‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 35 sur 70 · U. — ACCÈS ÉPILEPTOÏDES INCOMPLETS · texte numérisé non relu

U. — ACCÈS ÉPILEPTOÏDES INCOMPLETS

Cette variété ressemble beaucoup au vertige épileptique qui s’accompagne de quelques contractions musculaires rapides et localisées à certains groupes de muscles. C’est ce que Herpin a fort bien décrit parmi les accès incomplets d’épilepsie, sous le nom de commotions épileptiques.

C’est, dit-il, une secousse qui ébranle tout le corps, comme le ferait une •commotion électrique... Les effets immédiats de cette commotion, dont la durée, disent quelques épileptiques, est celle d’un éclair, sont assez variés. Le plus souvent les mains s’ouvrent et laissent échapper ce qu’elles tiennent.... L’effet le plus fréquent sur l’attitude est d’incliner le tronc en avant, de soulever le bras et de fléchir les jambes ; cependant le tronc peut s’infléchir en arrière.

La secousse que nous venons de décrire comme générale peut être partielle, se borner aux deux bras, à un seul, à une main, à un doigt, à la tête seule, à la partie supérieure du corps, sans que les jambes y participent.

Le plus souvent il n’y a pas de chute, mais certains malades tombent presque toujours...

... La contraction musculaire subite, généralisée ou partielle, avec ses

suites immédiates, n’est pas le seul phénomène qui constitue la commotion.

sept patients nous ont affirmé que, pendant la commotion, même bornée à la partie supérieure du corps, ils avaient^la vue perdue ou tout au moins troublée.Six autres malades mentionnaient un trouble de l’intelligence qu’ils

qualifiaient pour la plupart d’étourdissement, et que les autres appelaient

vertige ou trouble de l’esprit.Plusieurs signalaient nettement une absence,

une lacune dans le sentiment de l’existence.

Enfin il est des patients qui, suivant la force de la secousse, perdent ou ne perdent pas connaissance.

Chez cinq malades la commotion était presque toujours accompagnée du cri épileptique, mais moins prolongé qu’aux attaques.

... Nousavons observé quatre patients qui,immédiatement aprèslacommotion, avaient une dyspnée plus ou moins intense ; chez deux seulement de ces malades, la secousse s’accompagnait du cri. Deux épileptiques, dans la même circonstance, se plaignaient un moment, l’un d’une constriction douloureuse de l’estomac, l’autre de nausées. Une petite fille signalait une vive douleur précordiale accompagnée de palpitations. La commotion, dans son cours d’un instant, offre donc, ou peut offrir les trois ordres essentiels de symptômes d’une attaque d’épilepsie; les convulsions externes, les spasmes viscéraux, les perturbations sensoriales et intellectuelles.

.Il n’est pas rare que la commotion se répète par séries : il peut n’y

en avoir que deux ou trois ainsi rapprochées, leur nombre peut être très considérable, de quarante par exemple en cinq minutes.

.Dans le degré le plus fort (de la commotion épileptique) tout est simultané : chute, cri, convulsion générale, cécité, perte de connaissance, spasme même, et le tout n’a que la durée d’un éclair.

J’ai rapporté presque en entier la description d’Herpin, parce qu’elle convient parfaitement à ce qu’on pourrait appeler chez les hystéro-épileptiques la commotion épileptoïde.

Mais parfois il s’y ajoute quelques signes plus particulièrement hystériques, comme quelques phénomènes de l’aura : ovarie, strangulation, palpitations, sifflements d’oreilles, battements dans la tempe; le gonflement du cou, la tympanite, borborygmes, etc....

Voici par exemple la description de secousses observées sur Gl.,.

26 mars. — Depuis sept heures du matin, Gl... est prise de secousses qui surviennent toutes les deux ou trois minutes. Elle a des sifflements d’oreilles.

ATTAQUES ÉPILEPTOÏUES.

et entend des bruits de cloches dont l’intensité augmente au moment où vont venir les secousses ; en même temps, elle éprouve un tiraillement dans les yeux, et sa langue se retourne la pointe en haut. La parole est coupée net.

Puis quelques contractions apparaissent dans la face et les membres du côté droit seulement. Le bras s’étend et se met en pronation, le poignet fléchi; les doigts se ferment et le pouce se place dans le creux de la main, la phalangette entre le troisième et le quatrième doigt. La jambe se contracture dans l’extension, le pied se place dans la position du pied bot équin.

Les membres ainsi contractés sont animés de petits mouvements cloniques. La respiration saccadée se précipite et la paroi abdominale, alternativement soulevée et déprimée, agite les intestins, qui font entendre un bruit analogue à celui que produirait un liquide violemment agité dans un vase à parois sonores. Mais bientôt tous les accidents cessent, après n’avoir duré que quelques secondes, une minute au plus. Ges petits accès se répètent toutes les trois ou quaires minutes.

Le lien qui réunit la commotion épileptoïde à l’accès épileptoïde complet, et qui fait de celle-là l’ébauche, ou, si l’on veut, le rudiment de celui-ci, est facile à saisir. Chez une même malade on observe souvent, pendant la période prodromique, de petits accès épileptoïdes fort incomplets, ressemblant tout d’abord à de simples vertiges, mais qui se répètent, en augmentant peu à peu d’intensité et en se complétant, jusqu’à ce qu’enfm ils se transforment en véritables accès épileptoïdes qui évoluent avec tous les cai’actères que nous leur avons assignés. Nous en rapporterons un peu plus loin un exemple recueilli sur Gen...

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