. Voici en quels termes, après avoir indiqué les précautions à prendre pendant les crises, M. Pascal les caractérise :

A ces précautions, nous ajoutons celle de placer la malade sur un matelas par terre, afin que, dans ses contorsions, lorsqu’à la forme cataleptique (première période) succédera le désordre des mouvements (deuxième période) et la forme passionnelle (troisième période) de la crise, la malade ne puisse ni s’échapper, ni se blesser. Car il faut noter que la crise commençait toujours par un envahissement brusque, la malade tombait comme fou-

t. M. Pascal, sous cette dénomination, n’entend désigner autre chose qu’une raideur tétanique de tout le corps.

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droyée. Cet étal durait une ou deux minutes, puis la phase hystéro-épileptique survenait, l’agitation grandissait, prenant appui sur les talons et sur la tête ; il était nécessaire d’envelopper la malade pour pouvoir la contenir. Des cris aigus accompagnaient cette phase de la crise. A cette agitation extrême succédait les attitudes de la prière, pendant lesquelles la malade lève les yeux au ciel et croise les hras, jusqu’à ce qu’un mouvement convulsif du hassin la ramène à la phase précédente ou au réveil, ce qui arrive le plus souvent.

Cette jeune malade arrivait d’Étain (Meuse) et n’avait jamais eu connaissance de ce qui pouvait se passer à la Salpêtrière. Or, il est difficile de trouver une description se rapprochant davantage de celle que nous avons donnée. Nous y trouvons en effet : la première période épileptoïde avec son début brusque, le tétanisme et la durée de une à deux minutes; la deuxième période avec la tendance à l’arc de cercle, la violence des grands mouvements et les cris ; enfin la troisième période avec l’attitude passionnelle de la prière ou de l’extase, que nous avons observée plusieurs fois chez Gen...

M. Pascal achève lui-même le rapprochement que nous faisons ici, disant que parfois, après les attitudes de la prière, un mouvement convulsif du bassin indiquaitle début d’une nouvelle attaque. Chez cette malade, comme chez les nôtres, les attaques se produisaient donc par séries.

Dans une autre observation de M. Pascal, nous retrouvons également les caractères des trois périodes, et la répétition des attaques pour former des séries qui duraient jusqu’à sept et huit heures sans interruption.

La malade, âgée de vingt-sept ans, atteinte d’hystéro-épilepsie, avec ovarieà gauche, troubles de la vision et de la sensibilité, aphonie complète, etc., arrivait de province pour se faire traiter à Passy en mai 1874. — L’observation a été publiée avec détails dans le Moniteur de la santé, n° 2, mars 1874. Au sujet delà nature des crises, voici les renseignements qu’a bien voulu nous communiquer M. Pascal :

La crise était précédée d’une douleur très vive à l’ovaire gauche, à la région précordiale et à la tête. La malade, sentant l’invasion du mal, essayait de luttei’, disant : « Non,Jene veuxpasêtremalade. » Puis l’attaque débutait brus-

quemenl par une raideur tétanique de tout le corps qui durait de cinq à dix minutes. — A cette immobilité succédait une agitation extrême, accompagnée de cris perçants. Le corps prenait la forme d’un arc de cercle, les bras et les jambes étaient animés de mouvements si violents, que la femme de chambre ne parvenait à maîtriser la malade qu’en s’asseyant sur ses genoux. Ensuite survenaient des attitudes de frageur, le iacies devenait horrible et était très congestionné.

Enfmla malade retombait dans l’immobilité tétanique qui inaugurait une nouvelle crise. — Les attaques se succédaient ainsi pendant sept et huit heures.

L’observation suivante, également fort intéressante au point de vue qui nous occupe, m’a été communiquée par M. Weill, externe des hôpitaux, qui l’a recueillie en ville. Les quatre périodes de l’attaque y sont parfaitement indiquées. L’hystérie s’est développée sous l’influence de vives émotions, lorsque, la malade habitait une ville du midi. Elle habite aujourd’hui Paris, et les crises ont conservé le même caractère qu’au début de l’affection.

M"' X..., âgée de vingt-cinq ans, a toujours joui d’une bonne santé jusqu’à l’âge de dix-neuf ans. — Sa mère et sa grand’mère sont toutes deux mortes tuberculeuses à l'âge de trente ans. Son père est mort fou dans une maison de santé, à la suite de violents chagrins domestiques.

Vers l’âge de dix-neuf ans, à la suite de vivès émotions, est survenue la première attaque d’hystérie.— Ceci eut lieu dans le Midi. Les attaques, qui se succédaient d’abord à de longs intervalles, reviennent aujourd’hui à peu près tous les mois, de préférence au moment de la menstruation; mais elles ont toujours eu le même caractère. La malade habite maintenant Paris.

