I. — ETALONNAGE DES APPAREILS DE MESURE
A. — Généralités.
Les dosages par colorimétrie sont basés sur deux faits capitaux: qui sont des conditions sine qua non de ces dosages.
Il faut en effet:
a) qu’un corps donné en solution dans un milieu liquide, où l’on veut le doser, communique à ce milieu, dans certaines conditions, et en présence d’un autre corps considéré comme réactif, une coloration spécifique.
b) que l'intensité de la coloration obtenue soit proportionnelle à la quantité du corps à doser qui lui a donné naissance.
On voit que tous ces dosages vont se diviser en deux parties distinctes:
1° Une réaction purement chimique de coloration qui va provoquer la coloration spécifique du corps que l’on veut doser.
2° Une mesure physique de l'intensité de cette coloration.
Cette dernière mesure sera effectuée au moyen d’appareils permettant de chiffrer cette évaluation.
Si auparavent, on a eu soin d’étalonner ces appareils pour chaque dosage, de façon qu’à chaque valeur lue sur l'appareil corresponde une proportion connue du corps à doser, il sera possible, par ce moyen, de connaître la propor-
tion du corps à doser dans la solution inconnue, d’après la mesure de l’intensité de la coloration obtenue, au sein de la solution inconnue, au cours de la réaction de coloration.
Nous avons appliqué ces dosages par colorimétrie au Furfurol, aux Aldéhydes, dosés en bloc, aux Alcools supérieurs pris dans leur ensemble, et à l’Alcool méthvlique seul.
Pour évaluer l'intensité des colorations obtenues, nous avons utilisé deux appareils:
— le Photomètre de Pulfrich,
— l’Electrocolorimètre de Lange.
On trouvera plus loin, des descriptions plus détaillées de ces appareils et de leur emploi, nous dirons simplement ici que:
a) Pour le photomètre de Pulfrich, on rétablit l’égalité d'intensité de deux plages lumineuses en tournant un volant gradué. C’est la lecture faite sur la graduation rouge qu’il porte, par coïncidence d’un de ses chiffres avec un index fixe, qui permet de donner une valeur à l'intensité de la coloration que l’on veut connaître.
b) Pour l’électrocolorimètre de Lange, on fit sur une échelle graduée le déplacement du spot d’un galvanomètre.
Comme on pourra le voir aux chapitres qui leur sont consacrés, ces appareils peuvent être utilisés de différentes façons, telle est du moins la manière dont nous nous en sommes servi.
Ainsi, la mesure de l'intensité des colorations obtenues va se traduire, avec ces appareils, par la lecture d’un nombre, soit sur l’échelle d’un volant gradué soit sur celle d’un galvanomètre.
L’étalonnage de ces appareils aura pour but de permettre d'établir une correspondance entre la lecture effectuée sur l’une ou l’autre de ces échelles et la concentration de l’échantillon inconnu en corps que l’on veut doser.
B. — Principe.
Pour chaque dosage cette correspondance va être établie au moyen d’une courbe propre à la fois à ce dosage et à l'appareil qui est utilisé: c’est cette courbe que l’on appelle la courbe-étalon de tel appareil pour le dosage de tel corps. Une telle courbe donne pour chaque lecture effectuée avec l'appareil, auquel elle s'applique, la proportion correspondante du corps que l’on veut doser par la méthode, pour laquelle elle a été établie.
Ces courbes portent en abscisse les concentrations et en ordonnée les graduations de l'appareil. Ayant fait la lecture on repère sur la courbe le point ayant pour ordonnée la valeur lue, son abscisse donnera la concentration correspon-
dante cherchée.
EN mor
L'établissement d’une telle courbe se fait en opérant inversement:
On évalue à l’aide de l'appareil l’intensité des colorations obtenues, en soumettant à la même méthode de coloration des dilutions connues du corps que l’on veut doser.
Pour chaque concentration, on aura une valeur donnée par l’appareil.
Il ne reste plus qu’à tracer la courbe en fonction des lectures données par l’appareil et des concentrations correspondantes.