‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 53 sur 70 · VARIÉTÉS PAR IMMIXTION DE PHÉNOMÈNES CATALEPTIQUES · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS PAR IMMIXTION DE PHÉNOMÈNES CATALEPTIQUES

ATTAQUE DE CATALEPSIE

L’hystérie et la catalepsie sont-elles deux névroses distinctes? Bourdin et Briquet n’hésitent pas à répondre par l’affirmative, et ils appuient leur opinion sur le fait de la plus grande fréquence de la catalepsie chez l’homme, pendant que l’hystérie ne se rencontre guère que chez la femme. M. Briquet donne des chiffres. Il admet toutefois que ces deux affections n’en ont pas moins entre elles une certaine affinité.

Puel voit également dans la catalepsie et dans l’hystérie deux maladies complètement distinctes, qui peuvent se compliquer quelquefois, mais qui ne se confondent jamais.

Quelques auteurs au contraire ont pensé que non seulement l’hystérie était une complication de la catalepsie, mais que ces deux affections ne formaient qu’une seule et même maladie ayant deux manières d’être, deux formes symptomatiques. Georget * partageait cette opinion et s’autorisait du témoignage de Lieutaud, qui avait eu cette idée avant lui.

M. Lasègue, contre l’argument de M. Briquet, fait remarquer que la catalepsie longue, à accès illimités, ne s’observe que chez les hystériques. « Cetteloi absolue, dit-il, qui n’a jusqu’ici souffert aucune contradiction, a été signalée sans qu’on songeât à profiter des enseignements qu’elle renferme. »

1. « Nous pensons que la catalepsie et l’hystérie ont le même siège, sont produites par le même genre de causes, nécessitent le même ordre de traitement, que les différences qu’elles présentent ne sont que dans leurs formes. s>

(Georget, Dict. de Méd.)

ATTAQUE DE CATALEPSIE

M. Espanet ajoute que la ténacité du mal, un à huit ans, se voit chez les femmes seules.

Enfin, la facilité de production des phénomènes cataleptiques chez les hystériques est une preuve de plus en faveur des liens de parenté qui existent entre les deux névroses.

En résumé, la question nous semble devoir être difficilement résolue d’une façon péremptoire.

« Les faits, dit Falret ^ dans son mémoire sur la catalepsie, sont le plus souvent disparates, ne se ressemblent en quelque sorte que par un seul point, la raideur cataleptique, et diffèrent les uns des autres par l’ensemble de leurs symptômes et parleur marche. On se trouve ainsi en présence d’un symptôme et non d’une maladie. L’état cataleptique se produit, en effet, dans des conditions très diverses; on le voit fréquemment accompagner les attaques d’hystérie et figurer dans cette maladie à titre de complication ; il survient de temps en temps chez les aliénés, chez les maniaques, aussi bien que chez les mélancoliques, etc.

» Elle peut exister avec ou sans perte de connaissance ; elle est quelquefois le symptôme précurseur d’une maladie plus grave, telle que l’apoplexie ou l’épilepsie, ainsi qu’il en existe des exemples dans la science ; enfin elle est très souvent comfliquée d’extase ou de somnambulisme, c’est-à-dire qu’au lieu d’être accompagnée de la suspension des facultés intellectuelles, elle coïncide avec une grande activité intérieure de ces facultés. »

La catalepsie essentielle, dégagée de tout élément étranger, est donc pour le moins fort rare.

Quoi qu’il en soit, il ne nous paraît pas indispensable pour la compréhension du plus grand nombre des faits de croire à une identité de nature entre la catalepsie et l’hystérie.

Il nous suffit de savoir que le symptôme cataleptique se rencontre dans un grand nombre d’affections nerveuses diverses ; le cerveau impressionné d’une certaine façon peut donner lieu à des

1. De la catalepsie (Falret, Archives gén. de médecine, 1857; 5'= série, t. X,

signes cataleptiques, sans que pour cela il soit nécessaire de faire intervenir la névrose catalepsie; de même que .les accidents épileptiformes existent en dehors de l’épilepsie vraie. Et, bien que la chose soit loin d’avoir le même intérêt pratique, et que la preuve .n’en puisse être aussi solidement établie, il nous semble rationnel d’admettre l’hystéro-catalepsie sans catalepsie vraie, de même que nous avons prouvé que, dans l’hystéro-épilepsie, il n’y a rien de l’épilepsie véritable.

Je ferai la même remarque au sujet du somnambulisme hystérique.

Les attaques de catalepsie hystérique sont le plus souvent précédées de prodromes semblables à ceux de l’attaque d’hystérie : épigastralgie, globe montant à la gorge, palpitations, sifflements dans les oreilles, douleurs de tête, etc.

D’après Bourdin *, « les accès d’hystérie se combinent avec les accès cataleptiques de deux manières : ou bien l’attaque générale débute par des mouvements convulsifs qui sont remplacés immédiatement par une immobilité absolue, ou bien la rigidité cataleptique se montre la première pour faire place aux accidents hystériques. »

Espanet ajoute un troisième mode de combinaison : les attaques convulsives et de rigidité alternent et se confondent, une moitié du corps étant en catalepsie, l’autre moitié pouvant se livrer à des mouvements désordonnés.

Nos observations d’hémicatalepsie et d’hémiléthargie provoquées chez un même sujet (Obs. II) facilitent la compréhension de ce dernier mode de combinaison qui de prime abord peut paraître étrange. '

Chez une de nos malades. B...,j’ai observé plusieurs fois un état cataleptique manifeste inaugurer la grande attaque hystéro-épileptique. Les yeux grands ouverts fixaient un point dans l’espace, elle était immobile et ses membres non rigides conservaient les atti-

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