Ceux qui entourent habituellement la malade ont remarqué chez elle, dès le matin qui précède les crises, une agitation et une inquiétude extrêmes. Elle ne peut rester en place et s’irrite d’un rien ; tout, jusqu’à la présence de son enfant, lui est à charge. Puis l’attaque éclate brusquement.

La tête se tourne à droite sur l’oreiller. Les yeux roulent dans l’orbite et se dirigent du même côté et en haut. En même temps le tronc décrit un léger arc de cercle dont laconcavité répond à la gauche de la malade. Les membres sont dans l’extension forcée, l’avant-bras en pronation. Cette période est caractérisée uniquement par des mouvements toniques. La durée en est à peine d’une minute.

A cette première phase de l’attaque succède, sans transition aucune, une nouvelle période pendant laquelle la malade est agitée de violents mouvements du tronc et des membres. Le corps est alternativement projeté en avant et en arrière, et chaque fois la tête retombe violemment sur l’oreiller. La malade est complètement étrangère à tout ce qui se passe autour d’elle. Puis, comme épuisée par les efforts qu’elle vient de faire, elle retombe cou-

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chée sur le dos et respire largement. La résolution musculaire est complète.

A cet entr’acte succède une scène dramatique jouée par la malade et des personnages invisibles. Ce sont des hommes noirs qui veulent l’enchaîner, comme ils ont déjcà enchaîné son père. Elle les apostrophe, lutte contre eux ; sa figure exprime tantôt l’effroi, tantôt la colère.

La scène change subitement : le drame fait place à la comédie. C’est au tour d’un musicien aux cheveux hruns à entrer en scène. Il joue de la guitare, tout en se livrant à une pantomime assurément fort comique, à enjuger du moins par les éclats de rire qui saluent sa présence.

C’est là que le cycle est complet. Une nouvelle attaque recommence, semblable à la première. Les trois étapes successives que nous venons de parcourir, nous allons les parcourir de nouveau, avec les mêmes incidents et les mêmes épisodes.

Plaçons ici une remarque intéressante. Si l’on vient à comprimer la région ovarienne, on ne produit, à quelque moment d’ailleurs que l’on opère, qu’une série non interrompue d’éclats de rire convulsifs qui ne cessent qu’au moment où la compression cesse elle-même.

Les attaques se succèdent ainsi pendant un temps qui varie d’une heure et demie à deux heures.

Les attaques sont suivies ordinairement d’un délire non incohérent. La malade retrace avec une grande richesse d’expressions deux grandes scènes de son enfance, scènes très-dramatiques et qui ont fait une profonde impression sur elle. Pendant son délire, elle voit les assistants; mais elle ne les reconnaît pas et les prend pour les personnages qui ont joué tin rôle dans les scènes qu’elle retrace. Elle voit également les objets teints en rouge. Elle demande de l’eau, on lui en apporte. Elle n’en veut pas : « C’est du vin, dit-elle; je vous demande de l’eau, l’eau n’est pas rouge. » On lui apporte un bain de pieds sinapisé. Elle s’écrie qu’elle ne veut pas prendre un bain de sang.

Elle reconnaît peu à peu les assistants, et la crise se termine par d’abondantes larmes.

Je dois à l’extrême obligeance du D' Thermes quatre observations bien probantes. Elles ont pour sujet des malades hystériques venues de différents pays étrangers, et qui lui ont été adressées par M. Charcot, pour les soumettre au traitement hydrothérapique.

Hystérie. Hyperesthésie ovarienne gauche. Parésie des membres supérieurs et inférieurs. Contracture passagère des pieds. Hémianesthésie gauche. Dyschromatopsie gauche. Aphonie incomplète et passagère, etc. M"® X., âgée de quinze ans, née aux États-Unis de Colombie (Véné- BICHER. 12

zuéla, Amérique méridionale), est atteinte d’hystérie à forme convulsive. Jeune fille forte, bien développée, bonne santé habituelle.

Prodromes de l’attaque : malaise, anorexie, quelquefois vomissements.

Avant l’attaque, aura hystérique : douleur partant de la vulve gauche. Puis les irradiations ascendantes s’accusent.

L’épigastre devient sensible, et la malade y éprouve comme un serrementles battements cardiaques s’accélèrent; une sensation de globe ou de boule est ressentie à la gorge, les oreilles et principalement l’oreille gauche bourdonnent ; la vue s’obscurcit à droite, à gauche il y a achromatopsie complète ; la tempe gauche bat douloureusement, l’on dirait qu’elle reçoit des coups de marteau. Puis, tout à coup, la jeune fdle pâlit, incline la tête à gauche et perd connaissance. L’attaque est commencée :

4° Il existe une raideur semi-tétanique du tronc et des membres. La face reste pâle, elle n’est ni tuméfiée, ni violacée ; il n’y a point d’écume à la bouche, les mâchoires sont serrées. Les paupières sont fermées; si on les écarte, on trouve les yeux fortement portés en strabisme divergent, les conjonctives légèrement hyperesthésiées.

