LEA CE
La détermination de la quantité de solution de NaOH N/50 à ajouter pour la saponification constitue certainement le point le plus délicat du dosage. Cette quantité doit répondre à deux conditions presque contradictoires.
D'une part, elle doit, comme on l’a vu, être en excès afin qu’en dosant cet excès, on puisse connaître exactement la quantité de NaOH N/50 nécessaire à la saponification des esters à doser. On devra donc veiller à ce que le milieu en expérience ait conservé la même teinte rouge vif tout au long de la saponification afin d’avoir un excès de NaOH N/50 à doser, à la fin de l’opération. Un témoin permettra de juger si la teinte ne s’est pas affaiblie au moment d'ajouter la solution de SO‘H? N/50.
Si la teinte avait varié, il serait inutile de poursuivre le dosage. Des expériences ont permis de constater qu’il était vain de vouloir rattraper le dosage en ajoutant un supplément connu de NaOH N/50, soit en cours, soit en fin de saponification, même en prévoyant un nouveau temps de chauffage. Les chiffres trouvés dans ce cas, ont toujours été différents des chiffres trouvés par dosage effectué régulièrement. Nous avons constaté qu’on avait alors régulièrement un résultat par défaut. Il semble donc que lors de l’addition supplémentaire de NaOH N/50 au cours de la saponification, il se produise une évaporation partielle des esters non encore saponifiés, due à la chaleur fournie pour la saponification. Il importe donc de mettre dès le début, une quantité suffisante de NaOH N/50.
Mais d’autre part, cet excès ne doit pas être trop important par rapport à la quantité nécessaire pour saponifier les esters présents. En effet, cet excès sera représenté, comme on Ja vu, par le nombre de centimètre-cubes de NaOH N/50 que l’on fera couler par la microburette, lors du dosage, en retour, de l’excès d’acide. Or, les microburettes graduées en centièmes de centimètre-cube ont en général une contenance de la partie graduée qui n’excède pas 2 cm. Aussi si l’excès à doser dépassait 2 cm il faudrait procéder à un ou plusieurs remplissages de la microburette, au cours du même dosage pour pouvoir le finir. Or, chaque remplissage représentant deux lectures de graduations, ces remplissages successifs multiplieraient les risques d'erreur pour chaque mesure. L’idéal consiste donc à avoir un excès à doser qui soit inférieur à 2 cm.
Cette condition est réalisable dans la majeure partie des dosages, si l’on prend la précaution de commencer la série des dosages d’esters à partir du dernier prélèvement de la distillation et de remonter ainsi toute la série, de facon à terminer les dosages par le premier échantillon prélevé tout au début de la distillation étudiée,
Mr Tue
L’expérience nous a montré en effet, qu’en opérant dans ce sens, on rencontre des échantillons dont la richesse en esters va en croissant. Il suffit de la sorte d'augmenter progressivement la quantité de NaOH N/50 ajoutée pour la saponification au fur et à mesure que le besoin s’en fait sentir pour la bonne marche du dosage.
Ce point étant éclairci, voyons comment on procède pour effectuer ce dosage. On reprend le récipient dans lequel on vient de doser les acides et on ajoute à son contenu, une quantité jugée suffisante de NaOH N/50, telle qu’elle vient d’être définie. On assujettit ce ballon à l’extrémité rodée d’un réfrigérant à reflux placé en position verticale, et dont le circuit d’eau est branché de façon que le courant d’eau froide le traverse de bas en haut.
Afin de maintenir le ballon au bout de son ajutage rodé, il nous est venu à l’idée de placer un segment de tuvau de caoutchouc souple sur l’extrémité du réfrigérant à reflux de façon qu’il vienne coiffer le col du ballon quand celui-ci se trouve en place au bout du réfrigérant. Ce dispositif a le double mérite de maintenir le ballon à sa place sans risque qu’il ne tombe d’une part, et de l’autre d’assurer l’étanchéité du raccord ballon-réfrigérant de façon parfaite. Ce dispositif possède de plus l’avantage de permettre de retirer le ballon qu’il maintient. En effet, si l’une de ses extrémités est fixée solidement à la tige du réfrigérant, l’autre extrémité du tuyau de caoutchouc par contre, est libre. On la retrousse sur elle-même au moment de mettre le ballon sur son rodage, puis on la rabat et elle vient coiffer le col du ballon qu’elle fixe sur son rodage, sans avoir à employer de fil pour l’empêcher de tomber.
Pour retirer le ballon, on commence par retrousser le tuyau de caoutchouc sur lui-même pour dégager le col du ballon; puis on retire le ballon comme d’habitude.
En fait au lieu d’opérer avec un seul réfrigérant, ce qui ne nous aurait permis d'effectuer que six dosages par jour (chaque saponification durant une heure à elle seule) nous avons été amenés à construire, sous la direction de Monsieur le Professeur Lapp, un montage spécial, permettant de faire cinq saponifications simultanément. Son utilisation en appareil continu, nous a permis de faire jusqu’à trente dosages par jour en répartissant les dosages de manière à les faire se succéder à 10 minutes d'intervalle.
Cet appareil était constitué de la façon suivante: audessus d’un vaste bain-marie circulaire à niveau constant, chauffé par un bec Bunsen puissant, avaient été disposés cinq réfrigérants à reflux, équipés comme il vient d’être dit, et branchés en série pour la circulation d’eau froide.