‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 54 sur 70 · I. Dourdin, Traité de la catalepsie, p · texte numérisé non relu

I. Dourdin, Traité de la catalepsie, p

ATTAQUE DE CATALEPSIE

tudes communiquées; au bout de peu d’instants, quelques se cousses, d’abord éloignées, se rapprochaient de plus en plus; puis survenait le tétanisme de la période épileptoïde.

Dans la relation d’une attaque d’hystérie compliquée de catalepsie, rapportée par M. Mesnet*, on voit la catalepsie survenir à la suite des contorsions de la deuxième période, et remplacer en quelque sorte les attitudes de la troisième période.

L’attaque se termine par quelques convulsions.

d Le 15. On observe pour la première fois de la catalepsie ; voici ce qui se passa : Après un violent accès d’hystérie pendant lequel l’énergie des mouvements musculaires avait été telle que le corps plié en arc reposait sur le lit par la tête et l’extrémité des orteils, madame X... retomba sur son lit dans un état de résolution complète; le pouls était calme, battait 80 fois par minute, la respiration régulière, le visage sans expression, les yeux fermés; le bras droit, qu’on avait pris pour tâter le pouls, resta levé ; je fis alors asseoir la malade. Je soulevai les membres inférieurs, ils conservèrent la position qu’on leur avait donnée, et madame X..., ne reposant plus que sur les ischions, se maintint dans cette position fatigante sans qu’aucun des muscles du visage se contractât et accusât la moindre douleur. Cet état dura un quart d’heure environ ; il cessa comme il avait commencé, par un grand cri, auquel succédèrent les mouvements spasmodiques du larynx et du pharynx ; puis, après deux minutes de convulsions pendant lesquelles la malade écartait ses vêtements et semblait vouloir écarter un obstacle qui s’opposait à l’entrée de l’air dans sa poitrine, elle revint complètement à elle, nous parla quelques instants, pour retomber encore dans un accès d’hystérie, d

Une autre observation citée par Bourdin^, fort intéressante, montre un accès de catalepsie hystérique précédé de prodromes céphaliques fort nets, se terminant par des attitudes qui rappellent les attitudes passionnelles de la troisième période.

« Tous les jours l’accès commençait à une heure et finissait à cinq. Lorsqu’elle y était, elle avait les yeux fixes, les paupières ouvertes et immobiles, elle ne faisait aucun mouvement que ceux qu’on lui faisait faire ; toutes les parties de son corps étaient insensibles, on la pinçait, on lui fourrait deS épingles et des aiguilles dans les bras et les jambes, sans qu’elle donnât aucun

1. Études sur le somnambulisme, par le ü'Mesnet. (Extrait des Archives générales de médecine, n“ de février 1860.)

2. Bourdin, de la Catalepsie, observation XXI, Élisabeth Delvigne, âgée de vingtcinq ans, attaquée le 26 mai 1709. (Dionis, Dissertation sur la catalepsie, 1718,

signe de douleur; il n’y avait que le pouls qui, en continuant ses battements ordinaires, faisait voir qu’elle n’était pas morte.

» Si on lui ployait un doigt ou plusieurs, ils restaient dans l’état où on les mettait; si on les tendait, c’était la même chose. Mais ce qui a été le plus grand sujet d’admiration et d’étonnement, c’est la légèreté que l’on trouvait dans toutes les parties de son corps lorsqu’on la soulevait; en lui élevant un bras il paraissait léger comme une plume, et il demeurait dans la situation où on l’avait mis.

» Dans la crise de l’accès, elle avait les dents tellement serrées qu’on ne pouvait pas les ouvrir...

» A la fin de l’accès, elle faisait des signes de piété : tantôt elle portait le bord de son drap à son menton comme si elle eût reçu la sainte communion, tantôt elle faisait un cercle sur sa tête comme si on eût dû la couronner.»

Il semble donc que la catalepsie puisse se substituer à l’une ou à plusieurs des périodes de l’attaque hystéro-épileptique, telle que nous l’avons décrite.

Le plus souvent, les prodromes existent, et la période épileptoïde, au moins à l’état d’ébauche, s’y trouve représentée.

« En général, dit Briquet, après les prodromes, une vive rougeur monte à la figure, une sorte de raideur tétanique parcourt tout le corps en un instant; puis il survient un léger trouble dans la respiration qui devient lente et profonde ; ces phénomènes (qui rappellent la phase épileptoïde) durent une minute'au plus et la malade s’endort plus ou moins profondément. »

Mais la catalepsie se combine souvent avec le somnambulisme pour compliquer les attaques d’hystérie, ce qui s’explique facilement par les connexions si étroites que nous avons vues exister entre la catalepsie et la léthargie hystériques provoquées chez nos malades. Briquet semble l’avoir entrevu quand il dit : « la durée de l’attaque est ordinairement assez courte; quand elle dépasse une demi-heure à une heure, cela tient à ce que l’état cataleptique se transforme en léthargie.

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