Bientôt, à cette phase tonique succède une phase clonique. Les paupières battent légèrement, les muscles de la face sont animés de petits mouvements rapides et saccadés, le corps est agité de faibles secousses, commençant par les membres supérieurs, puis inférieurs, et se généralisant dans toutes les parties du corps.

Mais les muscles ne tardent pas à se relâcher, et après cette phase de résolution, qui dure de deux à trois minutes, la malade, sans coma, sans respiration stertoreuse, entre dans la période de contorsions et de grands mouvements.

2° Les membres supérieurs sont pris de mouvements lents : le bras est porté tantôt en avant et en dehors, tantôt en arrière; puis, c’est l’avant-bras qui est fléchi sur le bras ou au contraire étendu; c’est la main qui est fléchie sur l’avant-bras, s’incline en dedans, de l’adduction passe à l’abduction et de la pronation à la supination ; enfin, ce sont les doigts, dont les phalanges sont fléchies les unes sur les autres, celles-ci sur les métacarpiens, la seconde rangée du carpe sur la première, le poignet sur l’avant-bras ; ce sont encore les doigts, dont les uns sont dansla flexion, tandis que les autres restent dans l’extension: toutes ces attitudes variant à l’infini, tous ces mouvements s’exécutant avec une certaine rapidité, sans être toutefois précipités.

Au tronc, ce sont des mouvements plus étendus de flexion et d’extension, quelquefois de torsion, sans être désordonnés.

Quant aux membres inférieurs, on voit la cuisse fléchie sur le bassin et la jambe sur la cuisse, parfois tout le membre est étendu; les orteils sont fléchis, ou encore le pied prend l’attitude de Yéquin varus.

Durant ce temps les paupières battent, mais laissent les yeux fermés ; ceux-ci, lorsque l’on examine, sont animés de mouvements saccadés, restent en strabisme convergent; le visage est moins pâle, mais à peine coloré.

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il y a des tressaillements des muscles élévateurs de la mâchoire. C’est la phase des contorsions'.

Elle dure à peine deux ou trois minutes, et voici qu’apparaissent les grands mouvements.

Les membres sont agités de mouvements rythmiques, mais rapides et à grandes oscillations; les doigts sont écartés et rappellent le geste de hjettatura. Le corps se courbe et se recourbe en arc de cercle, le bassin est fortement projeté en avant, les paupières sont tour à tour fermées et ouvertes et laissent entrevoir des yeux hagards et injectés, le visage grimace parfois et la face se colore.

3“ Mais la scène change et les altitudes passionnelles apparaissent.

Tantôt debout, dans la pose du gladiateur antique, elle semble attendre résolument un ennemi, tantôt, au contraire, elle s’élance sur lui, l’attaque, le frappe et cherche à le terrasser ; puis elle s’arrête, le regard plein de colère et de vengeance ou de satisfaction; parfois, elle se couche comme fatiguée, mais bientôt elle se relève rapidement, et la lutte recommence quatre, cinq fois de suite, jusqu’à ce que l’ennemi soit vaincu. Ici, c’est un matelas qu’elle frappe, qu’elle plie, replie, sur lequel elle s’élance, qu’elle piétine avec courroux, et finit par lancer violemment dans l’espace.

4“ Enfin ces mouvements, ces attitudes passionnées, ces poses plastiques, représentant exactement les idées qui assiègent l’esprit de la malade, cessent; la malade se laisse tomber sur son lit, comme accablée; elle fei-me alors les yeux, gémit, se plaint quelquefois et pleure; ou bien elle se lève en sursaut, sujette de côté comme si elle avait vu quelque chose qui l’eût effrayée. En effet, ce sont des hallucinations qui se présentent, c’est la période de délire post-hystérique, la période des hallucinations; la malade a de la zoopsie, elle voit des animaux, des perroquets, et principalement des singes, toujours du même côté, à gauche.

Toutes ces périodes durent un quart d’heure à vingt minutes. Elles se succèdent et se renouvellent parfois de façon à amener un état de mal hystérique. Dans ce cas, elles laissent après elles et momentanément les phénomènes suivants :

La malade ne voit pas, elle ne parle pas, elle n’entend pas ; il lui est impossible de se lever, il y a contracture des extrémités inférieures, ou bien, si elle se lève, elle marche avec peine et à l’aide de deux personnes; il y a parésie des extrémités inférieures. Après un temps variable, une demi-heure à une heure, la malade commence à voir les objets et les personnes; mais il y a du côté gauche de l’amblyopie, de la dyschromatopsie, presque de l’achromatopsie, puis l’ouïe revient; enfin c’est au tour de la voix et de la parole. Celle-ci est d’abord lente et difficile, mais bientôt les mots sont nettement articulés; seulement la malade ne parle plus qu’anglais, elle ne peut prononcer un seul mot d’espagnol, ni de français. Enfin la mémoire revient complètement, la malade reparle les trois langues et reprend son état habituel.

