‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 48 sur 70 · FLUENCE DE LA PRESSION DES GLOBES OCULAIKES · texte numérisé non relu

FLUENCE DE LA PRESSION DES GLOBES OCULAIKES

La pression des globes oculaires, suivant le procédé employé déjà par M. Lasègue, provoque chez la plupart de nos malades, un sommeil qui n’est autre que la léthargie que nous avons déjà longuement décrite. Le soulèvement des paupières amène l’état cataleptique, de la même façon que dans les observations p récédentes.

NEUVIÈME OBSERVATION. — PRODUCTION DU SOMNAMBULISME HYSTÉRIQUE SANS HYPEREXCITABILITÉ MUSCULAIRE.

Cette expérience n’a pu être reproduite que chez une seule de nos malades, Alph. B...

En temps ordinaire B... porte sur le sommet de la tête une zone hyperesthésique ; la pression en est fort douloureuse. Lorsqu’on pratique cette pression, on provoque une sorte de vertige épileptoïde, la malade se renverse, se raidit, quelquefois un peu d’écume vient aux lèvres ; puis elle reprend aussitôt connaissance et regarde avec des yeux étonnés. Habituellement, on ne peut par ce procédé provoquer les grandes attaques convulsives qui surviennent si facilement à la suite du moindre attouchement exercé sur la région dorsale entre les deux épaules.

B... est endormie par le regard. Elle est dans l’état que nous avons appelé léthargie avec hyperexcitabilié musculaire. Si alors on vient à exercer une pression sur le sommet de la tête, on voit survenir une ébauche d’attaque épileptoïde; la malade se renverse et se raidit, ses membres dans l’extension se tétanisent, la tête s’étend, et l’écume vient aux lèvres; mais les choses en restent là et la malade se trouve dans un nouvel état de sommeil avec rigidité souvent générale.

Cette rigidité' disparaît facilement par une légère friction sur les membres contracturés. La résolution peut être obtenue complète, et il n’est plus possiblé alors de provoquer la contracture. L’hyperexcitabilité musculaire n’existe plus. En apparence, rien n’est changé à l’état de léthargie hystérique dans lequel la malade se trouvait plongée, il n’y a qu’un instant. Mais le muscle n’est plus excitable, pas plus à la face qu’aux membres, et la résolution qui existe ne peut être modifiée en aucune façon.

De plus, si on vient à soulever les paupières de la malade, la catalepsie n’est plus possible, le membre soulevé retombe inerte.

Mais le somnambulisme existe comme dans la léthargie avec

hyperexcitabilité musculaire. Il semble môme qu’il soit plus parfait. En effet, la malade se lève avec plus de vivacité, marche plus facilement, cherche à suivre l’expérimentateur.

Nous avons donc affaire ici à une nouvelle sorte de léthargie et de somnambulisme, différente de celle que nous avons décrite (Obs. I), sous les rapports suivants : l’hyperexcitabilité musculaire n'existe pas, la catalepsie n'est plus possible par le soulèvement des paupières supérieures et le somnambulisme paraît plus parfait.

Pendant ce deuxième état de sommeil, si l’on vient à exercer une pression sur les globes oculaires, la malade pousse un profond soupir, quelquefois un bruit pharyngien se fait entendre et il y a retour de l’hyperexcitabilité musculaire. La malade est de nouveau dans le premier sommeil, la léthargie avec hyperexcitabilité. De sorte que, chose bien curieuse, on peut à volonté, chez notre malade, faire apparaître alternativement, ou la léthargie avec hyperexcitabilité, ou la léthargie sans hyperexcitabilité, suivant qu’on exerce une pression sur les globes oculaires ou sur le sommet de la tête.

Pendantune attaque convulsive nous avons plusieurs fois arrêté subitement les convulsions par la pression sur le sommet de la tête et amené la production de cette seconde sorte de léthargie artificielle, qui s’est prolongée longtemps et a amené la fin de la crise.

L’examen des muscles par l’électricité faradique est venu confirmer la différence que nous avons signalée dans l’état musculaire et qui nous a servi à caractériser et à. admettre deux sortes de léthargie hystérique.

Dans la léthargie avec hyperexcitabilité musculaire, l’excitation faradique portée sur un membre produit infailliblement la contracture permanente du muscle; dans la léthargie sans hyperexcitabilité musculaire, l’excitation faradique, quelque forte qu’elle soit, n’a jamais pu mettre le muscle en état de contracture permanente et n’a jamais produit qu’une contraction.

Ces diverses observations conduisent à la distinction de trois étatsnerveux différents, susceptibles d’être provoqués chez certaines hystériques par diverses influences, et qu’il est possible de reconnaître facilement à des signes constants et manifestes. Nous allons en résumer les principaux caractères.

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