‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 52 sur 70 · ÉTAT CATALEPTIFORME DE LA LÉTHARGIE · texte numérisé non relu

ÉTAT CATALEPTIFORME DE LA LÉTHARGIE

— Yeux fermés. — Convulsion des globes oculaires.

— Frémissement constant des paupières.

— État cataleptique partiel.

— Le plus souvent une certaine rigidité des membres — Le membre est toujours lourd à soulever.

— Il faut le plus souvent insister et maintenir quelques secondes au moins le membre avant de l’abandonner.

— Le plus souvent, le membre retombe bientôt.

— La friction et le massage amènent toujours la résolution du membre qui retombe inerte.

Cette distinction nous paraît importante et rend facilement compte de la confusion qui règne dans les observations de catalepsie des auteurs et de la multiplicité en même temps que de la disparité des phénomènes qui s’y trouvent signalés.

Elle peut expliquer peut-être les résultats obtenus par M. Lasègue sur certaines hystériques par la pression des globes oculaires. La catalepsie qu’il produit par ce procédé est générale ou partielle, complète ou incomplète, passagère ou durable. De plus, les membres sont le siège d’une certaine raideur, ils ont la flexibilité de la cire, tandis que la catalepsie que nous produisons par le soulèvement de la paupière supérieure ne s’accom-

pagne jamais de raideur. Enfin, il dit qu’il est des cataleptiques n’ayant que le sommeil, et bien qu’il ne soit pas question d’hyperexcitabilité musculaire, ce sommeil ne saurait être autre chose que la léthargie dont nous avons donné les caractères.

§ ni. — LÉTHARGIE HYSTÉRIttUE PROVOttUÉE NE S’ACCOMPAGNANT

PAS d’hyperexcitabilité musculaire.

A. Mode de production. —Nous n’avons pu provoquer cet état d’une façon sûre et constante que chez une seule de nos malades (Obs. IX).

Nous avons trouvé chez cette malade un point hyperesthésique sur le sommet de la tête, dont l’excitation produit invariablement la léthargie spéciale dont nous nous occupons ici; on pourrait l’appeler point magnétique. Les autres malades possèdent-elles des zones semblables? C’est fort possible et même probable; mais nous ne les avons pas encore découvertes. L’on se rappelle qu’avant que l’attention fût attirée sur les zones hystérogènes, la chose semblait une curiosité et paraissait fort rare, tandis que maintenant nous connaissons chez presque toutes nos malades une zone dont l’excitation détermine l’attaque convulsive.

Nous avons vu quelquefois celte variété de léthargie survenir chez nos autres malades, mais en dehors de notre action; cette seconde léthargie se produisait sans causes appréciables pendant que la malade était plongée dans la première, l’une succédant à l’autre et la remplaçant spontanément, comme par les progrès de l’état pathologique spécial que l’on avait provoqué.

A. Caractères. — Les caractères de cette variété de léthargie hystérique sont les suivants :

1° Débute comme la précédente par quelques phénomènes épileptoïdes.

2° Même insensibilité de la peau et des muqueuses.

3“ Les yeux sont habituellement fermés, mais ils peuvent être grands ouverts. Il n’y a pas de clignotement des paupières.

4° Résolution musculaire. — Il existe parfois, au début, de la rigidité musculaire qui disparaît facilement par le massage ou les frictions et ne reparaît plus sous quelque excitation que ce soit.

5° L’hyperexcitabilité musculaire n’existe pas. Il est impossible de provoquer la contracture du muscle.

6“ Pas de transformation possible en catalepsie par l’ouverture des yeux.

7° Somnambulisme très marqué ; il semble plus parfait que dans la léthargie avec hyperexcitabilité musculaire,

8° État spécial d’attraction pour les personnes qui l’influencent.

9° Possibilité par la pression oculaire de faire reparaître la léthargie avec hyperexcitabilité accompagnée de tous ses caractères.

Cette léthargie sans hyperexcitabilité paraît se rapprocher beaucoup du somnambulisme naturel et du sommeil dit magnétique.

Le sommeil inagnétique existe-t-il donc réellement? C’est ce que nous ne saurions dire, et notre intention n’est pas d’entrer dans la discussion d’un sujet aussi discuté et encore bien obscur. Mais ce que nous pouvons néanmoins affirmer ici, c’est que, quels que soient les moyens usités pour le provoquer, le sommeil magnétique n’a pas été imaginé de toutes pièces ; c’est qu’il existe véritablement un sommeil dont nous avons donné les caractères principaux et qui a beaucoup d’analogie avec lui, à part, bien entendu, tous les attributs étranges et merveilleux dont l’enthousiasme des uns et la supercherie des autres l’ont doté.

La catalepsie, la léthargie et le somnambulisme peuvent survenir spontanément chez les hystériques, sans montrer aucune relation apparente avec l’attaque convulsive. Mais il peut se faire que ces phénomènes habituellement étrangers à l’attaque, viennent s’y surajouter et constituer ainsi des variétés de l’attaque hystéroépileptique que nous allons étudier maintenant.

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