Hystérie. Hémianesthésie gauche. Ocarie gauche. Dyschromatopsie; Parésie des extrémités. Contractures passagères des membres, etc.

M‘'“ X., âgée de quinze ans et demi, grande et vigoureuse, née à Moscou (Rnssie), est atteinte d’hystérie à forme convulsive.

Voici ce que nous avons constaté :

Une demi-heure et parfois immédiatement avant l’attaqne, apparaît l’awm hystérique : ovarie gauche, douleur s’irradiant vers l’épigastre, accélération des battements du cœur, sensation de constriction à la gorge, sifflement dans l’oreille gaqché, battements dans la tête, puis perte de connaissance. La malade n’enlend plus, ne sent plus, ne voit plus, ne parle plus.

• Après un temps variant entre trois et cinq minutes, commence l’attaque.

1“ L’inspiration devient légèrement sifflante, la face est quelque peu colorée, après avoir été pâle ; il y a immobilisation du corps et des membres.

Les paupières sont fermées ; les yeux sont en strabisme interne. Il n’y a pas protrusion de la langue. Légère salive à la bouche. Phase tonique.

Bientôt apparaît la phase clonique. Les paupières battent légèrement, puis énergiquement; la face, portée entièrement à gauche, est animée de petits mouvements rapides, brusques, saccadés, et la figure devient grimaçante. Ces oscillations d’abord brèves et comme hachées s’accentnent, s’étendent aux membres supérieurs et inférieurs et gagnent toutes les régions du corps. Phase clonique.

Après deux ou trois minutes, ces secousses ne tardent pas à diminuer, puis à cesser, et la phase de résolution se montre. Les muscles se relâchent, la face redevient pâle, la respiration reste un peu bruyante, sans être stertoreuse.

2° Après un calme de une à deux minutes, quelquefois trois, commence la période des contorsions et des grands mouvements.

La main et les pieds sont fortement fléchis, portés en dedans, les doigts sont crispés, tordus ou dans l’extension complète; les orteils sont tantôt dans l’extension, tantôt dans la flexion; les avant-bras se fléchissent sur les bras, sont en supination ou en pronation; lés bras exécutent des mouvements de rotation en dedans et en dehors autour de l’épaule; les jambes sont fortement fléchies sur les cuisses, celles-ci sur le bassin, ou bien les extrémités inférieures se mettent dans une extension forcée ; les mâchoires se resserrent, les dents claquent ou grincent, la face grimace.

Puis ont lieu les grands mouvements ou la phase de clonisme. Tantôt c’est la tête qui est baissée jusqu’au niveau des genoux et renversée brusquement en arrière, tandis que les pieds, les jambes et les cuisses se recourbent et sont lancés en arrière, puis fortement projetés en avant; tantôt c’est le corps qui, vigoureusement soulevé dans son milieu et recourbé en arc de cercle, ne porte que sur le sommet de la tête; parfois c’est le buste que l’on voit projeté, soit en avant, soit en,arrière; et ces différents mouvements s’accompagnent de petits cris aigus, stridents et brefs.

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Parfois enfin c’est une sauterie cadencée, allant graduellement crescendo et se terminant par un frappement énergique des pieds sur le sol.

Dans celte phase, le délire est généralement commencé, mais il arrive cependant que la malade a parfois conscience de ses actes et de ses mouvements, qu’elle ne peut dominer que momentanément, auquel cas sa crise s’accentue et ces grands mouvements ne sont que plus accusés.

3“ La période d’atlitudes passionnelles manque souvent ; quand elle se présente elle revêt un léger caractère érotique, mais elle n’est qu’esquissée.

4° Lorsque la connaissance revient, que la malade a plus ou moins conscience du sentiment du monde réel, elle a des hallucinations de la vue et de l’ouïe. Elle entend des voi-ic d’hommes, ceux-ci sont vêtus de rouge et semblent grimper le long des arbres pour pénétrer dans la chambre. Elle voit encore des souris grises qui s’approchent de son lit, et les entend chanter. Cette zoopsie est presque constante. Il n’y a ni pleurs, ni rires; il existe une certaine mélancolie.

Cette attaque durait un quart-d’heure à vingt-cinq minutes, selon que la compression ovarienne était faite ou non; elle laissait après elle des contractures partielles des membres ou une parésie très marquée.

Il n’y a pas eu immixtion de phénomènes étrangers (somnambulisme, extase, catalepsie) ; mais, parfois et indépendamment de toute crise, il y a eu de la catalepsie provoquée par le regard fixé sur la lumière d’une bougie.

Hystérie. Légère ovarie droite. Attaque convulsive.

IVF® X... âgée de 16 ans, grêle, de taille moyenne, lymphatique, née à Constantinople (Turquie), est atteinte depuis deux mois et demi d’hystérie à forme convulsive.

Certains phénomènes prodromiques (malaise, vertige, mélancolie) annoncent l’attaque.

Un peu avant l’attaque apparaît Vaura; pas de douleur ovarienne proprement dite; sensation de constriction à l’épigastre, de boule serrant le cou, bourdonnements dans les oreilles, obnubilation de la vue, battements dans la tête analogues à de petits coups de marteau. Puis, perte de connaissance.

1“ Immobilité tétanique du corps, pâleur de la face, paupières fermées. Respiration courte, lente, inspiration sifflante. Très légère salivation. Quelques mouvements légers apparaissent sur la face et dans les membres.

A cette phase tonique succède une phase nettement clonique. Les mouvements saccadés et courts animent les muscles de la face, les mouvements de circumduction des membres supérieurs se dessinent. Le corps est parfois agité de secousses régulières mais rapides, parfois au contraire il existe de petites oscillations brèves et saccadées. Celles-ci cessent bientôt et la malade tombe dans la résolution et le calme.

2° Cet entr’acte est suivi d’une période de co/»?;M/sioHS et de grands mou-

venients. Ce sont des arcs de cercle, de grandes salutations, des oscillations rapides et étendues d’une partie du tronc et des membres inférieurs.

3° Ces mouvements, accompagnés de délire, sont suivis à’attitudes passionnelles-, il y a des gestes d’effroi, certaines poses plastiques, des paroles entrecoupées et indiquant la lutte et l’effroi. Parfois, il n’y a qu’une esquisse de cette période, et même elle manque assez souvent.

4“ Le délire post-hystérique se traduit par des hallucinations dé la vue et principalement de l’ouïe. La malade paraît endormie, mais tout à coup elle se met brusquement sur son séant, regarde effarée et prête l’oreille. Elle a vu des personnages imaginaires, elle a entendu des cris d’animaux, mais elle ne les désigne pas. Enfin la scène finit par des pleurs plus ou moins abondants, et le reste de la soirée se passe dans une attitude indiquant de la mélancolie.

Hystérie. Chorée rythmique. Hémianesthésie gauche. Dyschromatopsie chez un jeune garçon. Attaque convulsive.

M. X... âgé de onze ans, né à New-York (États-Unis), présente les symptômes suivants ;

Avant l’attaque se montre Yaura hystérique consistant en : douleur au pli de l’aine gauche; le petit malade est monorchide droit, le testicule gauche est encore dans le canal inguinal, épigastralgie, constriction à la gorge, sifflements dans les oreilles, obnubilation de la vue, battements dans la .tète, puis perte de connaissance.

1“ La période qui suit cet état est caractérisée par de la raideur du corps, de la rougeur de la face, de la fixité du regard; les pupilles sont dilatées, les conjonctives hyperémiées.

Ensuite apparaissent des mouvements rapides et grimaçants de la face, des oscillations des membres supérieurs et inférieurs et gagnant tout le corps.

Ces mouvements cloniques sont suivis de la résolution et du relâchement des muscles.

2“ Après une à deux minutes de calme, le petit malade grimace, contourne ses membres, crispe ses doigts, puis il s’agite, jette les jambes à droite et à gauche, projette fortement son corps en avant, le recourbe en arc de cercle, ou bien, si on le laisse dans le jardin, il court à droite et à gauche en faisant des cercles concentriques et en poussant des cris stridents et prolongés. Ces contorsions suivies de grands mouvements ne tardent pas à disparaître.

3“ Les attitudes passionnelles se montrent. Tantôt ce sont des poses comme pour lutter ou se défendre, tantôt c’est celle d’un prédicateur; mais elles durent à peine et la période de délire et des hallucinations commence.

4“ Le petit malade ne voit pas d’animaux, mais il entend des bruits de pas, et voit des soldats jouant de la musique. D’autres fois ce sont les tam-

LA GRANDE ET LA PETITE HYSTÉRIE

bours qui battent aux champs. Mais le délire s’accentue, le jeune X... se met , à prêcher, à pérorer. Puis tout rentre dans l’ordre, et le malade n’a plus qu’un vague souvenir de ce qui vient de se passer.

Ces observations, détaillées avec un soin minutieux par un homme au courant des études de la Salpêtrière, n’ont besoin d’aucun commentaire. Elles montrent clairement que la grande hystérie est partout la même, qu’elle prenne naissance en Colombie, à New-York, à Moscou, à Constantinople ou à Paris.

Dans un petit opuscule tendant à prouver que l’hystérie a son siège dans le cerveau, H. Girard rapporte plusieurs observations d’hystérie. Dans l’observation XIP, malgré peu de précision dans les détails, il est facile de reconnaître que l’attaque dont il est question, ne saurait être autre que celle dont nous avons donné la description. Il y est écrit à la date du 20 avril 1838 (la maladie remontait à 1830) ;

« 20 avril. Crise violente pendant la nuit, cauchemar ; elle croit voir une multitude d’hommes devant son lit, puis un serpent monstrueux; elle pousse des cris rauques, mêlés de pleurs et de mouvements convulsifs; boule hystérique, imminence de suffocation, perte de connaissance; elle tombe de son lit, se roule à terre et se frappe violemment la tête ; à la visite, gaieté peinte sur ses traits, joie mêlée de larmes; elle a recouvré la voix, oublie ses douleurs à la tête ; conte avec intérêt son rêve (il y a cependant de la divagation dans ses idées) et montre avec anxiété son membre inférieur droit rétracté, elle ne peut l’étendre ni le remuer; la partie antérieure de la cuisse est le siège de vives douleurs limitées par le genou, un peu plus rouge et plus volumineux qu’à l’état normal.

»La jambe est froide;le ventre ballonné,douloureuxàlapression;colique; soif, appétit augmenté. (Potion antispasmodique) L »

Je pourrais citer uii assez grand nombre d’observations puisées dans les divers auteurs qui ont écrit sur la matière, et l’on y retrouverait notre description, mais morcelée et comme par lambeaux. L’on sent à la lecture de ces faits, qu’un observateur prévenu aurait peut-être vu, plus qu’il n’est écrit. Lorsqu’en suivant la voie tracée par M. Charcot, les médecins auront appris à bien apprécier la valeur des différents symptômes qui composent une

1. Considérations sur les affections nerveuses dites hystériques, par H. Girard (de Lyon). Paris, 1841, p. 55.

grande attaque d’hystérie, nous ne doutons pas de voir se multiplier les relations de faits conformes aux nôtres.

Bien mieux, l’on verra plus loin, dans un court exposé critique de l’attaque de petite hystérie, que tous les éléments de notre grande attaque se retrouvent au moins en germe dans les descriptions aujourd’hui classiques de l’attaque d’hystérie vulgaire.

Si d’un côté les observations citées plus haut, prouvent que l’attaque d’hystéro-épilepsie ne varie pas avec les différents pays ; d’un autre côté, l’étude des anciennes épidémies convulsives montre aussi, jusqu’à l’évidence, que l’hystéro-épilepsie n’a pas changé avec le temps. On retrouve dans les relations qui ont été données de ces épidémies les principaux caractères sur lesquels nous avons insisté. — Les convulsions épileptoïdes sont presque constantes, et nettement indiquées, mais les auteurs s'étendent principalement sur la description de la seconde phase, dont les affreuses contorsions et les étranges mouvements les avaient surtout frappés, et sont fréquemment attribués par eux à l’influence d’une force surnaturelle. L’«rc de cerc/e, par exemple, est signalé danslaplupartdes épidémies célèbres, dansl’hystéro-démonopathie des religieuses de Sainte-Élisabeth à Louviers, vers 1642-1646, dans l’hystéro-démonopathie chez les nonnes d’Uvertet (Allemagne), et aussi chez les convulsionnaires de Saint-Médard, etc.

Les attitudes passionnelles se retrouvent isolées sous formed’extases ou de représentations, suivant l’expression usitée parmi les convulsionnaires de Saint-Médard. — Enfin, chez ces mêmes convulsionnaires, on trouve le récit d’accès de délire religieux et prophétique qui se rattachent clairement au délire de la période terminale de l’attaque.

Lors de la description des diverses variétés de l’attaque hystéroépileptique, nous aurons maintes fois l’occasion de constater les rapprochements qui existent entre l’hystéro-épilepsie et les épidémies convulsives d’autrefois. II y a là matière à un chapitre fort intéressant sur l’histoire de l’hystéro-épilepsie, mais quenous ne pouvons qu’indiquer ici.

LA GRANDE ET LA PETITE HYSTÉRIE

Après avoir établi les caractères de la grande attaque d’hystérie, il nous faut rechercher quelles relations existent entre la grande attaque et l’attaque d’hystérie vulgaire, de l’hystérie que le praticien rencontre journellement.

Il résulte clairement du rapprochement que l’on peut faire entre la description précédente et celle que les auteurs classiques ont donnée de l’hystérie vulgaire, qu’on ne saurait séparer les deux affections pour en faire deux maladies de nature différente, et que l’hystérie vulgaire ou petite hystérie ne doit être considérée que comme une atténuation, ou, si l’on veut, l’état rudimentaire de l’hystéro-épilepsie Ou hysteria major.

Quelques citations, empruntées aux ouvrages de deux de nos principaux classiques en matière d’hystérie, MM. Briquet etBernutz, en fourniront aisément la preuve.

Au milieu de la description que M. Briquet donne des convulsions qui composent l’attaque d’hystérie vulgaire, le passage suivant a manifestement trait aux convulsions épileptiformes de la première période :

La face se gonfle... Les mâchoires se serrent l’une contre l’autre, de manière à produire le mâchonnement, le grincement et le claquement des dents. Le cou se gonfle, les muscles de cette partie et ceux de la poitrine se contractent spasmodiquement. Les parois thoraciques ou restent immobiles avec leurs muscles contractés de manière à menacer d’asphyxie (phase tonique), ou se meuvent convulsivement et rapidement comme dans les plus fortes anhélations (phase clonique); les muscles des parois abdominales sont agités des mêmes mouvements que ceux de la poitrine.

M. Bernutz est peut-être plus explicite encore :

Au moment où le cri hystérique se produit, la suffocation paraît à son summum; il y a une sorte de spasme tonique général, de raidissement quelquefois tétanique de tout le corps, la figure est vultueuse, injectée... le cou est tuméfié, les carotides battent avec violence, les veines jugulaires sont gonflées, distendues, en même temps que l’abdomen est légèrement météorisé; enfin l’oppression est considérable, comme s’il y avait menace d’asphyxie... Ordinairement le temps de l’accès que nous venons de signaler

est très court, et des convulsions plus ou moins générales (2° période) succèdent immédiatement à la perte de connaissance.

Qui ne reconnaîtra là, pour le moins, une ébauche de la période épileptoïde ?

La deuxième période semble constituer à elle seule la plus grande partie de Tattaque d’hystérie vulgaire. Aussi les au teurs la décriventils longuement. Voici la description qu’en donne Briquet :

Le plus ordinairement, les malades s’agitent, tantôt comm e si elles voulaient échapper à des violences, tantôt comme si elles se débattaient contre une étreinte;... d’autres fois... les membres supérieurs et inférieurs se meuvent dans tous les sens; la flexion, l’extension, la rotation, l’adduction, l’abduction se succèdent avec la plus grande rapidité. Le corps se meut tantôt comme un ver, tantôt il se contracte dans tous les sens, bondit et s’échappe des mains qui le retiennent. La tête s’agite sur le tronc, en avant, en arrière, de côté...Les mains se portent instinctivement, soit vers le col, qu’elles saisissent avec violence, comme pour en arracher un corps qui y causerait une grande gêne, soit vers l’épigastre, que les malades cherchent à déchirer, ou à frappera poings fermés; d’autres fois, elles tentent de s’arracher les cheveux, de se déchirer le visage, comme le feraient des femmes éperdues. La force employée dans ces actes est telle, que plusieurs personnes vigoureuses peuvent à peine contenir une frêle jeune fille qui, dans ces moments, est capable de ployer ou de briser les tiges de fer d’un lit.

Briquet a signalé d’ailleurs, lui aussi, les cris de fureur qui accompagnent souvent les mouvements désordonnés de cette seconde période :

II est cependant un certain nombre d’hystériques dont les cris durent tout le temps de l’attaque, et ces cris sont analogues à ceux que pousserait un opéré qui se laisserait aller à la souffrance, ou à ceux que ferait une personne qui se débattrait contre des violences qu’on exercerait sur elle ; ce sont des cris de fureur, de véritables rugissements.

La description de Bernutz se rapproche beaucoup de celle de Briquet :

Ces convulsions, qui ont, lorsqu’elles sont types, une physionomie si spéciale, que les personnes étrangères à la médecine, elles-mêmes, les reconnaissent, sont très difficiles à décrire, à cause du désordre qu’elles pré-

LA GRANDE ET LA PETITE HYSTÉRIE

sentent. Les membres, un instant raidis (première période), se tordent convulsivement, se projettent en divers sens, passant rapidement de l’abduction à l’adduction, de l’extension à la flexion, et vice versa, comme dans une sorte de lutte suscitée par la souffrance, et en particulier par la suffocation à laquelle les malades sont en proie, à laquelle elles semblent vouloir échapper en portant automatiquement leurs mains à la poitrine et au col, qu’elles se lacèrent parfois dans les efforts insensés qu’elles font pour en arracher l’obstacle qui les étouffe.

La troisième période, ou période des attitudes ‘passionnelles, n’esl pas moins nettement indiquée, dans ces descriptions, que les périodes précédentes. M. Bernulz même se sert d’un mot qui se rapproche beaucoup de celui employé par M. Charcot, puisqu’il désigne sous le nom à'expressions passionnées les divers mouvements auxquels se livre la malade à ce moment de l’attaque ;

Au moment, dit-il, où, après un certain temps de durée, les mouvements convulsifs ont perdu de leur énergie, et où la figure ne présente plus qu’une turgescence modérée, on voit se produire chez un certain nombre d’hystériques une phase nouvelle. Leur fades, jusque-là atone, à peu près comme dans le sommeil, s’anime, devient le siège d’expressions diverses, auxquelles contribuent celles des yeux, qui jusque-là étaient couverts par les paupières ou animés d’un mouvement de clignotement, et parfois en même temps de nystagmus. On voit chez quelques-unes se produire successivement la mimique de toutes les expressions passionnées; de la terreur, qui ouvre ordinairement la scène, de la colère, etc., pour se terminer par l’expression de la volupté, qui résulte surtout de l’inclinaison des yeux, portés en haut et en dedans, à moitié cachés sous la paupière supérieure.

La succession de ces expressions passionnées, auxquelles coopèrent non seulement les contractions des muscles du visage, mais celles des membres et du tronc, qui s’accompagnent parfois de cris qu’arrachent la terreur ou la colère, ou de paroles plus ou moins incohérentes, est plus ou moins complète chez les diverses malades.

Elle est très souvent limitée à l’expression d’angoisse d’abord et de volupté ensuite, ce qui a puissamment contribué à accréditer l’opinion hippocratique, lorsque surtout il y a, en même temps que le spasme cynique des yeux, une propulsion rythmique du bassin, et qu’on constate à la fin de l’accès une sécrétion abondante de mucus vaginal, qui a été signalée par les auteurs anciens.

En résumé, les attitudes passionnelles sont très-faciles à recon- * naître dans celte longue citation. M. Briquet n’a pas manqué de les

remarquer et les passages suivants les désignent assez clairement.

Les malades présentent une succession de tableaux dans lesquels on peut retrouver l’expression de toutes les passions de l’âme, et celle de toutes les sensations.

Pendant les convulsions, les malades sont souvent prises d’un délire plus ou moins vif et qui a généralement une manière d’être toute spéciale... Il est toujours bruyant, très-agité, et rarement incohérent. Il a généralement rapport, soit à des scènes auxquelles la malade se croit présente ou auxquelles elle se reporte, soit aux pensées qui l’occupent habituellement ou qui l’ont beaucoup frappée; il faut le considérer comme une sorte de rêve.

Enfin on voit quelquefois survenir pendant l’attaque... des hallucinations... des extases...

Enfin, le délire de la quatrième période n’a pas plus échappé à la sagacité de ces observateurs. M. Bernutz s’exprime ainsi :

Au moment où cette expression s’efface (l’expression passionnée de la période précédente), on voit les yeux s’humidifier, puis les larmes couler en abondance et constituer une véritable crise de sanglots, dans laquelle les

malades recouvrent complètement connaissance. On voit chez quelques

malades, au lieu d’un accès de larmes, se produire un accès de rire convulsif et chez d’autres un accès de demi-délire, dans lequel elles racontent d’une façon incohérente et inintelligible parfois, imagée chez d’autres, un événement dont elles ont été frappées, ou se laissent aller involontairement à des indiscrétions quelquefois très compromettantes pour elles ou pour les autres.

M. Briquet s’exprime comme il suit :

Après avoir duré quelque temps, les convulsions cessent... la connaissance revient, mais à peine est-elle revenue, que les sanglots éclatent... Dans quelques cas, au lieu de pleurs, c’est un rire sans motifs...

Enfin, chez un pètit nombre de malades, il reste un état de délire et de rêvasserie, pendant lequel les malades font des choses déraisonnables.

Ainsi, en rassemblant et en coordonnant ces fragments épars, rien ne manquera plus à la description; et si l’on songe que les auteurs auxquels nous empruntons nos citations, n’ont eu en vue que l’attaque d’hystérie vulgaire ou petite hystérie, on trouvera là un puissant argument en faveur de l’opinion soutenue par M. Charcot, qui ne voit dans l’hysléro-épilepsie que le degré le plus intense de l’hystérie. On y trouvera aussi un argument de plus en

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faveur de l’excellence de la méthode qui consiste à considérer les grands types avant d’en venir à l’étude des formes frustes et atténuées, car il est incontestable que la description de l’attaque d’hystérie vulgaire s’éclaire singulièrement lorsqu’on la considère à la lumière des notions fournies par l’étude de la grande hystérie.

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